Annotations limousines

réflexions et commentaires sur l’actualité littéraire, politique et religieuse

Archive pour 'Espérance' Categorie


Thérèse (d’Avila), Julia (Kristeva) et Sylvia (psychanalyste) : Analyse humaniste de l’extase mystique

Publié par Anne A. Mitteau sur 16 juillet 2008

Je quittais la Vie de Sainte Thérèse d’Avila de Marcelle Auclair au moment même où les éditions Fayard livraient, en avril dernier, le volumineux essai-roman de Julia Kristeva Thérèse, mon amour. J’avais peu avant encore contemplé, à Rome, son extase par Le Bernin. Comment résister à cette nouvelle approche ? Las, je crains que l’été entier ne me soit suffisant pour parvenir, dans une compréhension totale, au terme des 700 et quelques pages de ce savant ouvrage que tout dans le propos d’ Antoine Perraud invite à lire. (La Croix, 9 avril 2008). Qu’allais-je, d’ailleurs, imaginer ?

J’avais trouvé admirable, dans ma première lecture, l’attitude des hautes instances religieuses qui avaient à débattre, face aux manifestations somatiques présentées par la religieuse, de son éventuelle possession.

“C’était devenu pour eux une sorte de manie que de lui imposer d’expliquer son âme aux experts de leur choix (…) sans compter tous ceux pour lesquels elle avait été priée d’écrire une confession générale. Tous l’approuvèrent. Le P. Ibanez écrit même : je ne puis faire autrement que de la tenir pour sainte.“1

Expliquer son âme. La tournure n’est pas anodine, quand on sait par quels tourments physiques les mystiques doivent passer. Par quelles délices aussi, apparemment. Même si les vertiges de la chair sont ici transcendés. Même si, à en croire l’analyse, ils ont bien été ressentis.

La Foi fascine ou interroge ceux qui ne l’ont pas. Mais le mysticisme interroge aussi bien ceux qui la possèdent. Car on peut Croire sans être mystique. Sans stigmates. Sans extase. En toute liberté (intérieure). Ingrid Betancourt, icône de tant de laïcs, vient, très largement, d’en témoigner.

L’imposant travail mené depuis longtemps par de Julia Kristeva ( voir ici.) l’a semble-t-il menée à l’approfondissement, abouti, qu’elle nous propose ici.

“Le temps est venu”, confiait-elle à La Croix, “de reconnaître, sans craindre de “faire peur” aux fidèles ni aux agnostiques, que l’histoire du christianisme prépare l’humanisme. Bien sûr, l’humanisme est en rupture avec le christianisme, mais à partir de lui… » C’est sur le terrain de cet humanisme que Julia Kristeva se sent proche du christianisme, notamment quand il s’engage aux côtés de l’homme souffrant : « Le christianisme est la seule religion qui “tutoie” la souffrance, qui l’apprivoise. »*

« La psychanalyse n’explique ni ne juge rien, elle se contente de transformer. » dit encore Mme Kristeva. C’est par là qu’elle révèle son affinité avec le christianisme. Une approche infiniment respectueuse de la complexité de l’humain.*

En fait, il y a un certain temps déjà que prêtres et théologiens s’intéressent de très près à l’approche psychanalytique de la foi et à ses manifestations. Certains ouvrages ont été de ce point de vue retentissants, comme le Kleriker Psychogram eines Ideals, un peu arbitrairement traduit chez nous par Fonctionnaires de Dieu de Eugen Drewermann (1989). Tout récemment encore, les travaux du père Antoine Vergote ont fait l’objet, en 2006, d’une thèse imposante : “l’anthropologie théologique à la lumière de la psychanalyse” de Jean-Baptiste Lecuit

Les chemins de la connaissance sont multiples et variés et toute tentative d’explication trouve sa nécessité dans le besoin de comprendre, mais sans doute aussi de convaincre.

Sans doute faudra-t-il longtemps encore expliquer ce qu’est, après le besoin, la joie de croire et la force d’espérer, car la grâce, n’en est donnée, elle, qu’à certains.

1. Marcelle auclair : Vie de Ste Thérèse d’Avila, Paris, ed. du Seuil ; Livre de Vie, 1960 ; p. 120

* cité dans La Croix

Publié dans Actualité, Catholiques, Christianisme, Eglise, Engagement, Espérance, Foi, Information, Lecture, Littérature, société | Taggé: , , , , , , , , , | Aucun commentaire »

Ségo : Haine recuite ; Ingrid : Amour total

Publié par Anne A. Mitteau sur 5 juillet 2008

AFP via yahoo actualités

source : AFP via yahoo actualités

Mme Betancourt rayonne d’amour pour tous ceux, dont la France, qui ont aidé à sa libération. Elle nous impressionne tous par sa sincérité, sa dignité, son courage et sa tenue. Par sa disponibilité quand elle n’aspire probablement qu’au repos. Par l’attention qu’elle porte à tous ceux qui sont restés et par son engagement à les sauver. Par cette Foi, qui l’irradie et que comprennent bien ceux qui la partagent.

LEMONDE.FR | 04.07.08
Reuters via yahoo actualités

source : Reuters via yahoo actualités

Au Québec, Mme Royal a perdu une occasion de se taire. La haine hystérique qu’elle voue à son ex-adversaire, Président,  lui a fait perdre tout contrôle. Et toute dignité. On est malheureux pour elle, toujours otage de son propre ressentiment. Son “homologue” * franco-colombienne fut certes sauvée, en dernier ressort, par son ancien challenger le Président Uribe . Mais aussi par tout ce qui a été mené en amont ici, ce qu’elle a elle-même abondamment rappelé, et par l’Espérance, qui ne les a jamais quittés, elle et tous les siens.

Quant à ses ennemis, Mme Betancourt déclarait elle-même le 3 juillet 2008

« J’ai vu le commandant, qui pendant tant d’années a été responsable de nous, et qui en même temps a été si cruel avec nous. Je l’ai vu au sol, les yeux bandés. Ne croyez pas que j’étais joyeuse, j’ai senti de la pitié pour lui, parce qu’il faut respecter la vie des autres, même s’ils sont vos ennemis. » (source : La Croix)

M. Hollande aura eu le mérite de rappeler qu”il y a des causes qui dépassent les clivages, les sensibilités”, une distinction dont son ex-compagne n’a, de toute évidence, pas pris la mesure.

* du seul point de vue de leurs candidatures aux élections présidentielles dans leurs pays respectifs

Publié dans Actualité, Engagement, Espérance, Foi, Information, Presse, Réseaux, Sécurité, société | Taggé: , , , , , , | 1 Commentaire »

Ces catastrophes que la Terre nous impose comme leçons d’humilité

Publié par Anne A. Mitteau sur 13 mai 2008

Heureux les temps plus anciens où les nouvelles du monde ne nous parvenaient qu’avec lenteur, souvent après analyse, presque toujours avec mesure. Mais la mesure, aujourd’hui, est celle d’un monde immédiat et universel où chaque évènement peut-être vécu simultanément par tous ceux qui accèdent à l’information, soit aujourd’hui déjà près d’un milliard d’internautes, et près du quart de la population mondiale dans les trois ans à venir. La moitié de la population française est aujourd’hui connectée.*

La première décade de notre mois de mai offre à elle seule un panel de désastres assez terrifiant : cyclone meurtrier en Birmanie, tornades ravageuses aux Etats-Unis, puis un séisme majeur en Chine, dont les ondes continueront un certain temps à se propager avec autant de ruines et de détresses induites.

La liste ne sera jamais exhaustive de tous les malheurs qui nous assaillent, nous-mêmes et tous nos semblables, contre lesquels nous sommes le plus souvent complètement impuissants et dont la connaissance immédiate et redondante risque davantage, à terme, de nous incliner au repli plus qu’à la compassion à laquelle l’Espérance nous invite et que la Charité nous impose.

Il est probable que de tous temps et en tous lieux, la Terre a produit tout autant de ces éclats que nous avons très longtemps ignorés. Aujourd’hui, il suffit de se connecter à un site spécialisé (voir lien ci-contre) pour suivre pas à pas ces évolutions, qui sont considérables et terrifiantes, et dont les plus catastrophiques sont un tropisme juteux pour les medias, toujours avides de fournir à leurs spectateurs ce sang et ces larmes qu’apparemment ils attendent et qui les fascinent, tant il est vrai que la violence (et sa représentation) sont consubstantielles à notre nature** pour assumer notre combat vital et assouvir nos vanités.

Bien loin hélas de l’humilité que devrait nous imposer la conscience de notre fragilité. Celle de toutes ces vies perdues ou brisées, celles des autres, mais tout aussi fatalement les nôtres dont aucune n’échappe, quelque jour, à un malheur.

* étude Nielsen-MediaRatings pour JournalduNet (2007)

**voir Werner Balzer, La sensorialité et la violence in Revue française de psychanalyse, 70,2006,1

Publié dans Actualité, Chine, Ecologie, Espérance, Fin de vie, Information, Investigation, Non classé, Presse, Solidarité, Sécurité, Vanité, Violence, société | Taggé: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Commentaire »

Pauvreté ordinaire : état d’urgence et état de marché

Publié par Anne A. Mitteau sur 8 mai 2008

Le monde est ainsi fait que de toute éternité (terrestre), l’humanité a toujours été confrontée aux différences qui la forgent et aux constantes inhérentes à toute vie humaine.

La pauvreté ordinaire, (que je différencie ici de celle que provoquent immanquablement les grands cataclysmes naturels ou politiques), est non seulement une de ces différences, mais plus malheureusement encore une de ces constantes. Tout comme le genre, l’âge, l’état de santé ou la capacité des êtres humains.

La pauvreté est néanmoins un état d’urgence qu’il est impérieux à chacun d’essayer de résoudre, au nom d’une foi, d’un idéal ou de la morale la plus élémentaire, et nombreux sont les individus, organismes et associations qui ici ou là s’y impliquent. Mais elle est aussi un sujet qui interpelle pratiquement en permanence, soit parce qu’on y est confronté soi-même, soit par l’information qu’elle suscite et qu’on en reçoit. Et c’est un sujet qui paradoxalement fait vivre bien du monde. Car avec, sans aucun doute, les meilleures intentions du monde, elle est devenue un véritable marché.

Les raisons de la pauvreté sont multiples et aujourd’hui fort bien identifiées. On sait qu’elles n’ont pas les mêmes origines selon les latitudes, les états et les cultures. Elles n’ont même, parfois (mais de plus en plus rarement), pas le même résultat. Il est difficile en effet de voir le monde à travers d’autres yeux que les nôtres et de le percevoir par une autre conscience. Enfin, on ne le voit incontestablement pas de la même manière à 20, 40 ou 60 ans.

La population mondiale aurait déjà atteint cette année plus de 6,7 milliards d’habitants et, selon l’ONU, la moitié est déjà urbaine. C’est donc bien dans les villes que la misère est le plus criante, la plus voyante aussi. Même si elle est loin d’être négligeable dans nos campagnes, mais j’y reviendrai.Rome, février 2008

Il est bien difficile en effet de marcher dans les rues de nos villes sans avoir à faire face à ces malheureux souvent sans autre apparence que celle du tas qu’ils forment sur un coin de trottoir, enroulés dans de veilles couvertures et encombrés de sacs pleins de ce qui constitue la totalité de leurs biens.

Certains ont définitivement coupé tous les ponts qui pouvaient encore les relier au monde imparfait qui est le nôtre et refusent catégoriquement l’aide, quelle qu’elle soit, qu’on veut leur apporter. La relecture effectuée par le sociologue Laurent Mucchielli sur l’ouvrage déjà ancien (mais toujours actuel) d’Alexandre Vexliard est de ce point de vue extrêmement pertinente. Mais les clochards ne sont pas néanmoins les plus nombreux parmi ceux que touchent la plus extrême pauvreté.

Car on n’est plus pauvre, chez nous aujourd’hui, comme on le fut jadis, c’est-à-dire il y a moins de vingt ans. Pas de téléphones portables, alors et autres liens satellitaires, outils multi-media de communication,* “magiques” certes, mais dont l’usage est devenu si prégnant qu’il grève outrageusement les petits budgets. Le marketing fait son oeuvre et ses ravages chez les plus démunis de formation et de culture.

Ceci étant, le bon sens qui nous était avant si bien partagé a semble-t-il déserté nos rues et surtout nos écoles où se forme très tôt le goût des “nouveautés” qu’il convient à tout prix de posséder. Des enfants déclarés rois et encensés par le Marché sont devenus les décideurs du mode de vie de parents qui n’en peuvent mais.

Il est facile de devenir pauvre si l’on s’entend à vouloir, toujours, dépenser plus sans penser d’abord à dépenser mieux. Et tout aujourd’hui y invite : sollicitations permanentes à engager de nouveaux frais, offres de crédits, de “promotions”, d’économies à réaliser, etc…

Il est vrai que certains très petits budgets n’offrent guère d’autre alternative que de subvenir bien chichement aux premiers besoins. Loger, nourrir, entretenir une famille revient dans bien des cas à résoudre la quadrature du cercle, et certaines personnes ou familles sont de ce point de vue admirables.

On constate bien souvent qu’elles sont animées ou guidées par une éducation, une foi, croyance ou espérance, un souci de l’autre, une charité qui les élèvent hors de la contingence à laquelle le quotidien sans arrêt les confrontent. Toutes les enquêtes montrent que les plus modestes sont toujours les plus généreux.

D’autres, plus ou moins exclus d’un système qui leur échappe, subissent comme un véritable esclavage la pression des sirènes mercantiles qui les invitent en permanence à consommer.

Mais il arrive aussi qu’en accueillant des demandeurs d’aide alimentaire à la fois jeunes et illettrés qui cumulent plus de 1000 euros d’aides diverses, présentent une facture de téléphone portable de 500 euros ou davantage et s’avèrent incapables de gérer le moindre budget, on se demande si c’est bien cela, la pauvreté.

* comme on peut le voir sur cette étude de l’Insee, c’est dans ce domaine que les plus populations les plus modestes ont le niveau de consommation le plus élevé.

Publié dans Actualité, Ecologie, Espérance, Foi, Information, Investigation, Recherche, Solidarité, Travail, Vanité, société | Taggé: , , , , , , , , , , , , | Aucun commentaire »

Catholiques : medias, un nouveau regard ?

Publié par Anne A. Mitteau sur 18 avril 2008

C’est presque une honte aujourd’hui de s’avouer catholique. Cela semble plus difficile que de faire son coming out, ou de dire qu’on a pris des antidépresseurs, ou bien encore que l’on ne fait pas autant l’amour que la moyenne des Français. En tous cas, dans le milieu dans lequel je vis, un catholique est ridicule, grotesque, risible, naïf, coincé. Il porte des slips kangourous et des chemises à manches courtes, sa femme a du poil aux pattes et le front luisant, il vote en secret pour l’extrême droite, il a les idées courtes et les ongles sales, il mijote dans de bons sentiments qui agacent, n’est jamais allé en boîte de nuit et trimballe une tripotée de mioches au nez coulant dans un Renault Espace délabré (…..) C’est pourquoi se revendiquer catholique, avec tout ce que cela véhicule de statique et de dépassé, paraît suicidaire

Et l’écrire, comme le fait non sans humour Thierry Bizot, producteur télé et scenariste dans son dernier livre Catholique anonyme (p.116) c’est courageux. Mais tellement salutaire !

J’évoquais ici il y a quelques temps Jean-Claude Guillebaud, redevenu chrétien, Julia Kristeva, interpellée par le foi de Thérèse d’Avila ou Régis Rebray que déchirent à la fois le doute et la nécessité de comprendre un ressenti qui n’est pas le sien. Je n’avais pas évoqué “mon” très cher Jean d’Ormesson, presque naturellement cher à tant de Français et pas seulement. Je n’avais pas cité Régine Desforges dont la dernière publication, Deborah , m’appararaît davantage comme un procédé qu’une réelle interrogation.

Autant de figures de la scène publique qui n’ont pourtant vraiment rien de ringard.

Le catholicisme est d’actualité : c’est une bonne nouvelle !

la Bonne Nouvelle n’a rien de ringard. Ni ceux qui, aujourd’hui, continuent ou recommencent à l’annoncer.

Publié dans Actualité, Catholiques, Christianisme, Eglise, Engagement, Espérance, Foi, Lecture, Littérature, Réseaux, Vanité | Taggé: , , , , , , | Aucun commentaire »

"La route" de Cormac McCarthy ou l’insoutenable effort de vivre

Publié par Anne A. Mitteau sur 30 mars 2008

Il n’y a de prime abord rien de plaisant dans ce livre étrange, maussade, où les mots s’amenuisent en même temps que l’espoir.

L’espoir ténu qui mène un homme, son enfant et leur caddie vers un ailleurs qui n’est plus nulle part. Car du monde, rien ne subsiste que de rares survivants, des eaux troubles, un air opaque, les structures déchiquetées de constructions irradiées et le goudron fondu de La route.

Cette vision terrible de ce que serait le monde après un de ces cataclysmes banalisés par les fictions, traduit sans doute cette peur, cultivée par les mêmes fictions, de l’éclatement de notre société représentée ici par ce caddie, vestige le plus trivial de notre matérialisme effreiné.

Mais elle peut être aussi celle de la misère extrême que chacun peut atteindre à un moment ou l’autre de sa vie. Quand le monde s’écroule à la suite d’une épreuve, d’une maladie, d’un deuil, d’une perte d’emploi. Ou pire encore, à cause d’une guerre généralisée.

Le monde n’est plus, ici, qu’une allégorie, celle de la misère suprême, tant physique que morale, à laquelle parviennent nombre des héros de Cormac McCarthy. Mais alors que Suttree évoluait dans un monde ordinaire, nos deux routards progressent dans un no man’s land où la vie elle-même n’est plus qu’une survivance, où l’Autre n’est plus défini comme un semblable, mais d’abord comme un ennemi, sachant qu’il existe, peut-être encore, quelques gentils.

Cette route n’est décidément pas plaisante à suivre, et l’on se force un peu à naviguer dans ce néant, attendant au détour des pages un espoir, une lueur qui ne viennent jamais. Les mots se raréfient à mesure que la progression confirme le désastre. Mais l’homme, toujours, reste humain, avec cette urgence de vivre jusqu’au bout. Jusqu’à la mort, qui le prend sans qu’il ait le temps de savoir que l’enfant, lui, sera sauvé.

A l’heure où l’on s’interroge sur l’opportunité pour certains d’abréger des fins de vies difficiles ou insoutenablement douloureuses, il n’est pas anodin de voir ainsi loué l’effort de vivre et d’ assumer jusqu’à son terme la vie donnée, sa grandeur, sa misère et sa nécessité.

Publié dans Espérance, Fin de vie | Taggé: , , , , , | Aucun commentaire »