To face or not to Face Book ?
Publié par Anne A. Mitteau sur 18 mars 2008
Puisqu’on en parle…. Je suis allée “y faire un tour”, moi aussi. Au départ, on essaie d’y retrouver quelqu’un, perdu de vue depuis longtemps, que l’on ne retrouve pas forcément d’ailleurs. De fil en aiguille, on cherche quelqu’un d’autre, pour voir. On tombe enfin sur un nom connu de soi, la curiosité nous attise, on va voir. On a la surprise d’y trouver parfois une somme de détails intimes, ouverts ainsi à tous les vents : c’est effarant.
Quel “ego” faut-il donc pour aller se livrer ainsi en pâture ? A moins que ce ne soit qu’une affligeante solitude ? Ceux que j’ai croisés là ne sont pourtant pas seuls, ils ont une famille, des amis, une position. Quel besoin, donc, de s’exhiber ainsi si l’on est pas, a priori, un personnage public ? Il est certain que ce genre de réseaux peut être fort utile pour qui a quelque chose à vendre, car c’est un vecteur commercial de première grandeur. Mais ce prétexte d’y collecter “des amis” semble pour le moins fallacieux. L’amitié est une “denrée” trop précieuse pour être galvaudée. On communique très bien avec ses amis dans l’intimité relative du téléphone et autres courriels directs. Et si l’on a “perdu de vue” bien des gens, c’est probablement parce que nous ne souhaitions pas en rester proches.
La Vanité est le plus fin ressort de l’exploitation commerciale. Mark Zuckerberg peut donc à présent “se sucrer” d’une montagne de 15 milliards de dollars. Peut-on le blâmer ? Il n’a fait après tout qu’exploiter ce “culte du soi” érigé par une société depuis longtemps passée du confessionnal au divan, à qui il importe d’être vu, plutôt que d’être, tout simplement.

