Annotations discrètes

Réflexions et commentaires sur l’actualité culturelle, sociale et religieuse

Archives de décembre 2008

Fraudeurs financiers : plus que la prison, c’est la Misère, qu’ils méritent

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On me reprochera sans doute ma très grande candeur, mais je ne vois décidément pas, dans ce cas de figure,  d’autre solution que la CMP : la Condamnation à la Misère Perpétuelle.

prison

source : wikicommons

A quoi bon en effet mettre en prison des fraudeurs qu’aucun scrupule, jamais, n’étouffe dès qu’il s’agit d’engranger les  profits, souvent considérables,  de gains énormes obtenus par les voies les plus perverses et en tous cas illicites. Parfois même sur le dos de plus riches encore.  La prison, ils finissent toujours par en sortir un jour (à moins qu’ils n’y installent quelque trafic)  et l’on est jamais certain qu’ils ne trouveront pas, bien cachée quelque part, une réserve qui leur permettrait de…. recommencer.

Qu’ils soient courtiers, mafieux ou dirigeants de certains états si dénués par ailleurs, ils sont tous, de façon quasi pathologique,  obnubilés par le pouvoir de l’Argent, plus que par le Pouvoir lui-même, accumulant ici et là toutes sortes de biens ostentatoires, acquis le plus souvent, sous couvert d‘hommes de paille,  en toute légalité.

Les condamner à la Misère, celle qu’ils méprisent par dessus-tout et qu’au fond d’eux-mêmes ils redoutent, la misère où ils ont entraîné souvent tant de gens naïfs qui tentaient, au mieux,  d’améliorer leur ordinaire (posséder leur maison, placer leurs économies) ou même dans certains cas, de bénéficier d’aides internationales).

Les condamner à la Misère Perpétuelle : plus de comptes en banque occultes, plus de villas sur les Côtes, plus d’hôtels particuliers dans les capitales, de yachts surdimensionnés dans les marinas. Les moyens doivent bien exister, quand les faits sont avérés, de saisir ces biens mal acquis. Au bénéfice, bien sûr, des pays hôtes qui sont généralement, on l’aura compris, ceux où règnent la prospérité et qui, on peut du moins l’espèrer, sauraient gérer cette manne au profit…. des véritables victimes de tout cet excès de finances……

Rédigé par Anne A. Mitteau

Lundi 15 décembre 2008 à 16 04 08 1208

Réforme des crédits renouvelables : fin d’une grande illusion ?

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L’illusion bien entretenue que le plus modeste peut dépenser sans compter, qu’il peut, s’il est prudent, reconstituer sa “réserve”, d’autant plus étroite d’ailleurs que la capacité de remboursement est ténue. Une chaîne d’esclave que posent un jour ou l’autre les organismes de crédit aux chevilles de consommateurs captivés, ou réceptifs, ou impatients. Mais une chaîne, oui, qui finit pour certains par obérer leur existence.

usurierLe crédit se renouvelle, en continu, à un taux qui avoisine parfois  les 20% d’intérêts, ce qui n’est pas rien. L’organisme financier, tel l’usurier des temps passés, engrange les bénéfices pendant que des familles s’endettent, se sur-endettent puis se détruisent. Le marché n’a pas de morale, que celle de l’Economie. Produire, vendre, acheter. En chinois, d’ailleurs, on utilise le même verbe : acheter et vendre, c’est au fond la même chose, inversée dans un même circuit.

Le problème n’est pas au fond celui du crédit lui-même : il a permis que se réalise le Rêve américain, donc le nôtre. Celui des années cinquante,  jusques à hier encore. En payant chaque mois (mais longtemps et forcément plus cher) de petites sommes, la plupart des gens ont pu acquérir rapidement tous ces éléments de confort que nous concevons aujourd’hui comme fondamentaux :  de la petite robe noire à la machine à pain en passant par les téléviseurs ultra-plats et autres graveurs MP3.

C’est toujours l’ignorance, qui fait problème, le manque de discernement, de retenue, de bon sens aussi, cultivés avec le plus grand soin par les vendeurs d’illusion  du marketing et de la communication, celle qui laisse ou fait croire aux plus modestes qu’ils peuvent eux aussi tout consommer sans délai, sans contrainte et surtout sans effort.

Le bon sens, oui, si cher à notre vieux Descartes qui le croyait, chez nous,  si bien partagé, a depuis trop longtemps déserté nos rivages tout autant pollués par un consumérisme effreiné que par les déchets qu’il génère.

Le calcul pourrait pourtant être assez simple, fût-il lui aussi illusoire : essayer de vivre avec ses moyens et, en l’occurrence, sa capacité de remboursement devrait maintenir un équilibre souvent précaire d’ailleurs. Certains y parviennent. Ils sont ou seront, en temps de crise, de plus en plus rare. D’autant que nos Etats eux-mêmes croulent sous leur propre endettement……

Rédigé par Anne A. Mitteau

Vendredi 12 décembre 2008 à 19 07 14 1214

Mourir est inéluctable. Etre “euthanasié” de plein droit ne doit pas l’être.

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Une chance que l’euthanasie (la bonne mort) ne soit pas, dans l’immédiat du moins, en passe de devenir légale en France.  Il n’y aurait rien de plus terrible, à terme, pour notre humanité.

Mourir dans la dignité, comme le souhaite l’Association du même nom, est la préoccupation de chacun. Ce mouvement fut à l’origine, et de ce point de vue, une tentative pour résoudre la pesante question de notre longévité, des accidents de la vie, et surtout de tous les maux qui l’accompagnent ; mais cela devient aussi, fort malheureusement, un encouragement au déni du sens inexorable de la vie, qui est d’abord de VIVRE, ce à quoi s’emploient, souvent fort difficilement, la plupart des êtres humains qui luttent (*) pour elle.

Abréger la souffrance, nous dit-on. Mais il semble pourtant que la science, la médecine et notre législation elle-même en donnent le moyen.

wikicommons

source : wikicommons

Les cas récents et surmédiatisés de malades incurables réclamant un suicide assisté, les procès liés, depuis des décennies déjà, à ces affaires toujours tragiques qui, les uns et les autres, en appelent à nos émotions rendent aujourd’hui le débat malsain. Cette dictature de l’émotion , pour emprunter à Patrick Verspieren, s.j. et à son excellent article (Etudes, sept 2008, pp.149-152) ne mène plus qu’à une regression complète de tout principe d’humanité, (Jean-Claude Guillebaud), qui repose sur les principes les plus élémentaires de la Morale.

S’il est impensable pour un catholique (mais pour d’autres croyants aussi) d’imaginer donner la mort, fût-elle douce, les libres-penseurs peuvent néanmoins concevoir les dérives qu’une telle législation pourrait induire : la suppression progressive (en douceur) de vies perçues comme pesantes, voire inutiles, dans le champ desquelles s’agglutineraient les trop vieux, les trop malades, les trop déviants, les trop… différents. Cela rappelle des souvenirs plus que fâcheux.….

Dino Buzzati donnait déjà un  aperçu éminemment caustique du sort des premiers dans sa “Chasse aux vieux” (Le K et autres nouvelles, Laffont, 1967) ; caustique, donc, et d’autant plus réjouissant que la morale y reprend ses droits : le jour où le chasseur, devenu vieux, est chassé à son tour. Et cela, c’est inéluctable !

* le terme de recherche “lutte pour la vie” génére des millions d’occurrences francophones sur Google !

de Jean de Florette au Berger des Combrailles, le mensonge de la terre….

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Voilà une bien triste histoire que celle de ce jeune berger venu,  il y a seulement deux ans, dans ce coin perdu des Combrailles où il espérait élever chèvres et brebis le plus naturellement du monde. Marcel Pagnol aurait pu l’écrire, tant elle présente de similitude, au fond,  avec celle de Manon.

L'annonce aux bergers (source wikicommons)

L'annonce aux bergers

Un paysan âgé, proche de la retraite, loue une bonne partie de ses terres à un étranger,  (des Hautes Alpes !).  Qui donc pouvait la revendiquer, cette terre qui, a priori, ne lui servait plus à rien ? La “terre qui ne ment pas” semble ici, dans cette Auvergne* “profonde” des Combrailles,  égale à ce qu’elle fut longtemps, qu’elle est apparemment encore : source de joie (et de peine)  pour ce qui la possèdent, de jalousie certaine  pour ceux qui la convoitent.

De Zola à Pagnol, la continuité demeure, et c’en est effarant : des hommes, aujourd’hui, chez nous, sont capables du pire (le crime, sous toutes ses formes), au nom, sans aucun doute, de leur propre  intérêt. L’ostracisme est ici secondaire. Est-ce bien, au fond, dans cette affaire,  l’étranger qui est en cause, et non plutôt, celui qui par son geste aurait en quelque sorte spolié sa communauté ? Cela aura-t-il du moins été ressenti comme tel ?

Voilà donc un propriétaire qui aurait eu le toupet de confier (louer) à d’autres (qu’à des membres de sa communauté) ses terres ! Sacrilège ! Expiation !

Mais que les hommes, ces hommes-là, sont petits, si petits, il s’en prennent à l’Etranger :  c’est plus facile, plus direct, et plus radical aussi : après plus d’un an d’exactions assorties de menaces, malgré le soutien de divers collectifs, aujourd’hui, il s’en va.

Quelle tristesse ! Que Justice soit donc rendue à ce pauvre jeune homme qui, dans cette histoire, aura tout perdu de son bien (son troupeau sacrifié, sa récolte), de ses attentes et de ses illusions !

Voyageurs, de grâce évitez pareille contrée , si inhospitalière, si étrangère à ce que le pays alentour est vraiment !

* généreuse région que l’on ne saurait, de toute évidence, cantonner à cette piteuse image !