Annotations discrètes

Réflexions et commentaires sur l’actualité culturelle, sociale et religieuse

Archives de juin 2009

journalistes et chroniqueurs : le plus aimable d’entre eux : Alain Remond

sans commentaires

Avant de clore ces lignes, et cette fois définitivement, je voudrais rendre hommage à Alain Remond, dont l’homonymie ne cesse de me rappeler le regretté René et l’acuité de son dernier ouvrage.

Chaque matin, Alain Remond nous livre dans son huitième de page une vision réjouissante d’un quotidien où l’absurde le dispute généralement au ridicule, fût-il tragique, tant nos vies  sont aujourd’hui harcelées par une surenchère de contraintes sociales, culturelles, économiques et commerciales. Du moins avons nous le pouvoir (mais surtout le droit) d’ en rire.

Dans la paix de notre petit hexagone, où nos medias s’agitent en coeur pour dénoncer des manques ou des excès de tout ce qui ferait, dans tant de dictatures et autres théocraties, figure de grands bonheurs (nos libertés, notre justice, notre éducation, notre santé, etc..), Alain Remond présente cette vertu immense de chercher chaque jour ce qui nous replonge, avec bonheur, dans le réel de notre quotidien heureux.

Sans acidité ni acrimonie, il nous ramène à nos rassurantes limites, celles dans lesquelles nous avons le  pouvoir de pinailler sur le superflu quand l’essentiel est quasiment garanti.

Nous ne savons souvent de l’état du monde que ce que les medias nous en montrent, ce que les “experts” nous en disent, mais nous voyons ce qui autour de nous le transforme, l’améliore, le dénature ou le détruit. Nos repères évoluent dans un monde qui change, qui n’est plus tout à fait le nôtre,  où parfois nous nous sentons perdus.

Alain Remond nous offre chaque matin dans lecture de sa chronique deux minutes  d’évasion et de retour au sens, deux minutes qui n’ont pas de prix.

A lui et à mes lecteurs, je dis simplement : MERCI.

Rédigé par Anne A. Mitteau

Vendredi 26 juin 2009 à 16 04 39 0639

Tourbillons ibériques : Pedro Almodovar, Carlos-Ruiz Zafon

avec un commentaire

Ombreduvent

A peine remise du spectacle des  “Etreintes brisées” d’Almodovar, remarquable enchevêtrement de passions humaines et castillanes, je tombe par hasard, comme c’est souvent le cas, sur un livre dont le titre, magique, m’invite à la lecture. Sans doute vais-je apparaître bien naïve aux yeux des hispanistes, et peu “actuelle” aux yeux des autres, mais la culture ibérique m’est,  je l’avoue,  presque étrangère : je n’en connais que les  grandes lignes. Quant à la nouveauté, elle n’a ici aucun sens : les bons livres n’ont pas d’âge. Et celui de Carlos-Ruiz Zafon (2001) pourra se lire encore longtemps.

Cette “Ombre du Vent” plonge le lecteur dès les premières lignes dans ce qu’il  convient d’appeler un émoi haletant et une insatiable curiosité : il ne s’agit ici que de livres oubliés, de passions,  littéraires et humaines et du fil ténu qui sépare et relie le réel de l’imaginaire autour d’une même histoire,  en progrès,  que renouvellent chaque fois de nouveaux éclairages. Sans doute n’y a-t-il là rien d’exceptionnel, -  l’auteur, plein d’un humour sagace, n’hésite pas à évoquer dans ses pages Hector Malot !-(même si l’on pense à Kurosawa) , et l’humour qui fait une part inhérente du livre, comme Barcelone elle-même,  certains personnages mythiques de la littérature hispanique, la fluidité du style – et, il faut le souligner, la remarquable traduction de François Maspéro en font, de mon modeste point de vue, un ouvrage à lire, à faire lire et à conserver.

Certains n’ont pas hésité à dire que Carlos-Luis Zafon avait reçu le Prix Planeta, par confusion sans doute avec son éditeur (Planeta). Je me réjouis en tous cas d’apprendre que ce jeune auteur prolixe a rencontré avec ce livre,  qui n’est pas le dernier sans doute de ses livres pour adultes,  (il a surtout écrit pour la jeunesse)  un succès considérable, bien avant celui emporté – post mortem – par Stieg  Larson dont j’ignore s’il n’est pas, lui, finalement mort usé d’avoir dénoncé le vice et l’horreur qu’il voyait partout.

Certains tourbillons sont plus gratifiants que d’autres, et quitte à briser là quelques heures ou encore quelques jours,  voilà deux voyages qui valent, sincèrement,  le détour….

Rédigé par Anne A. Mitteau

Lundi 15 juin 2009 à 18 06 09 0609

L’Europe aux couleurs Nature, une bonne nouvelle !

sans commentaires

Europe, verte et bleue

Europe, verte et bleue

Réjouissons-nous, l’Europe sera verte et bleue, aux couleurs de l’Eau, aux couleurs du ciel. Les projets construits ont triomphé de tous les discours creux, de l’opposition stérile, des vanités perfides, des attaques personnelles systématiques et de leur exténuante redondance. On nous dit que c’est la première fois, depuis quarante ans, qu’une majorité présidentielle franchit positivement le cap d’une telle élection. Ce n’est pas un hasard, mais une conséquence. Celle du travail accompli par une “politique d’ouverture”, la volonté, le courage et la ténacité de l’avoir initiée en sollicitant, là où elles se trouvaient, des compétences,   des énergies que d’autres n’auraient pas exploitées parce qu’elles n’étaient pas “de leur camp”. M. Sarkozy, moqué, agoni voire maudit de toutes parts depuis son élection  a donc indirectement triomphé de tous ses détracteurs : le bon sens existe donc encore, en France. C’est une bonne nouvelle. Même si trop de suffrages n’ont pas été donnés.

Je pense ici à tous ces peuples qui rêvent de démocratie, de  liberté, celle  de voter pour d’autres candidats et d’autres programmes que ceux que leurs pays imposent. Ils seront de plus en plus  nombreux encore, ces migrants excédés de conflits, d’injustice, de misère qui se ruent sur nos terres de Paix et de prospérité. Ils savent bien, eux, ce qu’est l’Europe et ce qu’elle signifie. Dommage que chez nous comme ailleurs on ne s’en soucie guère. Ou pas assez bien.

Rédigé par Anne A. Mitteau

Lundi 8 juin 2009 à 17 05 27 0627