Archives de octobre 2008
Arte Info : Elections, chômage : L’information réformée par des chiffres inexacts, mensongers, ou non vérifiés
Alors là, je ne me retiens plus : fidèle de la chaîne (sans publicité), et n’en demeurant pas moins très circonspecte quant à son objectivité, je constate depuis quelques jours que l’on nous “balance” des chiffres furieusement érronés, sortis d’on ne sait où. Ce furent d’abord, cette semaine, ceux de la campagne électorale des candidats à la Présidence des Etats-Unis, oh, trois fois rien, quelques dizaines de millions pour l’un et l’autre, genre 60 et 80. Pour mémoire, on est parvenu a plusieurs CENTAINES, ce qui n’est pas exactement la même chose. (voir mon billet précédent)
La tendance hier était inverse et plutôt haussière dans le triste domaine, cette fois, du chômage : la charmante présentatrice allemande n’hésita pas un instant à nous présenter un tableau (qui donc a bien pu l’établir, celui-là ?) présentant l’accroissement du chômage en France : + 8000, (ce qui est exact) soit 3.869.400 !. Quand on sait que le même jour, le chiffre officiel (1.957.600) était disponible dans tous les autres medias, on ne peut que s’interroger sur la validité du reste des informations fournies par la chaîne…..
Devant l’énormité de la chose, j’ai bien sûr attendu un démenti, ou à tout le moins des excuses. Mais j’ai attendu en vain.
Allons, messieurs d’Arte Info, si prompts souvent à la pose, contrôlez vos sources, c’est le b.a. ba du métier !
Etats-Unis : et si le gagnant annoncé par les news media n’était pas celui des gens ?
Allez !, comme dirait Ali Baddou ; je me vais faire encore plus bête que je ne le suis : matraquée de toutes parts par une Obamania qui finit immanquablement par agacer, je m’interroge sur ce que je ferais si j’étais Américaine et si, la semaine prochaine, je devais voter. Eh bien il est probable que, par esprit de contradiction et par rejet quasi allergique de ce qu’on voudrait m’imposer, je voterai pour celui que la presse s’acharne à “jouer” perdant. John Mc Cain.
Je ferais un rapprochement idiot entre l’âge moyen des traders et autres harponneurs de fonds, les milliers de millions de dollars qu’il a fallut, qu’il faut encore, derrière eux, injecter dans l’Economie, les centaines de millions que les candidats injectent dans leur campagne pour gagner à leur cause l’homme de la rue qui ne dispose le plus souvent que d’un salaire et d’une maison, quand il l’a encore et que des crédits véreux ne l’on pas mis hors de chez lui.
Le budget des campagnes est gigantesque : celui de John Mc Cain atteindrait 400 millions, dont 84,6 millions de subvention fédérale. Mr Obama, qui a refusé d’emblée cette subvention, préférant le support direct de ses soutiens, en aurait tout de même collecté plus de 600.
Enfin, si je comprends l’ambition d’un homme jeune et brillant à mener les destinées de son pays (Mr Obama), je ne suis pas indifférente à celle, apparemment plus forte encore, de son épouse. j’admire peut-être davantage, question d’âge sans doute, le courage d’un homme très mûr, meurtri mais pourtant apaisé, qui m’apparaît poussé par l’urgence du devoir et de l’honneur plus que par l’ambition d’un pouvoir qu’il détient déjà : M. Mc Cain est riche, très riche et pourrait couler des jours heureux et tranquilles sans se charger d’un tel fardeau.
L’Amérique d’aujourd’hui, qui ne ressemble plus guère et depuis longtemps déjà à celle que j’ai connue sera pour son dirigeant une charge si considérable par tant d’aspects, si risquée aussi pour le reste du monde, que seul un vieux cuir bien tanné mais de bonne résilience pourra y faire face, tout au moins pour quatre ans.
Brésil, Jésuites, palimpseste : le “tigre” littéraire conçu par Jean-Marie Blas de Roblès
C’est bien à l’invite si élégamment présentée par Pierre Gibert dans la dernière livraison des Etudes (P.398) que je dois ma dernière lecture : Là où les tigres sont chez eux qui a déjà, semble-t-il, reçu les honneurs de la presse et des libraires. On en trouvera, entre autres, un excellent avis dans la Croix, rédigé dernièrement par Geneviève Welcomme (18 octobre).
J’ignore si cet ouvrage trouvera la même audience que certain blockbuster suédois : à nombre presque équivalent de pages, il n’a pas tout de même pas le même profil. Même si, par ses divers truchements il tend à énoncer les pires maux des hommes et présente, sous couvert de fiction, un certain nombre de faits bien vérifiables concernant un pays que l’auteur connaît bien : le Brésil, mais pas seulement.
Voilà bien un “sacré” roman, vertige d’une écriture qui ne doit pas grand chose à l’improvisation, bien moins encore à l’impulsion mais bien à une longue recherche, une minutie attentive au fond et à la forme, près de quinze ans de travail, nous dit-on, interrompu sans aucun doute par d’autres tâches, d’autres voyages et d’autres publications. Car la vie de l’auteur apparaît comme d’une richesse étonnante, très concrétement hors du commun, en quête (érudite) du sens du monde. Le lire, c’est s’en approcher.
Action directe, Brigades rouges, terrorismes : il n’y a pas d’assassinat politique, il n’y a que des assassins.
C’est le premier des Commandements des Tables, mais c’est aussi celui de toutes les sociétés tant soit peu policées, dont la nôtre : tu ne tueras point. Le reste n’est que verbiage idéologique. Tuer qui que ce soit froidement, en pleine rue, devant chez lui demeure, quel qu’en soit le motif, un acte de haine incompressible et irréductible. La haine n’a pour corollaire que la mort, celle que l’assassin inflige à certains, celle qu’il fait planer sur d’autres.
La vocation de certains activistes est d’abord la Haine, une haine primale, farouche et glacée d’opposition et non de résistance. On ne résiste pas à, on s’y oppose. Une opposition si radicale qu’elle reste le plus souvent restreinte, donc inaudible, et prête à tout pour qu’on l’entende. Des luttes absurdes et mortifères. Quelles qu’elles soient. l’Histoire récente regorge de ces combats.
Le battage fait récemment autour d’anciens membres ou leaders de mouvements extrémistes des années 1970-80, jugés pour leurs actes invite à la réflexion : certains d’entre eux ont été complètement anéantis, physiquement ou moralement ; d’autres ont été en quelque sorte privilégiés par un statut particulier (semi-liberté). L’exposition médiatique, dans ce cas précis, vaut aujourd’hui à l’un d’eux de retourner en geôle pur y purger normalement sa peine. Faut-il s’en indigner ?
Même si, de mon point de vue chrétien, c’est Dieu qui, en dernier ressort sera le seul juge, ce serait mépriser la justice des hommes, la Justice de notre République, que d’en modifier la sentence. D’autant que l’individu n’a, selon toute apparence, fait preuve d’aucun sentiment de culpabilité ou, pire, du moindre remords.
M. Georges Besse était un de ces grands patrons, éclairé et humain dont la France d’aujourd’hui aurait sans doute bien besoin : il n’a jamais failli dans ses missions d’ingénieur visionnaire. La haine et la lâcheté seules ont brisé sa vie et celle de tous les siens. Non, il n’y a pas d’assassins politiques, il n’y a que des assassins.
The Servant : quand le serviteur (l’Argent) est devenu un Maître irresponsable
Le goût de l’argent jusqu’à la nausée est peut-être en train de plomber toutes nos économies ; je n’ai sur le sujet qu’un avis d’usager, un peu las de ce remue-ménage autour du Veau d’Or. Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, le monde l’a trop honorée, cette idole.
Citant Saint-Paul, notre pape Benoît XVI avait lancé à Paris, le 13 septembre dernier, une diatribe quasiment visionnaire contre le pouvoir de l’argent et même du savoir (qui permet d’accéder au pouvoir). Le lundi noir l’a suivi de près. Il n’a sans doute pas été noir pour tout le monde. Monsieur Buffett en sait probablement quelque chose, lui qui a su construire la plus grande fortune du monde sur l’économie réelle. Fortune dont il a d’ailleurs légué la plus grande part à des oeuvre charitables. Ces oeuvres-là ont décidément de l’avenir, si l’on pense aux conséquences prévisibles du krach actuel. Pour tout le monde. Et forcément pour les plus dénués, qui le deviendront bien plus encore.
Reste que le vent de l’Esprit pourrait à nouveau souffler sur tous ceux qu’a un jour saisis la fièvre du profit. S’ils en réchappent. Le culte du Soi a ses limites, comme la futilité. Elles sont aujourd’hui atteintes pour ceux qui s’y sont adonnés. Selon ce en quoi l’on investit, on a après tout le retour que l’on mérite.
De ce point de vue, la Foi en l’Amour présente, avec l’Espérance, un ratio sans limite.
PS: on pourra me contester l’usage de mon titre : c’est que le film de Losey, quoiqu’en pensent la plupart des cinéphiles, illustre à mon avis plutôt bien la situation actuelle du monde de la finance, asservi à (ou terrassé par) ce qu’il était censé dominer : l’Argent.






