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réflexions et commentaires sur l’actualité littéraire, politique et religieuse

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Thérèse (d’Avila), Julia (Kristeva) et Sylvia (psychanalyste) : Analyse humaniste de l’extase mystique

Publié par Anne A. Mitteau sur 16 juillet 2008

Je quittais la Vie de Sainte Thérèse d’Avila de Marcelle Auclair au moment même où les éditions Fayard livraient, en avril dernier, le volumineux essai-roman de Julia Kristeva Thérèse, mon amour. J’avais peu avant encore contemplé, à Rome, son extase par Le Bernin. Comment résister à cette nouvelle approche ? Las, je crains que l’été entier ne me soit suffisant pour parvenir, dans une compréhension totale, au terme des 700 et quelques pages de ce savant ouvrage que tout dans le propos d’ Antoine Perraud invite à lire. (La Croix, 9 avril 2008). Qu’allais-je, d’ailleurs, imaginer ?

J’avais trouvé admirable, dans ma première lecture, l’attitude des hautes instances religieuses qui avaient à débattre, face aux manifestations somatiques présentées par la religieuse, de son éventuelle possession.

“C’était devenu pour eux une sorte de manie que de lui imposer d’expliquer son âme aux experts de leur choix (…) sans compter tous ceux pour lesquels elle avait été priée d’écrire une confession générale. Tous l’approuvèrent. Le P. Ibanez écrit même : je ne puis faire autrement que de la tenir pour sainte.“1

Expliquer son âme. La tournure n’est pas anodine, quand on sait par quels tourments physiques les mystiques doivent passer. Par quelles délices aussi, apparemment. Même si les vertiges de la chair sont ici transcendés. Même si, à en croire l’analyse, ils ont bien été ressentis.

La Foi fascine ou interroge ceux qui ne l’ont pas. Mais le mysticisme interroge aussi bien ceux qui la possèdent. Car on peut Croire sans être mystique. Sans stigmates. Sans extase. En toute liberté (intérieure). Ingrid Betancourt, icône de tant de laïcs, vient, très largement, d’en témoigner.

L’imposant travail mené depuis longtemps par de Julia Kristeva ( voir ici.) l’a semble-t-il menée à l’approfondissement, abouti, qu’elle nous propose ici.

“Le temps est venu”, confiait-elle à La Croix, “de reconnaître, sans craindre de “faire peur” aux fidèles ni aux agnostiques, que l’histoire du christianisme prépare l’humanisme. Bien sûr, l’humanisme est en rupture avec le christianisme, mais à partir de lui… » C’est sur le terrain de cet humanisme que Julia Kristeva se sent proche du christianisme, notamment quand il s’engage aux côtés de l’homme souffrant : « Le christianisme est la seule religion qui “tutoie” la souffrance, qui l’apprivoise. »*

« La psychanalyse n’explique ni ne juge rien, elle se contente de transformer. » dit encore Mme Kristeva. C’est par là qu’elle révèle son affinité avec le christianisme. Une approche infiniment respectueuse de la complexité de l’humain.*

En fait, il y a un certain temps déjà que prêtres et théologiens s’intéressent de très près à l’approche psychanalytique de la foi et à ses manifestations. Certains ouvrages ont été de ce point de vue retentissants, comme le Kleriker Psychogram eines Ideals, un peu arbitrairement traduit chez nous par Fonctionnaires de Dieu de Eugen Drewermann (1989). Tout récemment encore, les travaux du père Antoine Vergote ont fait l’objet, en 2006, d’une thèse imposante : “l’anthropologie théologique à la lumière de la psychanalyse” de Jean-Baptiste Lecuit

Les chemins de la connaissance sont multiples et variés et toute tentative d’explication trouve sa nécessité dans le besoin de comprendre, mais sans doute aussi de convaincre.

Sans doute faudra-t-il longtemps encore expliquer ce qu’est, après le besoin, la joie de croire et la force d’espérer, car la grâce, n’en est donnée, elle, qu’à certains.

1. Marcelle auclair : Vie de Ste Thérèse d’Avila, Paris, ed. du Seuil ; Livre de Vie, 1960 ; p. 120

* cité dans La Croix

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Ségo : Haine recuite ; Ingrid : Amour total

Publié par Anne A. Mitteau sur 5 juillet 2008

AFP via yahoo actualités

source : AFP via yahoo actualités

Mme Betancourt rayonne d’amour pour tous ceux, dont la France, qui ont aidé à sa libération. Elle nous impressionne tous par sa sincérité, sa dignité, son courage et sa tenue. Par sa disponibilité quand elle n’aspire probablement qu’au repos. Par l’attention qu’elle porte à tous ceux qui sont restés et par son engagement à les sauver. Par cette Foi, qui l’irradie et que comprennent bien ceux qui la partagent.

LEMONDE.FR | 04.07.08
Reuters via yahoo actualités

source : Reuters via yahoo actualités

Au Québec, Mme Royal a perdu une occasion de se taire. La haine hystérique qu’elle voue à son ex-adversaire, Président,  lui a fait perdre tout contrôle. Et toute dignité. On est malheureux pour elle, toujours otage de son propre ressentiment. Son “homologue” * franco-colombienne fut certes sauvée, en dernier ressort, par son ancien challenger le Président Uribe . Mais aussi par tout ce qui a été mené en amont ici, ce qu’elle a elle-même abondamment rappelé, et par l’Espérance, qui ne les a jamais quittés, elle et tous les siens.

Quant à ses ennemis, Mme Betancourt déclarait elle-même le 3 juillet 2008

« J’ai vu le commandant, qui pendant tant d’années a été responsable de nous, et qui en même temps a été si cruel avec nous. Je l’ai vu au sol, les yeux bandés. Ne croyez pas que j’étais joyeuse, j’ai senti de la pitié pour lui, parce qu’il faut respecter la vie des autres, même s’ils sont vos ennemis. » (source : La Croix)

M. Hollande aura eu le mérite de rappeler qu”il y a des causes qui dépassent les clivages, les sensibilités”, une distinction dont son ex-compagne n’a, de toute évidence, pas pris la mesure.

* du seul point de vue de leurs candidatures aux élections présidentielles dans leurs pays respectifs

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Otages (suite) : face à la terreur, le secret et l’action supplantent toute négociation

Publié par Anne A. Mitteau sur 3 juillet 2008

C’était en avril dernier : j’avais été “agacée” par le matraquage médiatique autour de Mme Bétancourt, dont je pensais alors qu’il était excessif et nuisible peut-être à sa libération ; il est vrai que l’on disait un peu n’importe quoi. Sa propre mère avait dû rectifier le tir quant à la mort, quasiment annoncée, de sa fille.

A la surprise générale, et au grand dam sans doute de certains medias qui n’ont pu relater les faits qu’après coup, l’armée colombienne a réalisé ce que M. de Villepin avait rêvé de faire il y a 5 ans déjà et dont (pour cause d’échec) “on” s’était, ici et là, abondamment gaussé : une intervention digne de Mister Bond, qualifiée par Ingrid Betancourt elle-même d’impeccable, c’est-à-dire, rappelons-le, sans faute.

Si le secret avait été éventé, la situation ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, ni même d’ailleurs ce qu’elle fut en 2003. Sans doute aurions nous assisté (en direct ?) à un “baroud d’honneur” de terroristes plus ou moins piégés et aux représailles terribles qu’ils n’auraient pas manqué d’exercer sur les centaines d’otages encore prisonniers de leur jungle.

Certes, l’expression publique, la volonté affichée de résoudre cette tragique affaire et la relation permanente des efforts mis en oeuvre, tant en France que dans d’autres pays, auront à terme infléchi la décision finale du Président Uribe : mais nous n’avons pas à connaître (l’histoire le dira) ce qui s’est concocté dans les diverses chancelleries. C’est en tout cas dans le plus grand secret que l’intervention a été préparée puis menée, et qu’elle a (magnifiquement) réussi. Dommage qu’il ait fallu tant d’années pour en arriver là. Mais enfin, mieux vaut tard que jamais.

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Cette Europe généreuse et garante de paix que des peuples récusent aveuglément

Publié par Anne A. Mitteau sur 14 juin 2008

60 ans de paix entre des peuples qui, des siècles durant, se sont affrontés dans les larmes et le sang, cela vaudrait quand même d’être souligné : La neutralité de la République d’Irlande pendant la dernière guerre mondiale a évité à ses ressortissants d’y prendre part. Il est vrai qu’ils ont connu d’autres soucis. Le niveau de vie des Irlandais, en 1960 était assez lamentable malgré les aides accordées par le Plan Marshall, dont ils avaient pourtant bénéficié.

C’est pourtant en rejoignant l’Europe, en bénéficiant de ses aides que les Irlandais ont commencé à se relever pour devenir, au cours de la dernière décennie, l’un des 10 pays les plus riches du monde.

Certes, l’Europe n’est pas seule en cause, et des politiques intérieures bien menées n’y sont pas étrangères. Mais enfin, l’essor de tous les adhérents de ce vaste projet est connu et réel.

Dommage que les peuples n’en retirent que les mauvais aspects, largement diffusés par les medias et tout aussi largement utilisés par leurs dirigeants qui se retranchent volontiers derrière.

Ce qui intéresse les peuples d’Europe, c’est le foot. Il n’est que d’écouter les radios ce matin, de lire les titres des communiqués : “la presse italienne croit au miracle” (Le Figaro, 14 juin). On croit rêver à un europtimisme : que nenni : c’est du foot, qu’il s’agit !

Pauvre Europe, si malmenée, si peu comprise, si peu expliquée, sans doute.

Rien n’est plus fragile que la paix. Les peuples d’Europe seraient avisés d’y songer. Et les medias de réfléchir, avant de toujours dénoncer.

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Journalisme : la tête haute et bien faite de Memona Hintermann

Publié par Anne A. Mitteau sur 3 juin 2008

Je n’aurais jamais pensé lire les confessions de Memona Hintermann si elles n’avaient figuré au programme de mon abonnement à la Bibliothèque Orange, qui a l’inestimable avantage de m’assurer un complément de lectures nécessaire pour combler mes propres acquisitions.

J’ai tout simplement dévoré son livre, la nuit dernière. Dévoré, parce que dès les premières pages, j’ai été saisie par son histoire, il est vrai peu banale. Et ce, malgré un a priori contre.

On devrait toujours se méfier des a priori. Mais FR3 m’a toujours semblé si marquée, au plan de l’information, que je ne suis toujours pas vraiment sûre que l’idéologie communiste, dont Mme Hintermann décrit au demeurant très bien le processus d’infiltration (voir plus bas), en soit définitivement exfiltrée.

Ceci étant, sortir d’une déroute familiale, de la misère et pis encore de l’exclusion sociale n’est pas le moindre défi. Memona l’a relevé dignement, avec courage, ténacité, et le verbe très haut encore.

Etre grand reporteur n’est pas un métier facile ; il est même dangereux. Rien à voir avec l’animation de plateaux, auxquels se consacrent tant de journalistes plus ou moins patentés. Mme Hintermann n’a d’ailleurs rien obtenu facilement, ce qui rend d’autant plus appréciable sa liberté de ton et l’engagement qu’elle a pris très tôt d’informer les autres de la vérité de choses souvent occultées. Surtout en France où l’on s’entend si bien à s’auto-flageller, à s’excuser, se repentir d’avoir été.

J’ignore ce qu’est devenu ce M. Hervé Guibert, homonyme sans doute de l’écrivain défunt, qui fut un temps Directeur de l’Information de FR3 et qu’elle ne porte pas dans son coeur. Et pour cause : “En 1981, quand la gauche unie arrive au pouvoir, derrière François Mitterand, le parti communiste infiltre plusieurs de ses journalistes, notamment de l”Humanité, à des postes de commande. (…) A la rédaction nationale de FR3, les communistes font tout ce qu’ils peuvent pour démoraliser ceux qui ne sont pas sur la même longueur d’onde qu’eux. Hervé Guibert, ex-syndicaliste reconverti dans le rôle de directeur de l’information, devient, sans vergogne, un véritable patron de combat, et menace les indisciplinés” (page 177)

C’est pourtant au sein de cette chaîne que Mme Hintermann a passé sa carrière. Ce qui prouve que les choses peuvent, quand même, changer. C’est là toute la force de notre République, qu’elle défend si bien. Elle sait ce qu’elle lui doit : une école et ses hussards, qui sont la chance des plus malchanceux. a condition qu’ils s’en donnent la peine. Et de la peine, elle en a eu et s’en est donné : elle sait de quoi elle parle, quand elle parle d’immigration, de misère, d’exclusion, d’intégration …. et de religion. Chez elle, on est musulman ET catholique. Indien ET Breton (de la Réunion). Et d’abord Français.

J’ignore ce qu’en pense M. J.C. Guillebaud (prix Albert Londres) que j’admire particulièrement : j’espère seulement qu’il apprécie une consoeur aussi impliquée que lui dans sa foi et son espérance, sa recherche de la vérité et sa quête de justice. Cela n’est sans doute pas le cas de bien d’autres, qui n’honorent guère la profession.

Mémona Hintermann, déjà médaillée de la Légion d’Honneur en 2001, vient d’être décrétée, le 16 mai dernier, officier de l’ordre national du Mérite, une distinction qu’elle méritait bien.

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Millenium, suite : de la valeur inestimable du mariage

Publié par Anne A. Mitteau sur 1 juin 2008

J’ai déjà*, dans un précédent billet, abondamment critiqué ce nouveau “block buster” de la littérature suédoise devenu international et dont chacun ou presque connaît à présent la teneur ou l’histoire. Ce frémissant thriller est donc devenu, tant pour ses éditeurs que pour les ayant-droit de son défunt auteur, un inestimable trésor, sordide objet de convoitise et de rapacité.

On nous dit qu’à Stockholm, on se déchire autour d’un prétendu “testament” de l’auteur, trouvé par sa compagne depuis trente ans, elle-même désavouant ce qui lui restait de famille qu’il avait écarté depuis bien trop longtemps. Il n’avait, à vingt ans, pas grand chose à léguer. Il n’imaginait pas non plus qu’il mourrait à cinquante en auteur à succès, sans le savoir, et sans en profiter.

J’imagine assez bien ce que coûte à sa compagne la démarche de tout créateur : de temps, de présence, de sollicitude et d’abnégation. D’amour, en somme. Car tout se fait, tout se peut, par amour. Surtout quand l’amour se partage. Mais dans ce cas précis, je doute qu’il le fut.

A vingt ans, M. Larson pensait à laisser son peu de biens à un groupe communiste. Du moins manifestait-il là ses choix, et ses volontés.

A quarante, il vivait depuis plus de quinze ans avec une femme qu’il aimait peut-être, qui l’aimait sans doute, puisqu’elle était encore à ses côtés dix ans après. Il n’a jamais pensé alors qu’il pourrait disparaître un jour en la laissant dehors, puisqu’elle vivait chez lui.

Nos lois, ici ou là, ont inventé des subterfuges pour tous ceux qui ne voient dans le mariage qu’entraves et obstacles à toutes leurs libertés. Le “pacs”, testament et autres donations leur permettent a minima de protéger cet autre si fragile quand survient le départ, la mort ou l’abandon. Sans s’engager plus loin.

Ce sont paradoxalement ceux pour qui le mariage n’a pas vocation à (pro)créer qui en revendiquent le droit : sans doute ont-ils saisi quelle en est l’inestimable valeur : celle de la construction , évolutive et modulable d’un sentiment qui s’épanouit ou se flétrit au gré de la volonté et de la responsabilité de chacun. Une construction qui peut être durable, si l’on en fait le voeu. A deux.

M. Larson a eu l’honneur de ne pas demander la main de sa compagne. Les communistes suédois pourront se réjouir du cadeau qu’il leur a laissé …..si toutefois ils peuvent justifier qu’ils en sont bien destinataires. La famille, quelle qu’elle soit, a encore des droits.

* sur ce blog : Millénium : Stieg Larson ou la fascination du mal

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Consommation d’énergie : il faut de l’énergie pour l’économiser !

Publié par Anne A. Mitteau sur 26 mai 2008

Si vous êtes comme moi un peu écolo par nature, cette nature que nous aimons tant, vous essayez forcément de n’en rien gâcher. L’énergie en fait partie, tout comme de nos factures d’ailleurs, et là, on devient peut-être plus vigilant encore, budget oblige.

Mais si, en matière d’énergie, on trouve assez facilement les indications fournies par la plupart des vendeurs d’appareils divers et variés qui accompagnent le quotidien de la ménagère (de plus ou moins cinquante ans), et génériquement qualifiés de produits blancs (électro-ménager), il n’en est plus de même dès que l’on quitte sa cuisine.

Les produits bruns, (vidéo, son..) comme les désignent les gens de marketing, sont bien sûr vendus sur d’autres critères, et il devient déjà moins facile d’en connaître la consommation électrique.

Le comble est atteint avec les produits noirs (électronique grand public) que nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser et où il devient quasiment impossible de savoir à quelle puissance (en watts) on s’expose.

Allez donc savoir ce que vos chargeurs de batteries et autres ordinateurs finissent par ajouter à vos notes d’électricité !

Demandez-donc à un vendeur (à la Fnac, par exemple) combien consomme votre ordinateur portable : il vous répondra sans doute (comme à moi) qu’il n’en sait rien ! “cela n’intéresse pas les gens”. Las! Moi cela m’intéresse. Il est probable que mes lecteurs aussi. J’ai donc fouiné sur les moteurs et trouvé une petite vidéo que je conseille :

:http://www.dailymotion.com/video/x3dm2d_mesurezlaconsommationdevotre-ordina_tech

Cela peut aider.

Ceci étant, chacun ou presque sait (ou devrait savoir) à présent qu’il suffit de débrancher un appareil non utilisé pour éviter toutes ces mises en veille systématisées qui n’apportent aucun confort supplémentaire (sinon l’effort d’aller presser un bouton), mais, là encore, ce ne sont pas les particuliers que nous sommes qui ferons pencher la balance.

Que l’on pense simplement à toutes ces administrations souvent illuminées a giorno quand nul ne s’y trouve plus encore, à tous ces ordinateurs ronronnant jour et nuit, et l’on comprendra que l’énergie que l’on consomme n’est pas forcément celle qu’on utilise……même si chacun de nous doit en payer le prix.

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langues régionales : re-Constitution de Babel ?

Publié par Anne A. Mitteau sur 24 mai 2008

Il faut croire que l’Esprit de la Pentecôte n’a pas soufflé sur nos Députés : voilà en effet qu’ils prétendent inscrire nos langues régionales dans notre Constitution.

Je trouve pour ma part cela plutôt cocasse : la Constitution de 1789 avait instauré le français langue nationale, ce qui présentait au moins l’avantage d’unifier quelque peu nos provinces autour d’un langage commun, qui n’était pas alors, et loin de là, celui de tous les français.

Sans doute ont-ils la mémoire courte, nos députés, car Il y a près de quarante déjà que notre vieil occitan et autres patois celtiques ont été remis au goût du jour, qu’ils sont enseignés comme jamais ils ne le furent et que certains s’évertuent même à les parler encore (au grand dam des gens de passages qui, eux, ne comprennent plus rien !)

Que les langues vernaculaires fassent partie de notre patrimoine, voilà qui est incontestable. Qu’elles figurent dans la Constitution les place sur un autre registre, qui peut tout simplement prêter à confusion.

Car ce ne sont là, à de rares exceptions, que langues mortes pour la plupart des gens. Leur oralité ne survit généralement qu’au travers de quelques formules utilisées localement et qui s’inscrivent tout naturellement dans une identité régionale que nul n’a jamais contestée, au même titre que les paysages, l’habitat, les cultures, les coutumes. En témoigne le succès des Cht’is.

N’y a-t-il pas, déjà, une Charte européenne, qui vise à protéger (de l’uniformité ?) nos patrimoines respectifs ?

Mais qu’on se rassure, cette Constitution qu’après tout si peu d’entre nous connaissent, précise bien (Titre premier, article 2) que : La langue de la République est le français.

Chacun est libre, chez nous, de parler chtimi, gaélique ou limousi : l’essentiel n’est-il pas après tout de s’exprimer et de se faire entendre ?

Ah, l’Esprit de la Pentecôte ! Si loin de Babel…….

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Plainte pour harcèlement……. commercial ?

Publié par Anne A. Mitteau sur 19 mai 2008

Il n’est déjà pas facile de lutter contre le matraquage commercial, les promotions, remises, primes de fidélité et autres bonus “offerts” en permanence à nos boîtes aux lettres, ondes radios télé et maintenant à nos écrans d’ordinateur, alors que dire du harcèlement ciblé des organismes de crédit !

Impossible (j’ai essayé) de ne plus recevoir pratiquement chaque semaine, une offre de crédit, (que l’on ne prête qu’à moi, bien sûr !), 1000 euros par-ci, 2000 euros par-là, pour succomber sans autre effort à toutes mes envies !

Le problème, c’est que je n’achète a priori que ce dont j’ai besoin. Alain Rémond * (que je ne résiste pas à citer tant je lui dois de plaisir chaque matin à la lecture de son petit billet de dernière page ) doit faire de même, lui a qui une vision si particulière de ces Choses dont Georges Perec dénonça si bien l’abus et la perversité d’usage dans son premier et percutant roman (en 1965).

Il y a ceci de commun au moins entre les gens d’esprit et les gens de foi : ils ne sont pas obnubilés par la Matière.

Je n’en dirais évidemment pas autant de cette curieuse catégorie des Bourgeois Bohêmes dans laquelle je ne reconnais qu’un mix carrément post-soixante-huitard, plus préoccupé de confort moral et en général de confort tout court que de transcendance.

Pour en revenir à l’essentiel, c’est-à-dire au besoin véritable, cela ne fait d’abord pas grand chose ; mais une fois règlé l’indispensable puis le nécessaire, devenus avec la modernité des temps de plus en plus “conséquents”, puis en ajoutant un zeste de superflu, ces désirs qui nous taraudent, cela représente tout de même une belle obole à l’Economie, qui ne fonctionne, nous explique-t-on, que par la consommation.

Mais enfin, je ne peux m’empêcher de penser, chaque fois que je déchire un de ces courriers insistants, à tous ceux qui les reçoivent en même temps que moi, qui n’ont ni le même âge, ni les mêmes besoins ni, surtout, les mêmes envies. Ces envies que le marketing s’acharne, pour un coût considérable, à nous créer. Et auxquelles tant de gens ne parviennent pas à résister.

Aujourd’hui, on peut porter plainte contre le harcèlement sexuel, parce que le législateur le considère comme une atteinte à l’intégrité de la personne.

Quand on mesure l’ampleur des dégâts causés par l’abus de crédit aux Etats-Unis dans l’affaire des subprimes et, sans aller si loin, chez nous où tant de ménages sont surendettés,** on se demande s’il ne serait pas opportun de considérer, là aussi, que ces offres alléchantes et perfides ne constituent pas elles aussi une atteinte à l’intégrité de ceux qui les reçoivent.

Et si, à la fin, on portait plainte ?

* lien vers La Croix (cliquez !)

** lien vers UNAF

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Ces catastrophes que la Terre nous impose comme leçons d’humilité

Publié par Anne A. Mitteau sur 13 mai 2008

Heureux les temps plus anciens où les nouvelles du monde ne nous parvenaient qu’avec lenteur, souvent après analyse, presque toujours avec mesure. Mais la mesure, aujourd’hui, est celle d’un monde immédiat et universel où chaque évènement peut-être vécu simultanément par tous ceux qui accèdent à l’information, soit aujourd’hui déjà près d’un milliard d’internautes, et près du quart de la population mondiale dans les trois ans à venir. La moitié de la population française est aujourd’hui connectée.*

La première décade de notre mois de mai offre à elle seule un panel de désastres assez terrifiant : cyclone meurtrier en Birmanie, tornades ravageuses aux Etats-Unis, puis un séisme majeur en Chine, dont les ondes continueront un certain temps à se propager avec autant de ruines et de détresses induites.

La liste ne sera jamais exhaustive de tous les malheurs qui nous assaillent, nous-mêmes et tous nos semblables, contre lesquels nous sommes le plus souvent complètement impuissants et dont la connaissance immédiate et redondante risque davantage, à terme, de nous incliner au repli plus qu’à la compassion à laquelle l’Espérance nous invite et que la Charité nous impose.

Il est probable que de tous temps et en tous lieux, la Terre a produit tout autant de ces éclats que nous avons très longtemps ignorés. Aujourd’hui, il suffit de se connecter à un site spécialisé (voir lien ci-contre) pour suivre pas à pas ces évolutions, qui sont considérables et terrifiantes, et dont les plus catastrophiques sont un tropisme juteux pour les medias, toujours avides de fournir à leurs spectateurs ce sang et ces larmes qu’apparemment ils attendent et qui les fascinent, tant il est vrai que la violence (et sa représentation) sont consubstantielles à notre nature** pour assumer notre combat vital et assouvir nos vanités.

Bien loin hélas de l’humilité que devrait nous imposer la conscience de notre fragilité. Celle de toutes ces vies perdues ou brisées, celles des autres, mais tout aussi fatalement les nôtres dont aucune n’échappe, quelque jour, à un malheur.

* étude Nielsen-MediaRatings pour JournalduNet (2007)

**voir Werner Balzer, La sensorialité et la violence in Revue française de psychanalyse, 70,2006,1

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