Archives de janvier 2009
Davos rappelle aux “valeurs”, mais Madoff n’est pas en prison…..
Oui, il était intéressant de voir tous ces religieux présents à Davos, implorant un nécessaire rappel aux valeurs, dont la transgression à mené à tant de dérives financières et aux conséquences économiques et sociales que l’on sait.

le jeu - Caravage
Sans doute est-il plus qu’opportun de pointer ceux qui ont progressivement transformé les Bourses en super-casinos ; ceux qui ont, sous le nez des autorités de régulation et de contrôle, mis en place des systèmes de profit insensés, que seule une ineffable cupidité permettait, à leurs semblables en somme, de rendre crédibles.
Mais le mal est fait. Ce n’est pas le capitalisme, pourtant, qui est malade, mais bien ceux qui le font. Ceux-là sont malades d’arrogance et de mépris, noyés dans le magma de la Matière. Ils ont depuis longtemps vendu leur âme, ils ne sont plus plus que tripes, boyaux et épidermes bronzés ; leur cortex ne fonctionne plus que pour calculer leurs propres chances de profit.
Ils n’ont plus d’âme, mais il leur reste un corps. Qu’attend alors la Justice des hommes pour s’en saisir, les jeter en prison ? N’est-ce pas là le seul lieu qui convienne pour protéger les autres de leurs méfaits ? Le malheureux voleur de pommes n’y échappe jamais, lui qui , peut-être, mériterait un autre sort. Les Madoff et autres banksters ont semble-t-il d’autres soutiens. L’odieux Bernie coule encore pour l’instant des jours autrement plus paisibles, dans le secret de sa demeure de Manhattan, que ce qu’ils devraient être, dans le cachot d’une prison d’Etat.
Comment imaginer un seul instant, au regard d’une telle mansuétude, que les esprits pourraient changer ? Les valeurs être à nouveau prises en compte dans ce qui est devenu, et reste encore un Jeu que rien, vraiment, ne vient pour de bon sanctionner ?
Sans doute faudra t-il attendre que tous les Madoff et autres escrocs de l’Economie soient enfin arrêtés, jugés et dûment condamnés pour qu’on puisse enfin de nouveau appliquer ces valeurs fondamentales qui ont fondé la prospérité de nos sociétés : le courage, la patience, l’effort et surtout l’honnêteté.
Catholiques: vers l’unité, la dissidence ou l’abandon ?
J’avais décider d’arrêter, mais là….. L’incroyable remous que provoque la décision de Benoit XVI de lever quatre excommunications, le jour même du cinquantenaire de Vatican II, appelle à trop de questions.
L’unité des chrétiens était et demeure l’objectif du fameux Concile. Sa modernité et ses bienfaits semblent bien mal perçus encore dans l’opinion, gavée par des medias toujours enclins à forger des catholiques une image archaïque et affligeante de ce qu’ils ce qu’ils pouvaient être il y a cinquante ans. Celle de nos intégristes d’aujourd’hui, en somme. Bornés, rétrogrades et surtout politiques.
Reste que ce groupe dissident est pourtant bien distinct de la majorité des catholiques de France, moins audibles sans doute. Ceux-là ne sont plus appelés en leurs églises que par leur Foi, l’Espérance et la Joie du partage. Sans artifices superflus. Dans des églises qui, par manque de moyens et de vocations tombent parfois en déshérence.
Tel n’est pas le cas en effet des exclus d’aujourd’hui, invités à nous rejoindre demain, qui sont puissants et si fiers, semble-t-il, d’engendrer ce tapage. L’enjeu est néanmoins de taille : il leur faudra accepter ce que depuis toujours ils refusent : suivre le Magistère, et par conséquent se soumettre aux évolutions du Concile. Que je sache, il n’a jamais été question, à Rome, d’en abroger l’esprit. Ou du moins pas encore.
Hors l’Eglise, il étaient schismatiques. Dans l’Eglise, ils risquent bel et bien de d’amener des ruptures. Leur arrogance et leurs certitudes, manifestes depuis le Motu Proprio, leur permettent de penser, voire de dire, qu’après avoir gagné le retour en grâce du rite tridentin ( pourtant jamais exclus du rituel concilaire), ils parviendront à obtenir l’abrogation du Concile lui-même.

Notre Dame d'Orcival
Leurs évêques n’ont jamais levé là-dessus leurs réserves. Je leur dédie cette image de Notre Dame d’Orcival, invoquée pour libérer de toute sortes de carcans. Celui de leur intolérance est fameux.
L’ évêque émérite d’Amiens, Mgr Jacques Noyer, exprimait librement dans sa dernière homélie le sentiment aujourd’hui partagé par un grand nombre d’entre nous.
La jeunesse catholique de France témoigne fort heureusement d’une grande clarté à l’égard de sa religion : ouverture, tolérance, charité, joie et partage en sont la règle. Ses grands rassemblements en sont la preuve. Reste à espérer qu’elle parvienne à éclairer tous ceux dont la vocation se focalise et s’étrécit encore sur la voie passéiste des courants dissidents.
Je n’ai pour ma part aucune envie de retrouver dans mon Eglise, que j’ai récemment retrouvée, tout ce qui m’en avait éloignée il y a tout juste… cinquante ans. C’est, à mon âge, une arête en travers de la gorge qui dégoûte souvent du poisson.
Les vies rêvées de Paul Auster : un cauchemar américain

No comment
Je viens de retrouver avec bonheur un auteur qui m’était cher, qui m’avait passionnée pendant la dernière décennie et que, sans raison apparente, j’avais depuis lors négligé. Sans doute y suis-je revenue à cause du livre de sa femme, évoqué ici en septembre dernier. C’est cela, la force des auteurs de livres : ils nous lient.
Il doit être heureux, maintenant, Paul Auster. L’Amérique, avec une grande partie de monde, encensent (mais pour combien de temps ?) son nouveau Président. Mais sans Dobleyou B, sans la guerre, sans la crise, il n’aurait peut-être pas écrit son dernier roman. Ce n’est pas son meilleur, mais la première moitié vaut le détour. L’ univers austerien reste assez personnel, malgré l’emploi d’un procédé auquel les amateurs de science-fiction sont rompus. Paul Auster demeure un témoin lucide, sinon désabusé du monde des hommes, avares trop souvent de leur humanité.
J’ai trouvé dans cette lecture, mais dans bien d’autres choses encore, une invite à fermer ce bloc que je tiens depuis près d’un an. Il n’ était qu’un parmi d’autres, avec, même, quelques affidés. Mais il faut du temps pour écrire, et celui que j’ai passé là m’a été, de ce temps-là, trop largement décompté.
Merci à tous mes cliqueurs, lecteurs, zappeurs et commentateurs. Ils me retrouveront peut-être un jour, ailleurs.
Ostensions limousines : un rappel septennal à l’unité
Les Ostensions limousines, ou présentations septennales des reliques des Saints limousins, demeurent encore pour beaucoup de Limousins eux-mêmes un sujet d’intérêt, de conférences sinon de débat.

Ostensions 2002, Aixe sur Vienne
Leur préparation fait l’objet, tous les sept ans et pendant plus d’un an, d’une mobilisation et d’une effervescence assez remarquables, qui en font, de mon point de vue, leur principal intérêt.
Dans toutes les communes ostensionnaires, des groupes se sont constitués, des commissions, des comités ; les gens se sont rencontrés pour organiser les processions, chants, messes, représentations ; pour fabriquer les décorations mises en place au jour dit pour parer les rues, les façades de fleurs et d’oriflammes. Combien de kilomètres de papier, tissu et fil de fer transformés en roses, en glycines, en fanions aux couleurs de chaque blason ? Combien d’heures, aux veillées, passées à les confectionner, par des mains de tous âges ? Combien de réunions, de recherches, de publications, de communications ?
Quand les périodes électorales exacerbent les opinions et pointent leurs différences, les années ostensionnaires en lissent les aspérités et exaltent les ressemblances, la tradition, la continuité.
Par-delà toutes les obédiences, intérêts ou croyances, elles ont le pouvoir de rassembler. Ces occasions-là, il ne faut jamais les manquer.
Dire dans le silence et lire dans le noir : Valentin Haüy, Louis Braille et les donneurs de voix
On fête ces jours-ci le bicentenaire de la naissance de Louis Braille, qui inventa, dans l’institut initialement créé par Valentin Haüy, l’étonnante écriture qui permet depuis aux aveugles de LIRE.
Lire, cela signifie, pour la plupart des hommes, vivre LIBRE.
Libre de pouvoir connaître, comprendre, apprendre, savoir, travailler, s’assumer. On dit souvent, peut-être est-ce vrai, que la privation d’un sens développe l’acuité des autres. L’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher des aveugles sont leur yeux. De ce point de vue, ils ne sont pas atteints de cécité. Relire Diderot.

Orion aveugle cherchant le soleil, Nicolas Poussin
Les technologies nouvelles permettent, notamment au moyen des sons, de revenir en quelque sorte à l’antériorité du Braille : c’est bien, à l’origine, à partir du sonographe de Charles Barbier de la Serre que Louis Braille a développé son invention : on trouve en effet aujourd’hui tout une gamme d’appareils à reconnaissance vocale qui, du passage piétons au téléphone portable permettent aux mal ou non-voyants de vivre normalement.
Mais lire est aussi -et pour certains, est d’abord- un PLAISIR.
Qui ne se souvient de cette mutine Lectrice qu’incarnait si délicieusement Miou-Miou ? On connaît aussi ces (coûteux) livres sonores enregistrés par autant d’acteurs prestigieux. Mais on oublie peut-être tous les “donneurs de voix” qui offrent leur petit talent de lecture, et de longues heures d’attention à de nombreuses associations, au bénéfice de mal ou non-voyants souvent modestes. Mais que reste-t-il à l’aveugle qui devient sourd s’il n’a pas appris le braille ?
J’ai la chance d’avoir, aujourd’hui encore, une très bonne vue. Mes lecteurs aussi, sans doute. Ce ne sera peut-être plus le cas un jour.
L’Association Valentin Haüy offre toutes sortes de possibilités d’aide aux aveugles et mal-voyants : apprentissage, rencontres échanges. Si cela ne nous concerne pas aujourd’hui, cela concerne peut-être quelqu’un, maintenant, tout près de nous.
La guerre sans fin des enfants d’Abraham
Une guerre récurrente qui fait chaque jour, et en cette nouvelle année plus encore, l’objet de sinistres nouvelles.
Pourquoi d’ailleurs cesserait-elle, dès lors qu’elle est portée par une haine incoercible et millénaire, qui surpasse toujours les efforts portés par quelques uns et des plans de paix qui jamais n’aboutissent ?
Depuis soixante ans qu’il existe, l’Etat d’ Israël a su faire, au milieu des conflits, fructifier une terre aride, éduquer ses enfants, leur donner de créer, dans l’effort et la peine mais, aussi, dans la liberté de sa démocratie, une réussite économique et sociale enviable, une prospérité perçue sans doute, ailleurs, comme insolente, puisque, dans cet ailleurs voisin, elle n’a jamais été atteinte.

La Palestine au Ier siècle
Il y a en Palestine comme partout des hommes de bonne volonté qui grâce à Dieu, échappent à cette haine primale fondée, souvent, sur l’envie et la cupidité, presque toujours sur la différence et le déni. Grâce à Dieu, dis-je, celui d’Abraham et donc celui des Juifs, des Chrétiens, des Musulmans. O combien désunis, ces enfants d’Abraham…..
Comment les hommes pourraient-ils prospérer dans une Palestine en proie à ses propres fractures , pour partie galvanisée par un fanatisme religieux qui ne tend qu’à aliéner ses libertés ? Dans quel but, quelles perspectives, sinon d’éliminer son proche voisin. Tuer l’Autre.
Israël a de son côté pour devise de ne jamais revivre Massada
Que peuvent les hommes de bonne volonté accablés par les coups, chaque fois mortels, des ripostes qui suivent les provocations, si ceux qui les dirigent n’acceptent pas, un jour, de se réconcilier ? C’est bien sur cette base, comme le rappelle ici Simone Veil que s’est construite l’Europe, qui vit en paix.
Il n’est pas vain d’espérer que ces deux Etats, dont l’un n’est que partiellement reconnu, puissent enfin, quelque jour lointain, voisiner en paix.
2009, année du Boeuf…..

Je souhaite à tous mes lecteurs une excellente année 2009

