Douce nuit, sainte nuit où le Sauveur est né, dans l’humilité
L’humilité n’est malheureusement plus à l’ordre du jour pour tous ceux qui ne voient en Noël qu’une occasion de réjouissances et de surenchères gastronomiques. Pour d’autres, ce n’est qu’une fête de famille, ce qui n’est, au fond déjà pas si mal. Certains même iront , ce soir, participer pour la première fois à la Messe de minuit : peut-être en sortiront-ils transcendés, libérés de leurs contingences.
Pour nous, ce sera la joie de célébrer, en lumières et en musique, la Nativité de notre Sauveur dont le sacrifice marque depuis deux mille et bientôt dix ans le Temps de l’Humanité et de son Histoire ; celle-ci depuis lors ne s’entend plus qu’avant ou après Jésus-Christ. Par cela-même, nous sommes tous concernés.
Je souhaite à tous mes lecteurs un Noël fraternel, joyeux et plein d’Espérance.
Entre deux solstices, une rédemption suédoise de Henning Mankell
“Les chaussures italiennes” : voilà un livre qui peut réconforter, à plus d’un titre, ceux que leur âge ou leurs regrets inquiètent ou préoccupent, mais pas seulement. Les lecteurs de Philip Roth me comprendront. Les fidèles de Kurt Wallender seront peut-être surpris, à moins de bien connaître Henning Mankell qui a tant de ressources.
Le retrait du monde, quand il n’est que fuite en avant n’engendre trop souvent qu’isolement, solitude, puis désarroi. Entre l’écrivain de New York (Nathan Zuckermann) quittant le monde au fond du Massachusetts et le chirurgien de Stockholm (Frederik Wellin) sur un îlot de l’archipel, il y a au départ une même démarche : fuir, lâchement fuir. Le monde, certes, mais pour le second, d’abord soi-même.
Pendant quinze ans pour le premier, douze pour le second, passés dans la solitude et l’isolement, ce qui les amène à peu près au même âge, autour de 70 ans.
On sort quelque peu affligé du roman de Roth qui ne nous épargne jamais rien, non sans humour d’ailleurs, de ces redoutables décrépitudes dont nous sommes l’un ou l’autre un jour menacés. Ni de nos désillusions. Et encore moins de cette extinction générale des feux que la Foi, seule, peut limiter.
Que l’on vive à New York, à Stockholm où à Paris, la même absurde vanité domine tous les champs de la vie, rythmés par les courants de bruits, de modes, de pressions, et surtout d’apparences. La pire d’entre elles étant la “quête” d’authenticité, de “transparence” et de sincérité. Rien n’est pourtant plus authentique que la cité elle-même, élevée hors de terre par les hommes sincèrement convaincus qu’ensemble, rassemblés, ils peuvent défier leur solitude. Mais le fantôme de Zuckermann ne planera pas longtemps sur New-York, où plus rien ni personne ne l’attend. L’obsession de son âge, de son état, de son incontinence surtout le ramèneront au “désert”.
Ce qui rend attirant le roman de Mankell, c’est l’espoir qu’il suscite par ce cheminement d’un homme quasiment ordinaire en somme que l’on découvre, au fil des pages, brisé par son orgueil plus encore que par sa propre faute. Un homme que le passé, abruptement surgi en la personne d’Harriet, premier amour lâchement abandonné des décennies plus tôt, ramènera finalement, entre deux solstices, au présent d’autres vies que la sienne, à sa propre rédemption et à une vie nouvelle.
Pollution (suite) : Coup de froid sur le réchauffement climatique
J’ai bien de la chance d’être si loin de Copenhague, dont rien de tangible n’est vraiment montré que l’agitation orchestrée des groupes (de pression) de service qui n’y cherchent, au fond, que leurs intérêts.
C’est plutôt étrange, d’ailleurs, qu’on ait choisi le Danemark, pays de “la Reine des neiges” qui transforme en glace tout ce qu’elle touche, pour parler de réchauffement. Il ne manquait pas, dans notre hémisphère, de pays plus chauds et plus concernés par les conséquences présentes et futures des évolutions climatiques envisagées.
Il ne manquait pas non plus d’autres points de vue plus “critiques” (en anglais) que ceux qui nous sont sans cesse ressassés. Mais ceux-là (en français) ont bien du mal à se faire entendre.
N’étant pas scientifique moi-même, je n’ai guère d’opinion sur la question, mais je suis néanmoins capable de lire, comme tout un chacun, des courbes (de températures) et force est bien de constater que depuis le passage d’El Nino, (Chaud) celles-ci auraient plutôt tendance…. à diminuer.
Tout cela n’empêche pas l’hiver de nous tomber dessus, avec quelques jours d’avance, mais comme il faut. Moins 9°c à Aurillac à l’heure ou j’écris : il ne fait jamais bien chaud l’hiver (la nuit) dans le Cantal.
La pollution, ses représentations et sa triste réalité
La pollution est aujourd’hui partout. En premier lieu dans l’air que la plupart des citadins respirent. Mais ce qu’on en représente finit par agacer. Va pour les cheminées d’usines, de cimenteries et autres pots d’échappement diffuseurs de substances toxiques, mais qu’on cesse enfin de produire à son sujet l’image récurrrente des tours de refroidissement de centrales nucléaires : si elle polluent le paysage, elles n’émettent pourtant rien d’autre que de la vapeur d’eau !
La vraie pollution est ailleurs, dans les esprits déjà corrompus par l’air du temps. Ce temps que tout le monde qualifie de détraqué, mais qui l’est surtout pour cette partie du monde, la nôtre, qui devra renoncer à tout ce que depuis bien longtemps elle gâche et gaspille pour assouvir toujours plus de désirs que de véritables besoins.
Chacun aujourd’hui se lamente sur le sort de notre petite planète et tout est fait pour susciter notre émotion sur le sort des plus mal lotis, sous d’autres latitudes, victimes quasiment expiatoires du désordre climatique généré par tous nos excès, dont les déforestations sont loin d’être le moindre.
Sans doute est-il heureux que tant de Chefs d’Etats essaient ces jours-ci de trouver, à Stockholm, des remèdes à ces dérèglements que certains Terriens plus que d’autres ont contribué à amplifier. Ceux-là même qui jouent à qui perd gagne sur le terrain de nos Economies ou plutôt sur le cours des valeurs côtées que sont devenus, dans toutes les Bourses du monde, les matières et produits de toute la Terre.
Le gain, le profit, l’argent en somme asservit et enchaîne sans limite quelques poignées d’humains guidés par la satisfaction de leur propre désir de puissance, grisés par leurs capacités et par l’opacité du vide où s’est égaré leur esprit que rien d’élevé n’éclaire ou ne motive. Et surtout pas la vie des autres hommes et de leur terre. En quelques clics se joue sur les écrans de leurs traders le sort de milliers de gens anonymes, de constructions, de logements, d’entreprises, de plantations, d’exploitations, de cultures dont la finalité ne représentent pour eux et leurs semblables qu’un seuil de profit toujours fixé plus haut.
Pour ceux-là, toujours avides de fructueux marchés, les moyens mis en oeuvre pour rechercher et développer de nouvelles énergies ou changer nos comportements ne représentent en fait que des opportunités, des indices, des enjeux financiers sur lesquels prospérer, à nos propres dépens souvent mais plus gravement encore à celui de pays et d’Etats tout entiers.
A l’instar du Veau d’Or masquant l’impatience d’Aaron, la “pompe à phynance” * n’a pas fini de fonctionner, mais il nous reste à espérer que l’Esprit de Justice et de Vérité viendra éclairer les âmes de ceux qui, à Stockholm et partout ailleurs, tenteront de la réguler.
Recomposition française, droits et devoirs des beaux-parents
A l’heure où tous les regards convergent vers Stockholm, où cette question est depuis longtemps réglée, peu d’échos se font encore entendre sur le rapport Léonetti qui agitait pourtant, le mois dernier, le bocal médiatique. Si cela ne fait l’objet pas de sa couverture, la revue Etudes de décembre nous livre cependant une réflexion qui mérite qu’on s’y attarde, sur la place et le statut du beau-parent. Sans doute Christian Flavigny s’attache-t-il davantage ici à la place du père, ou plutôt du beau-père qu’à celle de la belle-mère, ce qui rend a priori le contexte assez différent : les femmes stériles ou nullipares ne s’attachent pas aux enfants de la même manière que les autres : l’enfant du conjoint devient souvent pour elles l’objet ET le sujet d’une attention et d’une affection toute particulières, qu’elles ne parviennent pas toujours à maîtriser et qui extrapolent leur rôle.
De ce point de vue, il était opportun de rappeler, comme le font l’un et l’autre Sylviane Giampino et C. Flavigny que le beau-parent n’est et ne sera jamais au regard de l’enfant un parent, ni même un tiers mais se présente pour lui, d’emblée, comme un intrus :”Le beau-parent bouscule l’équilibre de la famille, il fait intrusion dans la vie psychique de l’enfant qui ne l’avait nullement convié, il la déstabilise ; cela ne met pas en cause ses qualités personnelles ni un apport qu’il pourra faire à l’enfant, cela concerne la place qu’il prend dans la vie psychique de celui-ci, une place où il empiète, sans l’enrichir.”
C’est dire, indépendamment de tout l’aspect juridique qui fait aujourd’hui débat, à quels dilemnes se trouvent confrontés celles et ceux qui se trouvent un jour confrontés à des situations auxquelles rien a priori ne prépare : devenir “beau”-parent !
Chaque situation est en elle-même un cas d’espèce. Nulle n’est à l’autre comparable. L’âge des enfants concernés par le deuil, le divorce, la séparation puis la nouvelle union de l’un ou l’autre de ses parents est déterminant. Mais il faut sans aucun doute garder à l’esprit ou plus exactement s’imprégner d’une réalité que souvent l’on obère : une famille se compose. La recomposer demeure dans la plupart des cas une illusion.
Mais enfin, restons lucides : l’illusion demeure dans les familles d’origine elles-mêmes : combien de frères et soeurs dont les parents étaient unis s’ignorent ou se déchirent ? L’amour, malheureusement, n’est pas la règle. S’il est, pour les chrétiens, valeur suprême, ils en subissent comme les autres les atermoiements. C’est donc bien, in fine, le rôle du législateur de fixer les limites d’un ordre acceptable. Encore faut-il qu’il le soit.
Indécence publicitaire et corruption des esprits : ING et les parrains
En ces temps de crise que la plupart des banques ont générée, mais dont elle ne cessent pourtant de tirer largement profit, la vergogne n’est pas de saison. Sans doute la plupart d’entre elles ont-elles perdu un grand nombre de leurs clients, ce qui justifie sans doute l’assaut publicitaire dont nous sommes victimes, et assurément à nos frais. Mais enfin, c’est la loi du marché. Nul n’est forcé d’y souscrire.
S’il paraît donc “normal” que la plupart des grandes enseignes bancaires matraquent les écrans de spots publicitaires, elles épargnent au moins leurs propres clients, qui les fuieraient, peut-être, s’ils étaient submergés de ces courriers “adressés” que n’arrête plus la désormais légale mention “pas de publicité” qui soulageait nos boîtes à lettres la plupart de ces encombrants.
Ce n’est pas le cas d’ING, dont on a pu craindre l’an passé qu’elle ne coule, à l’instar d’un Lehman Brothers et autres créateurs de fonds suspects, dans une crise qui, rappelons-le, était dès 2007 largement prévue.
Voilà une banque qui, malgré (ou à cause) de ce qu’elle a subi, met en jeu un budget assez considérable pour inonder ses propres clients, traités comme de vulgaires prospects, d’invitations infâmes à “parrainer” de nouveau clients.
Certes, cela n’est pas nouveau, la pratique est courante et il y a longtemps que cette banque procède de la sorte. Mais était-il pour autant indispensable d’en appeler à l’image corruptrice de “parrains” mafieux ?
Ne serait-ce pas plutôt l’annonce des risques que cette banque envisage de faire courir à ses clients…. et une invite à en changer ?
Certains banquiers n’ont décidément rien compris. Le client est roi… de son choix.
Deux esprits lumineux pour une même vision de la France : Charles De Gaulle et André Malraux
A l’heure où le sujet de l’identité nationale anime les débats, une lecture récente me renvoie à ce sujet déjà évoqué ici. Un jeune (et brillant) avocat, Alexandre Duval-Stalla a donné, il y a deux ans déjà, le fruit d’un long travail fouillé, d’une compilation nourrie, personnelle et éclairée de deux destins d’exception qui un jour se croisèrent pour former le lien d’une inextinguible amitié. Cette remise en mémoire de la vie de Charles De Gaulle, de dix ans l’aîné d’André Malraux et celle de ce dernier sont à relire d’urgence, car tout y est dit de ce qui fait la France et des valeurs de notre identité française.
J’emprunterai ici à Daniel Rondeau, qui préfaça ces “Biographies croisées” avant même qu’elles ne soient achevées, la fin de son exergue : “D’un côté l’homme du destin et de l’Histoire, de l’autre celui d’une fantasia permanente de l’intelligence dont les affirmations chargées d’une étrange énergie poétique claquent sur la toile mouvante du passage du temps. Chacun d’eux a trouvé son meilleur lecteur. Voilà qu’aujourd’hui un jeune homme nommé Alexandre Duval-Stalla se penche sur ces deux vies longtemps parallèles qui ont fini par ne plus former qu’une seule histoire. Duval-Stalla nous la raconte. Ce n’est pas si banal, il nous parle d’un temps où notre pays était gouverné par deux écrivains. Tout cela paraît loin. C’est très loin. Mais c’est la façon qu’a trouvée un homme de trente ans de parler de notre temps.”
Eh bien moi qui ai connu ce temps-là, je trouve ce jeune homme admirable, qui a su où puiser pour façonner son propre “Coeur intelligent”, pour emprunter à Alain Finkielkraut dont le sujet de la littérature, nourriture de l’intelligence, est le plus récent plaidoyer.
En ce temps de disette morale et d’athéisme triomphants, il est réjouissant de voir ainsi ramenés en lumière ces esprits qui appartiennent déjà à l’Histoire sur laquelle repose encore notre aujourd’hui. Car on peine à imaginer ce que serait la France, son territoire, son image, son patrimoine et sa culture si elle ne les avait pas rencontrés.
Par delà cette vision commune d’une France pérenne et généreuse, Charles de Gaulle était animé d’une foi catholique profonde et puissante, ce qui n’était pas le cas d’André Malraux qui résuma pourtant de la plus pertinente manière cette finalité mortelle qui l’obsédait : “Vous savez mieux que moi que nul n’échappe à Dieu”.*
*au père Bockel
Syndrome clinique de la grande exclusion : où est l’Espérance ?
Il y avait matière à entendre, ce matin, sur France-Culture. Dominique Voinchet recevait aux Matins les auteurs d’un livre qui n’a, malheureusement sans doute, pas vocation à devenir un best-seller : La Grande exclusion. Xavier Emmanuelli et Catherine Malabou ont réuni dans cet ouvrage les éléments qui les amènent à redéfinir l’exclusion, vocable trop malmené qui assimile à tort les autres vocables tout aussi usités que sont la pauvreté, la très grande pauvreté dont les origines sont diverses, mais pas nécessairement les mêmes.
L’aspect médical que les auteurs confèrent à ce qui devient l’exclusion n’avait semble-t-il jamais été véritablement abordé : le cheminement qui mène de la perte de revenu, de l’environnement social puis à celle du logement pour mener à la rue est bien connu. Mais la “mécanique” qui s’enclenche chez un individu après quelques semaines seulement de séjour à la rue dessine ici un ensemble de symptômes connus séparément mais rarement appréhendés dans leur ensemble. Ce syndrome clinique ne manquera pas d’interpeller tous ceux qui oeuvrent à l’aide, l’écoute, l’assistance, le soutien ou la réinsertion des personnes qui en sont atteintes et dont le premier critère est un traumatisme de l’âme.
S’il est intéressant de voir analyser cet aspect psychologique et psychiatrique des “sujets” exclus, et quels que soient les voies de remède apportées, la chrétienne que je suis ne peut manquer de noter dans la présentation de cette étude l’absence totale de référence ou liens spirituels et de la “nourriture” qu’ils représentent.
Bien des gens se sont retrouvés ou se retrouveront possiblement à la rue. Tous ne sont pas ou ne deviendront pas des exclus. Parce qu’une réminiscence, ou une voix, ou un discours d’Espérance se sera pour eux fait entendre, au-delà, bien au-delà de l’aide ou du soin apporté.
La maladie de la mort, pour emprunter à Mme Duras, c’est d’abord un manque d’espérance. Etre exclus, c’est d’abord être mort à soi-même, à sa propre humanité et à toute forme de Foi, et d’Espérance.
N’en déplaise à tous les athéologues et autres déicitaires, comme les nomme judicieusement “Monseigneur” Piero de Paoli, déjà évoqué ici.
Présidence de l’Europe : en attendant Vaira Vike-Freiberga
J’ignore à l’heure où j’écris qui sera désigné ce soir pour présider aux destinées de notre chère Europe. Mais il est un choix qui semblerait, à l’Européenne que je suis, des plus judicieux : celui de Vaira Vike-Freiberga. Elle est prête, dit-elle, à assumer cette tâche et pour ma part, je la crois.
Elle me semble en effet présenter, au regard du Savoir, de la Vision et de la Sagesse nécessaires à tout véritable “Homme” d’Etat, toutes les qualités nécessaires.
Il me suffit sans doute, car c’est à lui qu’en premier lieu je pense, d’évoquer le Maître Confucius et son 4ème analècte : “« À quinze ans, ma volonté était tendue vers l’étude ; à trente ans, je m’y perfectionnais ; à quarante ans, je n’éprouvais plus d’incertitudes ; à cinquante ans, je connaissais le décret céleste ; à soixante ans, je comprenais, sans avoir besoin d’y réfléchir, tout ce que mon oreille entendait ; à soixante-dix ans, en suivant les désirs de mon cœur, je ne transgressais aucune règle. »
Que mes lecteurs ne voient dans ce choix aucune forme de féminisme, j’ignore ou ne veux pas savoir ce que cela signifie. Vaira Vike, à l’instar de toutes les autres d’autres femmes représente tout simplement, et cela est en soi suffisant, l’Autre moitié du Ciel, suivant la culture chinoise que nul aujourd’hui ne devrait prétendre ignorer.
Corruption : fruit des vanités, rançon de l’oppression étatique et produit de la pauvreté
Les célébrations de Berlin, le 9 novembre, ont largement éclipsé l’ouverture de la conférence de Doha qui commençait le même jour. Du moins l’opportunité aura-t-elle été donnée au plus grand nombre de connaître un des aspects les plus malfaisants des états totalitaires largement évoqués ici : la corruption de leurs élites et ses conséquences pour leurs pays et pour leurs peuples ravagés.
J’ai en mémoire le très beau livre de Tahar Ben Jelloun, “L’homme rompu” (Seuil, 1994) qui décrit admirablement le processus insidieux par lequel un honnête homme en vient à céder à un corrupteur. Car voilà bien ce qui oppose : il n’y a pas de corrompu sans corrupteur. Cela n’est pourtant pas si simple. Tout semble reposer en fait sur l’adage cité par Kant : “Tout homme a son prix” dont le seul énoncé, en l’absence de Morale, fixe toutes les règles de la vie civile et sociale dans la perversité.
Le premier constat, en matière de corruption, est qu’il sévit en priorité dans les pays les moins prospères, mais aussi les moins libéraux.
Dans les pseudo démocraties où les “élections”, truquées, ne visent qu’à reconduire quasiment à vie un potentat vaniteux, seule sa “nomenclature” bénéficie de conditions de vie ostentatoires, le plus souvent issues d’aides internationales ou de juteux contrats habilement détournés.
Aujourd’hui, suivant les estimation de la Banque mondiale, la corruption coûterait de 20 à 40 milliards de dollars aux “pays en développement“. On se plaît à rêver à tout ce qui pourrait se réaliser d’indispensable, de nécessaire ou simplement d’utile pour leurs habitants délaissés, de plus en plus nombreux à ne penser qu’à l’exil.










