Archives de février 2009
Familles décomposées, recomposées: familles quand même
A l’aube d’une nouvelle loi sur le “statut” des beaux-parents et autres responsables d’enfants non biologiques, les opinions s’agitent et s’opposent, ce qui est naturel et sain. Mais il me paraît tout aussi naturel et sain de considérer que ce sont d’abord les enfants, qui font les familles, elles-mêmes en charge de les élever. Encore faut-il qu’on les considère comme telles, et qu’elles le puissent. Ce n’est pas encore vraiment le cas.
Constater ou savoir qu’un enfant souffre, qu’il doit être soigné et n’avoir aucun droit de le faire, parce qu’il n’est pas le sien ou que son parent (et la Loi) s’y opposent est une situation juridiquement très ambigüe pour un beau-parent. Quid de la non-assistance, si le mal évolue très ou trop gravement ? Cela n’est qu’un exemple, il y en a tant.
Les parents adoptifs sont le plus souvent pétris d’amour pour des enfants qu’ils n’ont pas engendrés. De nombreux beaux-parents aussi, qui reccueillent, avec un nouveau conjoint, les fruits de son ancienne union dissolue par veuvage, par divorce voire par transsexualisation.
Quant à l’homoparentalité, qui fait question à plus d’un titre, elle n’exclut évidemment pas l’amour et l’attention portés par l’un à l’enfant de l’autre ou même à un enfant tiers qu’il contribue à épanouir et éduquer. On voit encore trop d’enfants placés en familles d’accueil au décès de leurs parents qui auraient été sans doute plus heureux chez des oncles et tantes, qui n’ont aucun droit.
Il est réjouissant, dans le monde sens dessus-dessous qui est le nôtre, de voir que sans cesse des familles se composent, même autrement. Au milieu d’elles sont les enfants, plus épanouis et ouverts sans doute qu’avec un parent temporairement isolé, car tout vient, va et bouge.
Le législateur devrait considérer les rôles de ceux qui entourent les enfants, beaux-parents de fait ou d’usage et leur allouer au moins un droit de regard sur leur éducation et surtout, avec les parents, celui d’une concertation.
L’Histoire en série-télé : retour en beauté sur le Passé, composeur d’identité

Muraille de Chine (Empereur Qin)
J’ai beaucoup, souvent, voyagé en Chine. Il m’est arrivé, certains soirs, d’y regarder la télévision. Chinoise, bien sûr. On pouvait y suivre, par séries successives, l’histoire de la Chine dans ce qu’elle avait de plus impérial, cotoyant, comme en piqûre de rappel, celle de sa Révolution, dans ce qu’elle eut de moins délétère. J’avais été frappée alors, cela fait tout juste dix ans, par la fierté nationale dont avaient témoignés devant moi de jeunes et brillants cadres chinois -diplômés d’universités étrangères, anglaises ou américaines-, vis à vis de leur pays à qui ils accordaient d’emblée tous les succès.
C’était à Shanghaï, où l’on venait d’inaugurer le nouvel Opéra réalisé par un architecte français. Ils s’acharnaient à prétendre que l’architecte était chinois. Je n’ai pas insisté plus longuement, lassée par leurs certitudes et pressée par mon emploi du temps. C’est seulement après coup- devant un autre épisode de la même série TV- que j’ai constaté combien est insidieux le spectacle (didactique) qu’un Etat veut donner de lui même au plus grand nombre de ses ressortissants, mais parfois même au monde entier, pour forger, ou réincarner, leur identité.
Notre télévision nationale revient depuis quelque temps sur le sujet de notre Histoire avec la série “Ce jour-là, tout a changé” commencée par celle, bien menée, de l’assassinat d’Henri IV.

Versailles
Cette Nuit de Varennes, montrée l’autre soir, avait tout de même de quoi surprendre les spectateurs ignorants des travaux récents ou limités, pour les plus âgés, aux leçons d’histoire déjà fort anciennes de leur lointaine jeunesse.
Qu’il était donc avenant, ce jeune Roi de trente quatre ans, pétri de culture et de modernité, d’amour pour son pays, (pour sa femme aussi, ce que l’on savait, qui n’était même pas infidèle, ce dont on nous a longtemps fait douter), qui avait encouragé et soutenu la révolution américaine et qui ne rêvait que de science, de découvertes et de paix ! Qu’il était loin de ce portrait infâme de lâche goûlu, aboulique, apathique et quasiment obèse qu’on nous en avait si longtemps dressé !
Au moins aura-t-on pris la peine, ici, de s’inspirer des travaux d’un historien sérieux qui a pris le temps (pas moins de sept ans et près de mille pages) pour établir une biographie minutieuse du souverain tant décrié dans nos livres d’histoire et finalement martyr de la Terreur.
Il nous aura fallu deux cents ans pour convenir que Louis XVI et sa famille ne méritaient peut-être pas leur sort. C’est bien long pour une Terreur qui ne dura, et heureusement, que deux terribles années, et nous marqua du sceau indélébile de peuple révolutionnaire, libérateur mais aussi régicide. Il en a fallu moins de vingt aux Russes, écrasés pendant soixante dix ans sous le joug soviétique et totalitaire, pour réhabiliter leur famille impériale si proche, dans le fond et la forme, de ce que fut notre famille Capet.
On ne parvient jamais très longtemps à “faire du passé table rase”. Il forge nos identités, autant que nos différences et toutes nos contradictions.
Le baptême n’est pas un simple ticket d’entrée
Quelle ne fut pas ma surprise, hier soir au Journal de France 2, de tomber (en cours d’émission) sur un reportage où il était question du baptême des petits-enfants, ou plutôt de sa déshérence sur le sol français.

Porte du Paradis, Baptistère de St-Jean à Florence
Il est évident, et le reportage le montrait bien évidemment à l’extrême, que deux options s’opposent : donner le baptême sans discernement, pourvu qu’on le demande ou bien considérer qu’il s’agit là d’un engagement qui suppose au moins quelque préparation.
C’était la position soutenue par un prêtre dont je n’ai pas noté le nom et qui m’est apparu comme parfaitement conforme à ce que doit être son rôle et à ce que j’ai toujours vu pratiquer.
Ce n’était apparemment pas le point de vue d’un représentant de Golias, revue ou mouvement qui s’annonce comme conciliaire et opposé à toute forme d’intégrisme, mais dont l’option du baptême à tout va, m’a tout de même semblé décalée.
Je venais, l’après-midi même, de tomber sur un commentaire du Père Olivier de La Brosse sur le contenu de cette revue qui adresse régulièrement à l’endroit de l’Eglise, mais surtout du Vatican, des diatribes pour le moins virulentes et dont il se demandait, la question semblant alors (1998) encore pendante, si elle pouvait à juste titre se prétendre catholique. Je me demande ce qu’il faut en penser aujourd’hui.
Nul n’est obligé désormais, par quelque pression sociale que se soit, de souscrire à une religion chrétienne. Afficher son athéisme demeure encore infiniment plus “tendance“, même si nos medias nous annoncent (non sans quelque inquiétude) un retour patent du religieux, là où le sacré serait le bienvenu.
Le baptême d’un nouveau-né n’est pas, comme cela semble être encore le cas pour certains parents un simple ticket, mais le premier des sacrements qui fait, avec eux, entrer leur enfant au sein de l’Eglise, dans la communauté des chrétiens. Cela n’est pas rien.
Pauvre à crédit, suite : le nouveau piège des banques
J’ai eu la bonne inspiration d’aller hier chez le coiffeur : dans ce dernier salon où l’on cause, j’ai appris que rien (et surtout pas la crise) ne pouvait freiner la rapacité des banquiers.
Une de nos grandes banques (que je ne nommerai pas, mais les autres la suivent) a sorti l’été dernier, en plein focus sur les dérives du crédit renouvelable, un nouveau gadget : la carte de paiement alterné. Il faudra être vigilant en sortant sa Visa et préciser la bonne case de paiement : comptant ou à crédit. Car ce crédit (renouvelable) sera tout aussi (ou presque) ruineux que celui qui a mis l’Américain moyen par terre et avec lui tout un système.
Le scandale, car c’est véritablement un scandale, est qu’il est quasiment impossible aujourd’hui d’obtenir un prêt, beaucoup moins rentable pour ceux qui sont censés les octroyer que l’offre permanent de renouvellement.
Mon audience étant extrêmement limitée et les commentaires à mes billets presque inexistants, je gage que cette alerte, que je voudrais écrire en rouge, aura bien peu d’effets. Las ! une protestation massive serait pourtant opportune, quand de part et d’autre de l’Atlantique on cherche à coup de milliards, à renflouer une économie croulant sous la perversité.
Je n’aurai qu’un mot, un conseil : surveillez vos arrières, vos arrierés et surtout faites vos comptes !
Le ciel sous la tête avec Marc Dugain
Sept histoires d’hommes (et de femmes) d’aujourd’hui, qui nous livrent, non sans humour, le triste constat que Marc Dugain fait de notre monde et, en sept couleurs, de façons d’y vivre : en retrait, en phase, en décalage, en opposition, en ville, en province, (en France et ailleurs) et presque toujours, au bout du compte, seul.

Nuages sur la Dordogne
Se mettre “dans la peau de” est le privilège de tout créateur, même si c’est la sienne. Le bilan que nous en livre ici cet auteur inspiré n’en est que plus réjouissant : au moins n’est-il dupe de rien, ni surtout de lui-même.
Le voilà bien, ce monde où nous vivons, qui a balancé au vent de la modernité ce qui longtemps lui donnait sens : réserve, pudeur, lenteur, patience et longueur de temps, en toutes choses. Mais le monde, tel qu’on le voit à cinquante ans prend toujours la couleur d’un bilan qu’à soixante, on a rangé dans un tiroir pour profiter, si on le peut, du temps qui reste.
C’est bien ce que je fais d’ailleurs, et ce genre de lecture contribue à mon bien-être et à mon bonheur de lecteur : on passe là un bon moment tout en se disant que, peut-être, de plus jeunes le liront et sauront voir, entre les lignes, l’inanité de ce que souvent ils vénèrent, à commencer par l’image ou la représentation de comportements que l’air du temps les a contraints à adopter.
Tout cela n’est, au fond guère optimiste et ne saurait faire oublier toute la gamme de nuances qui pour nous viennent se glisser entre les sept couleurs de cet arc en ciel. Celles de nos vies souvent ordinaires, remplies de diversité, d’amour, de tendresse, de partage, de joies, de peines mais pas forcément de grandeur, de réussite ou de succès.
Le refus de croissance, un luxe impossible pour ceux qui n’ont rien
Ce qui fut, depuis au moins quarante ans, une mode limitée à quelques groupuscules de contrôler voire rejeter toute forme abusive de Consommation, serait en passe de devenir un modèle de comportement pour des tranches de plus en plus étendues de Français, et pas seulement.

Hierarchie des besoins humains (Pyramide de Maslow)
Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, en temps de crise- et celle que nous n’avons pas encore fini de vivre promet d’être assez fameuse – “l’objection de croissance” ne concerne que les mieux nantis. J’ai encore à l’esprit ce vieux souvenir, la fameuse pyramide de Maslow qui définit, en quelque sorte, la gradation des besoins humains.
L’impact de l’Ecologie, (suivant Haeckel) indépendamment des enjeux politiques qu’elle représente et dont je me garderai bien de parler ici, a tout de même fini par se faire sentir comme en témoigne le récent rapport Mc Kinsey. Je ne peux que m’en réjouir, n’ayant jamais été moi-meme adepte ni usager de toutes sortes de gaspillages.
Gaspillage est le terme le plus approprié pour définir la plupart de nos comportements pendant les cinq dernières décennies, en terme de consommation d’énergies, de matières ou d’objets et certainement plus encore de potentiels humains. Mais en revenir, comme cela semble être en cours aujourd’hui signifie aussi en avoir déjà largemet profité.
Je ne peux donc m’empêcher de penser ici à ceux qui, au bas de l’échelle, ont toujours faim, n’ont pas d’eau (et moins encore courante) ni même de lieu fixe et surtout paisible où ils pourraient tenter de vivre, fût-ce seulement sur leur propre modèle, celui d’une culture qui ne sera jamais la nôtre. Certains sont déjà dans ce cas chez nous, je les évoqués ici. Ils ne demanderaient pas mieux, certains d’entre eux du moins, que de pouvoir “consommer” ne fût-ce que a minima.
Comme le chantait Léo Ferré il y a si longtemps déjà, “les temps sont difficiles….”. C’était à l’époque où la Chine, une grande partie de l’Inde dormaient encore. Si pour elles les temps sont devenus et deviendront encore (probablement) meilleurs, c’est bien à leur croissance qu’elles le doivent. C’est généralement le cas de tous les pays qui peuvent offrir à la plus grande partie de leurs habitants un certain niveau de bien-être et de prospérité qui ne s’épanouissent à terme que dans la paix et un certain nombre de libertés.
Si le tropisme exercé sur le monde par l’Orient est en voie de supplanter celui de l’Occident, il me semble (bien modestement) beaucoup plus opportun de modifier notre type de croissance que de souscrire à son refus. Les conséquences n’en paraissent que trop évidentes. en tous cas pour nous.
Vénus & Apollon (2) sur Arte, n’oubliez pas de coucher les enfants
Tonie Marshall, qui a pu ajouter à son talent un gros budget, ne nous épargne ici rien de ces petites turpitudes qui ont la faveur des “publics” : gravelle, fraude, crime, vengeance, violence, sexe à tous les niveaux et, last but not least, une incroyable perversité. Ces ingrédients, finalement communs à toutes séries B, sont traités ici une qualité (scenario et excellence de jeu des acteurs) qui rendent son impact d’autant plus redoutable.

Hermaphrodite endormi, G.Bernini (Louvre)
Car on se laisse prendre à une intrigue qui, quoique récurrente, fait assez date pour figurer chez Wikipedia, au même titre que ‘autres séries d’Outre-Atlantique que je ne citerai pas ici. Cette saison a nous dit-ont été conçue de la même manière. Pour le même résultat ?
Certes, on ne verra ici qu’un aperçu sociétal assez limité à un environnement précis, mais qui en fin de compte relie entre elles des couches de notre société bien plus diverses qu’il n’y paraît. Ce qui se passe là (à Paris) peut se passer ailleurs, dans l’indifférence la plus totale. N’y aurait-il plus guère, aujourd’hui, que des intégristes pour s’offusquer de l’état (exhibé) de certaines moeurs ? Qu’en pensent les parents ?
Alors que l’on ne parle que de protection de l’enfance, il serait peut-être opportun de se demander pourquoi cette série, à l’instar de celles qui animent les écrans plus visibles d’autres chaînes aux mêmes heures de grande écoute, n’est pas elle aussi affublée en bas d’écran de la mention habituelle du CSA.
-10 (moins de 10 ans) en limiterait peut-être certains dégâts.
A moins qu’il ne soit trop tard, et depuis bien longtemps déjà.
Certains Matins sur France-Culture … on part écouter RTL
On l’aura compris, il y a longtemps que j’écoute France-Culture. Pour une bonne et simple raison : pas de publicité commerciale et nombreux centres d’intérêt.
L’éloge du savoir, par exemple, qui permet aux plus isolés de suivre, comme s’ils y étaient, des cours du Collège de France ou de telle Université où un Maître de son domaine aura professé.
Les enjeux internationaux, dont Thierry Garcin, autre maître du genre, rend pour nous presque lumineux les méandres obscurs.
Et toujours, ces Matins, autrefois animés par Jean Lebrun qui avait tant d’égards pour nos campagnes et ceux qui vivent bien loin de tous ces petits feux parisiens.
Las, que ces Matins m’agacent, qui ont pris avec ses successeurs d’autres couleurs, trop vives et parfois si acides.
Ces chroniqueurs, dont on se demande parfois s’ils sont là par pure estime (les petits copains) ou parce qu’ils ont vraiment quelque chose à dire qui ne concerne pas qu’eux-mêmes. Du fiel, le plus souvent répandu sur d’autres. Certains, la plupart même, rêvent encore au “Grand Soir”, comme cette Clémentine Autain qui vient tous les jeudis déverser sa bile amère sur ce qu’ont pu faire, pendant la semaine, les gouvernants. Quoi qu’ils aient pu faire d’ailleurs, qui ne soit pas conforme au rêve stalinien.
Ce qu’il y a de bien, dans ces Matins, c’est la tranche d’âge : aucune n’est laissée en chemin. Il y a les vieux camarades comme Catherine Clément, les libres-penseurs très matures, tel A-G. Slama qui est décidément partout, ou Marc Kravetz, ce fin portraitiste dont la diction, un comble pour la radio, devient chaque jour plus inaudible. J’allais oublier la jeunesse de Mademoiselle de Kervasdoué qui fait rarement dans la dentelle dans sa revue de presse internationale.
Ces Matins donc, autour de notre beau Normalien, allez, vous savez bien, cet Ali Badou si prisé, ces matins, donc, ressemblent de plus en plus au premier salon où l’on cause, et où l’auditeur que je suis se demande ce qu’il est venu faire ici où rien ne réjouit vraiment que la critique et la révolte mais où manque cependant l’ingrédient suprême à qui tient salon : le sens du Ridicule qu’il faut conserver pour soi-même.
Ali Badou recevait ce matin l’auteur d’un livre que Nancy Huston elle-même porte semble-t-il aux nues : il relate ses années de prison après un casse manqué. Voilà donc comment aujourd’hui remporter un succès, une présence sur les plateaux et sur les ondes, à commencer (peut-être) par celles de France Culture, et ses salons très parisiens où l’on s’émeut de tant d’innocence : vols, exactions meurtres qu’importe, s’il font au moins un bon livre. Affligeant.
J’ai fini par tourner le bouton pour retrouver, sur RTL, un Jean-Michel Apathie toujours incisif mais surtout moins enclin à s’esbaudir devant les turpitudes et à passer, comme tant d’autres, de la rhubarbe au séné.
Les “Habits neufs” du Secours Catholique
Simon Leys me pardonnera je l’espère un titre un peu tapageur, compte tenu de ce qu’il évoque, car il n’y a certes ici aucun tapage à annoncer.
Une remise en ordre peut-être. Et à l’heure où le seul mot de “Catholique” finit, dans un déplorable amalgame, par être plutôt stipendié, il me semble opportun de donner de l’écho à cette mission concrètement charitable, ancrée tout à la fois dans la réalité politique et sociale et dans celle, infiniment ouverte et tolérante, du message ecclésial d’amour du prochain.
Une mission redéfinie depuis un an par son Président, François Soulage et qu’il a dernièrement, dans mon journal préféré, fort bien rappelée.
La très large part qu’y prennent nombre de personnes de mon entourage m’y invite aussi, car il semble que, bien trop souvent encore, la notion de charité chrétienne demeure assez obscure pour tout un chacun. La définition d’un bénévole me semble de ce point de vue appropriée : “la charité chrétienne, c’est l’amour de Dieu en action“. L’action ne concerne évidemment pas, ici, la seule aide matérielle ou morale généralement offerte à chaque personne brisée, mais bien, et c’est là toute la différence, la recherche, en lui, de son humanité.
On a longtemps considéré, et c’est encore le cas dans certaines provinces, que l’oeuvre charitable émanant de bonnes personnes ne s’adressait d’abord qu’à leurs protégés, jugés par elles dignes de recevoir leur aide et, parfois, leur attention. De ce point de vue, les catholiques ne sont plus, et depuis bien longtemps, ce qu’ils étaient. Sans doute trouve-t-on encore chez certains intégristes de tels ouvroirs et de tels censeurs. Je renvoie mes lecteurs au poids de souffrance que ceux-ci infligent encore à notre Eglise.
Le bénévoles du secours catholique, aujourd’hui, sont gens de tous âges, origines et conditions. Ils ont pour mission première de chercher, jusque dans le dernier des exclus, le rebut, le barbare de notre société cette lumière souvent aveugle qui subsiste chez certains d’entre eux, ce fil ténu qui les relie encore à leur nom d’Homme, dans un monde qu’ils ont rejeté ou qui les a bannis.
C’est donc bien au-delà de l’aide matérielle, souvent substantielle qu’on accorde en général aux malheureux, que se situe la mission des bénévoles du Secours Catholique. La nécessité de cette aide leur est dans la plupart des cas signalée par les services sociaux qui en jugent sur d’autres critères. Il en faut. Tout autant que, budget oblige, il faut pour ces services que la morale s’en mêle. Celle d’une justification. D’un seuil social de pauvreté. Hors de ce cadre, toutes les charités sont bienvenues, qui donnent. Mais la détresse, pour un catholique, se mesure aussi sur d’autres critères que ceux de budgets ou de dons requis.
Il y a, face à la Misère, quelque chose d’autiste, un double regard qui fuit.
Grâce soit donc rendue ici à tous ceux qui ont cet élan, ce courage, cette Foi qui leur permet d’aller vers ces gens de la rue, dont j’ai déjà parlé ici, les plus meurtris, les plus repoussants de cette lie humaine qui nous afflige, nous indigne ou nous questionne et qui le plus souvent rejette une aide jugée par d’autres nécessaire.
Grâce leur soit rendue ici de regarder les pires d’entre eux, de chercher dans ces visages, ces discours fracassés la trace de ce qu’ils ont été, qu’ils n’ont pourtant pas cessé d’être, ailleurs, ici : ceux de tous les hommes, universels enfants de Dieu.
Blog readers : where are they coming from, d’où viennent-ils, les lecteurs de blogs ?

Ecrire........dire
I have no way to know where exactly my readers live, nor who they are as their comments are scarcely left. However, I wish there was only one, I would enjoy keeping on blogging. Virginia Woolf never wrote to seduce , as she said. I really like her aphorism, that I had to comment long ago in my highschool times. Writing is to me kind of a necessity, the very way to feature my thought, and also to answer The question “What have you done of your talent ?”, as it is about the only one thing I can do, that I am very pleased to share on here.
In that big ocean of words, it is just so amazing to be once found.
Thank you for your visit !
Merci à tous mes lecteurs !


