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réflexions et commentaires sur l’actualité littéraire, politique et religieuse

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Ces catastrophes que la Terre nous impose comme leçons d’humilité

Publié par Anne A. Mitteau sur 13 mai 2008

Heureux les temps plus anciens où les nouvelles du monde ne nous parvenaient qu’avec lenteur, souvent après analyse, presque toujours avec mesure. Mais la mesure, aujourd’hui, est celle d’un monde immédiat et universel où chaque évènement peut-être vécu simultanément par tous ceux qui accèdent à l’information, soit aujourd’hui déjà près d’un milliard d’internautes, et près du quart de la population mondiale dans les trois ans à venir. La moitié de la population française est aujourd’hui connectée.*

La première décade de notre mois de mai offre à elle seule un panel de désastres assez terrifiant : cyclone meurtrier en Birmanie, tornades ravageuses aux Etats-Unis, puis un séisme majeur en Chine, dont les ondes continueront un certain temps à se propager avec autant de ruines et de détresses induites.

La liste ne sera jamais exhaustive de tous les malheurs qui nous assaillent, nous-mêmes et tous nos semblables, contre lesquels nous sommes le plus souvent complètement impuissants et dont la connaissance immédiate et redondante risque davantage, à terme, de nous incliner au repli plus qu’à la compassion à laquelle l’Espérance nous invite et que la Charité nous impose.

Il est probable que de tous temps et en tous lieux, la Terre a produit tout autant de ces éclats que nous avons très longtemps ignorés. Aujourd’hui, il suffit de se connecter à un site spécialisé (voir lien ci-contre) pour suivre pas à pas ces évolutions, qui sont considérables et terrifiantes, et dont les plus catastrophiques sont un tropisme juteux pour les medias, toujours avides de fournir à leurs spectateurs ce sang et ces larmes qu’apparemment ils attendent et qui les fascinent, tant il est vrai que la violence (et sa représentation) sont consubstantielles à notre nature** pour assumer notre combat vital et assouvir nos vanités.

Bien loin hélas de l’humilité que devrait nous imposer la conscience de notre fragilité. Celle de toutes ces vies perdues ou brisées, celles des autres, mais tout aussi fatalement les nôtres dont aucune n’échappe, quelque jour, à un malheur.

* étude Nielsen-MediaRatings pour JournalduNet (2007)

**voir Werner Balzer, La sensorialité et la violence in Revue française de psychanalyse, 70,2006,1

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Mourir de faim

Publié par Anne A. Mitteau sur 3 mai 2008

Du point de vue purement médical, mourir de faim suppose une lente et douloureuse agonie qui peut durer de 8 à 12 semaines. Du point de vue éthique et religieux, c’est tout simplement inacceptable dans le monde qui est aujourd’hui le nôtre.

Je ne suis pas économiste et ne m’avancerai pas sur les causes d’une famine qui se profile à notre horizon dans les contrées moins heureuses que la nôtre. Même si aucune époque n’a de ce point de vue été épargnée, mourir de faim dans un monde qui offre par ailleurs tant de prospérité ressortit du simple scandale, de la honte, d’une insulte à l’humanité et à son Créateur. Ceci étant, les famines ont souvent pour causes d’autres fléaux que ceux que la nature a toujours imposées, toutes époques confondues.

Le XXème siècle a été le terrain d’une idéologie dont sont encore victimes (Corée du Nord, Cuba ou à présent le Népal) quelques malheureuses nations. Les famines plus ou moins orchestrées* en Ukraine dans les années 30 ou en Chine trente ans plus tard en témoignent. On évalue pour celles-ci l’hécatombe à plus de 35 millions de morts.

De ce point de vue, la carte de la faim, établie par la Food and Agriculture organization (FAO) pointe les zones à risques, au centre desquelles l’Afrique, lieu de conflits incessants et de catastrophes écologiques, détient aujourd’hui le triste record.

On peut donc s’interroger sur le rôle que la plupart des Etats ont bien voulu accorder au travail de leurs démographes, qui ont sans aucun doute largement prévu, et depuis assez longtemps, ce que serait à peu de choses près la situation du Monde aujourd’hui, de sa population et donc de ses besoins vitaux. On imagine mal en effet une quelconque prospective qui ne tiendrait pas compte, en la matière, des études rigoureuses et détaillées réalisées ici et là par par tant de chercheurs sérieux. On peut d’ailleurs se faire une idée (voir le site de prospective de population de l’ONU) de ce qu’il pourrait être demain. Dommage qu’on y ait pas pensé plus tôt, car nous avons aujourd’hui en la matière, à ce qu’on dit, vingt ans d’erreurs derrière nous.

S’il devient difficile pour les pays nantis d’assumer leur devoir d’assistance, il est effarant de savoir que dans certains Etats, pour le plus grand malheur de leurs peuples, les dirigeants ne prévoient ni ne gèrent que pour eux-mêmes le pouvoir et ses attributs dont ils profitent abondamment, sans égard pour leur propre pays ni ses populations. Que des fortunes, parfois fondées sur l’aide humanitaire internationale, souvent sur le détournement de fonds publics, s’amassent hors de leurs frontières et se dépensent … chez nous.

Ceci étant, c’est aujourd’hui que des hommes, des femmes, des enfants, ici ou là, meurent de faim. C’est là le signe d’un mépris inqualifiable. De la science, de la connaissance, de la volonté, de la liberté et du travail des hommes.

* conséquences directes gestions totalitaires

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Zhu Xiao Mei : retour vers la Vézère

Publié par Anne A. Mitteau sur 4 avril 2008

J’ai eu la chance de rencontrer Mme Zhu Xiao-mei au Festival de la Vézère, en 2004 je crois. Ou était-ce plus récent ? Le programme avait été modifié au dernier moment, ce qui m’avait permis, avec quelques amis, de trouver facilement des places dans un Festival où elles sont souvent rares, en dernière minute.

Nous avions été subjugués, dans cette assistance, par la sobriété de cette femme discrète qui, installée devant le clavier du Steinway “de service” s’était lancée sans s’interrompre dans l’interprétation intégrale des Variations Goldberg.

Nous étions les uns et les autres plus ou moins accoutumés à l’interprétation parfaite de Glenn Gould, qui revendiquait d’ailleurs cette perfection issue, à l’enregistrement, du montage des meilleures versions. Pour ma part, je n’ai jamais entendu Glenn Gould en concert.

Quelle transcendance, dans l’interprétation de Mme Zhu ! Non qu’elle fut parfaite : est-il possible au meilleur virtuose d’être parfait cinquante minutes durant ? Mais elle était stupéfiante d’authenticité.

Avant de procéder à l’interprétation, Mme ZHU nous avait très simplement signalé que ces variations étaient pour elle, au-delà de l’oeuvre, la représentation de sa vie elle-même. Et quelle vie ! Elle l’a racontée dernièrement dans son autobiographie, ouvrage remarquable au milieu de tant d’autres qui ont dénoncé et dénoncent encore les dégâts causés par le sieur Mao, à l’instar de tant d’autres dictateurs, en Chine et ailleurs.

La rivière et son secret est, au-delà du simple récit de toutes les exactions subies par les victimes de toutes les révolutions, une merveilleuse leçon de musique et d’humanité.

La musique qui lui a été apprise, puis retirée, telle qu’elle l’a vécue, puis retrouvée. L’humanité perdue par toute une génération manipulée, la sienne, puis retrouvée au détour d’une conscience qui pour chacun, finit par se réveiller. Valeurs d’universalité.

Une ode à cette universalité que Mme Zhu a tenté de retrouver ensuite dans nos cathédrales catholiques, pour son plus grand désarroi. Car elle y a constaté à quel point le Communisme dont elle a été victime, avec tant d’autres millions de personnes, s’était inspiré du message évangélique d’amour, de paix et de partage, pour en détourner la substance au profit d’une normalisation des individus parfaitement contraire à l’esprit de Liberté qui est celui du message chrétien.

Mme Zhu Xiao-Mei a eu la chance de trouver sur son chemin quelques amis véritables qui l’ont accueillie, écoutée, guidée vers la nouvelle vie qu’elle mène depuis vingt ans déjà. Elle les évoque très discrètement dans son ouvrage.

Les organisateurs du Festival de la Vézère en Limousin en font partie, et je me réjouis de pouvoir, l’été prochain, retrouver là-bas le plaisir d’écouter à nouveau Zhu Xiao-Mei dans son interprétation des Variations.

Il y a urgence à ne pas la manquer.

Zhu Xiao-Mei : Festival de la Vézère, Eglise de Saint Ybard, le 5 aout 2008 à 19 h

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