journalistes et chroniqueurs : le plus aimable d’entre eux : Alain Remond
Avant de clore ces lignes, et cette fois définitivement, je voudrais rendre hommage à Alain Remond, dont l’homonymie ne cesse de me rappeler le regretté René et l’acuité de son dernier ouvrage.
Chaque matin, Alain Remond nous livre dans son huitième de page une vision réjouissante d’un quotidien où l’absurde le dispute généralement au ridicule, fût-il tragique, tant nos vies sont aujourd’hui harcelées par une surenchère de contraintes sociales, culturelles, économiques et commerciales. Du moins avons nous le pouvoir (mais surtout le droit) d’ en rire.
Dans la paix de notre petit hexagone, où nos medias s’agitent en coeur pour dénoncer des manques ou des excès de tout ce qui ferait, dans tant de dictatures et autres théocraties, figure de grands bonheurs (nos libertés, notre justice, notre éducation, notre santé, etc..), Alain Remond présente cette vertu immense de chercher chaque jour ce qui nous replonge, avec bonheur, dans le réel de notre quotidien heureux.
Sans acidité ni acrimonie, il nous ramène à nos rassurantes limites, celles dans lesquelles nous avons le pouvoir de pinailler sur le superflu quand l’essentiel est quasiment garanti.
Nous ne savons souvent de l’état du monde que ce que les medias nous en montrent, ce que les “experts” nous en disent, mais nous voyons ce qui autour de nous le transforme, l’améliore, le dénature ou le détruit. Nos repères évoluent dans un monde qui change, qui n’est plus tout à fait le nôtre, où parfois nous nous sentons perdus.
Alain Remond nous offre chaque matin dans lecture de sa chronique deux minutes d’évasion et de retour au sens, deux minutes qui n’ont pas de prix.
A lui et à mes lecteurs, je dis simplement : MERCI.
Tourbillons ibériques : Pedro Almodovar, Carlos-Ruiz Zafon

A peine remise du spectacle des “Etreintes brisées” d’Almodovar, remarquable enchevêtrement de passions humaines et castillanes, je tombe par hasard, comme c’est souvent le cas, sur un livre dont le titre, magique, m’invite à la lecture. Sans doute vais-je apparaître bien naïve aux yeux des hispanistes, et peu “actuelle” aux yeux des autres, mais la culture ibérique m’est, je l’avoue, presque étrangère : je n’en connais que les grandes lignes. Quant à la nouveauté, elle n’a ici aucun sens : les bons livres n’ont pas d’âge. Et celui de Carlos-Ruiz Zafon (2001) pourra se lire encore longtemps.
Cette “Ombre du Vent” plonge le lecteur dès les premières lignes dans ce qu’il convient d’appeler un émoi haletant et une insatiable curiosité : il ne s’agit ici que de livres oubliés, de passions, littéraires et humaines et du fil ténu qui sépare et relie le réel de l’imaginaire autour d’une même histoire, en progrès, que renouvellent chaque fois de nouveaux éclairages. Sans doute n’y a-t-il là rien d’exceptionnel, - l’auteur, plein d’un humour sagace, n’hésite pas à évoquer dans ses pages Hector Malot !-(même si l’on pense à Kurosawa) , et l’humour qui fait une part inhérente du livre, comme Barcelone elle-même, certains personnages mythiques de la littérature hispanique, la fluidité du style – et, il faut le souligner, la remarquable traduction de François Maspéro en font, de mon modeste point de vue, un ouvrage à lire, à faire lire et à conserver.
Certains n’ont pas hésité à dire que Carlos-Luis Zafon avait reçu le Prix Planeta, par confusion sans doute avec son éditeur (Planeta). Je me réjouis en tous cas d’apprendre que ce jeune auteur prolixe a rencontré avec ce livre, qui n’est pas le dernier sans doute de ses livres pour adultes, (il a surtout écrit pour la jeunesse) un succès considérable, bien avant celui emporté – post mortem – par Stieg Larson dont j’ignore s’il n’est pas, lui, finalement mort usé d’avoir dénoncé le vice et l’horreur qu’il voyait partout.
Certains tourbillons sont plus gratifiants que d’autres, et quitte à briser là quelques heures ou encore quelques jours, voilà deux voyages qui valent, sincèrement, le détour….
L’Europe aux couleurs Nature, une bonne nouvelle !

Europe, verte et bleue
Réjouissons-nous, l’Europe sera verte et bleue, aux couleurs de l’Eau, aux couleurs du ciel. Les projets construits ont triomphé de tous les discours creux, de l’opposition stérile, des vanités perfides, des attaques personnelles systématiques et de leur exténuante redondance. On nous dit que c’est la première fois, depuis quarante ans, qu’une majorité présidentielle franchit positivement le cap d’une telle élection. Ce n’est pas un hasard, mais une conséquence. Celle du travail accompli par une “politique d’ouverture”, la volonté, le courage et la ténacité de l’avoir initiée en sollicitant, là où elles se trouvaient, des compétences, des énergies que d’autres n’auraient pas exploitées parce qu’elles n’étaient pas “de leur camp”. M. Sarkozy, moqué, agoni voire maudit de toutes parts depuis son élection a donc indirectement triomphé de tous ses détracteurs : le bon sens existe donc encore, en France. C’est une bonne nouvelle. Même si trop de suffrages n’ont pas été donnés.
Je pense ici à tous ces peuples qui rêvent de démocratie, de liberté, celle de voter pour d’autres candidats et d’autres programmes que ceux que leurs pays imposent. Ils seront de plus en plus nombreux encore, ces migrants excédés de conflits, d’injustice, de misère qui se ruent sur nos terres de Paix et de prospérité. Ils savent bien, eux, ce qu’est l’Europe et ce qu’elle signifie. Dommage que chez nous comme ailleurs on ne s’en soucie guère. Ou pas assez bien.
Ces soi-disants “thérapeutes”, maîtres des âmes
La Croix titre aujourd’hui sur ces manipulateurs qui prétendent vaincre “de l’intérieur” les pires maladies que la médecine elle-même, avec tous les moyens qu’elle peut mettre en oeuvre, ne parvient pas toujours à guérir, mais qui a au moins l’avantage de tenter de le faire honnêtement.
Irène Nemirovsky a éclairé avec brio, en 1932, ce processus d’aliénation dans “le Maître des âmes”, publié seulement en 2005. Il s’agit là d’un roman terrible de l’émigration, de la conquête et de l’emprise d’un être, médecin devenu charlatan par revanche plus que par ambition, sur un public trop attentif à soi-même pour faire preuve de discernement. Malgré le temps et tous les changements intervenus depuis lors, rien n’y est vraiment “démodé”.
Il en va des faux thérapeutes comme de certains sectaires, qui préconisent parfois des pratiques qui peuvent s’avérer mortifères ou à tout le moins délétères. (Les témoins de Jéhovah ne tolèrent aucune transfusion sanguine, par exemple). Qu’importe d’ailleurs ce que sont ces pratiques si elles remportent l’adhésion d’un public ou d’un auditoire.
Le libre-arbitre n’est pas chose si bien partagée et le bon sens n’est plus de saison. La Foi elle-même fait l’objet d’un vaste marché où les gourous se pressent en promettant des jours meilleurs, le succès ou la guérison à tous ceux qui sont, il faut le dire, prêts à croire n’importe qui et à n’importe quoi.
Petits et grands profits du travail bénévole
Je m’étais intéressée, il y a déjà plusieurs années, à cette “manne économique” que représente le travail bénévole des retraités. Des études sérieuses ont été faites sur le sujet, qui sont je crois assez éloquentes : en 2002, le poids de l’activité bénévole représentait près de 820.000 emplois (équivalents temps plein) comme on peut le lire dans le rapport de Lionel Prouteau (”La mesure et la valorisation du bénévolat”, Colloque Addès, juin 2006)
Actifs ou retraités, nous sommes tous, ou presque, des travailleurs bénévoles, puisque c’est ainsi que l’on qualifie ce que l’on fait pour d’autres, au gré de notre “bon vouloir” comme l’indique le terme lui-même. Un bon vouloir qui en principe n’attend rien en retour de ce don de soi-même, cette aide et ce partage nourris d’échanges, de sollicitude ou de compassion selon l’objet de la mission et la fonction du “donateur”. Un bon vouloir qui est (ou devient) parfois pour certains un travail à temps plein et une aubaine pour ceux qui l’utilisent sans le moindre débours.
Cette manne assez considérable permet le fonctionnement d’une majorité d’associations voire d’organisations qui ne sont pas toutes, tant s’en faut, charitables et qui, sans la gratuité du travail bénévole, ne pourraient tout simplement exister.
Dans un monde régi par l’argent, on ne peut donc que s’en réjouir. Pour autant, l’argent semble plus facile à trouver que le temps. Dès lors qu’ils sont sollicités pour une “bonne cause”, la plupart des gens se font donateurs – mais pas forcément bénévoles-, même si, en temps de crise, leurs budgets se restreignent, comme le redoutent la plupart des associations. Celles-ci n’hésitent plus, d’ailleurs, à recourir aux méthodes des entreprises, en “recrutant” des donateurs, tout autant que des bénévoles, à l’aide de personnels ….rémunérés.
Dans ce qui est devenu aujourd’hui un véritable “marché solidaire”, on ne peut que louer l’abnégation, le mérite mais aussi la valeur de ceux qui donnent, de l’argent ou d’eux-mêmes, sans intérêt ou, au plus, celui d’une simple reconnaissance, voire d’un statut qui n’ôtent rien à la générosité de leur démarche. Car c’est bien là une valeur considérable, qui permet de générer des profits qui, d’une façon ou d’une autre, se répartissent. Même si ce n’est pas toujours vers les plus nécessiteux.
Elections européennes : voter, mais pour qui ?
Alors que la campagne pour les Européennes vient de s’ouvrir, je viens de perdre une heure à chercher (en vain) une liste de candidats à la fonction, enviée, de parlementaire européen dans ma région (Massif central, Centre). Démarche impossible.
Européenne par origine, par nature et même par vocation, je m’étonne de cette lacune qui suffirait, à elle seule, à décourager les meilleures volontés. Ainsi le site du Parlement européen, auquel renvoient la plupart des autres sur le sujet, ne fait état à ce jour, 14 mai, d’aucun candidat pour nos régions. A moins que je n’y aie rien compris.
L’Europe est pourtant bonne à prendre, l’Irlande en a su un temps quelque chose, qui bénéficia si largement de tant et tant de subventions. Comme tant de ceux qui, sans activité spécialement agreste ou même agricole, on reçu – c’est à présent chose publique- des aides qu’il serait opportun d’expliquer.
Nous n’aurons, à la fin du compte, que 72 députés français, soit 6 de moins que précédemment. J’ai cru comprendre que ma région en perdrait un. Mais qui sera sur les affiches quelques jours avant le scrutin, pour l’instant, je n’en sais rien.
Voter, mais pour qui, sinon pour rien ?
Grippe : pandemonium d’une pandémie
Voilà le monde en “état d’urgence” et nos medias plus que jamais hystériques, repus de recompter les “cas”. 236 dans le monde entier, à l’heure où j’écris. Je ne peux m’empêcher de penser à tous ceux qui, chaque jour que Dieu fait, décèdent de causes diverses : sur 62 millions chaque année, près de la moitié (36 millions), meurent de faim. Mais pour ceux-là, où est l’Etat d’urgence ?
On peine à imaginer ce que serait une pandémie déclarée de peste, de choléra ou de quoi que ce soit d’incurable et vraiment mortel. Sans doute est-il toujours trop tôt pour mourir, mais n’y a-t-il pas quelque indécence à faire ainsi résonner les tambours quand on ne cesse de nous affirmer qu’il ne faut surtout pas “paniquer”, puisque ce mal, cette “grippe” se traite aisément ?
Dans tous les cas, ce seront toujours les plus pauvres, les plus éloignés des soins qui en pâtiront. Pas ceux qui en réchapperont ou, pire, en tirent déjà profit.
Soutien à Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière !
J’ignorais jusqu’à ce soir les malheurs de Pierre Etaix , qui a illuminé nos scènes mais aussi nos écrans de quelques films merveilleux dont la production devenue défaillante détiendrai encore des droits devenus incessibles. C’est du moins ce que j’ai compris.
J’y suis d’autant plus sensible qu’il fut longtemps familier du Limousin qui l’accueillit, à Nexon, avec son épouse Annie Fratellini pour y fonder leur fameuse Ecole du Cirque, qui devint par la suite un véritable Festival.
Revoir Yoyo, mais aussi Le Soupirant ces petits chefs d’oeuvre d’humour tendre serait nous dit-on devenu impossible.
J’invite donc mes lecteurs à se signaler au plus vite pour que soit sauvés de l’oubli et rendus de nouveau visibles ces fruits si savoureux d’une collaboration sans faille et témoins d’un temps sans doute révolu mais d’une fraîcheur, d’un talent et d’une grâce sans âge.
La pétition est en ligne : http://www.ipetitions.com/petition/lesfilmsdetaix/
Perles (rares) du Net : le courage de la (libre) expression
Je suis encore très “jeune” dans ma pratique du Net et chaque jour m’apporte de nouveaux liens et de nouvelles surprises. Comme ce billet de Michel Garroté découvert ce matin sur la liberté (virtuelle) d’expression. L’auteur sait bien de quoi il parle. Je n’aurais pas osé aller si loin. Question d’âge sans doute.
J’ai vu monter en puissance, en trente ans, cette “correction” devenue, de mon point de vue, “dégoulinance”, qui interdit l’expression de tout propos hors cadre, celui-ci, parfaitement hypocrite, étant posé comme préalable au fonctionnement même des sociétés occidentales perclues d’intenables bonnes intentions.
Car il s’agit, du moins en apparence, d’afficher une adhésion quasi fondamentale au respect de tout ce qui est par ailleurs bafoué en permanence : les droits de l’homme (et du citoyen) à qui il incombe chaque jour davantage de se plier à des règles qui les obèrent et réduisent ses libertés. Il nous faut aujourd’hui avoir de “bonnes pensées”, de “bons comportements” mais encore, et c’est peut-être le pire, surtout vivre “avec précaution”.
Michel Garroté est un journaliste catholique, ce qui le rend libre et universel. Rares encore sont ceux qui revendiquent une confession sur qui repose toute notre culture et qui fait l’objet de quolibets, quand ce n’est pas de massacres. Je salue ici son engagement, et son courage.
Iaboc a fait fonctionner deux ans un excellent blog, aujourd’hui latent, faute de temps*, où la qualité de l’expression égale celle des sujets traités. Sans concession à tous ces faux-semblants, ces mensonges institutionnalisés par des obédiences politiques et médiatiques contre lesquelles je m’insurge à longueur de temps.
Peine perdue ? Pour certains peut-être. Mais il suffit parfois de semer un grain de curiosité, d’interrogation, de foi et d’espérance, aussi, qui poussera peut-être n’importe où. Il serait opportun pourtant qu’il pousse aussi chez nous.
* on peut retrouver les ceux auteurs sur le site : www.libertepolitique.com/
“pour lire le monde avec l’intelligence de la Foi”

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