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Publié par Anne A. Mitteau sur 5 juillet 2008

source : AFP via yahoo actualités
Mme Betancourt rayonne d’amour pour tous ceux, dont la France, qui ont aidé à sa libération. Elle nous impressionne tous par sa sincérité, sa dignité, son courage et sa tenue. Par sa disponibilité quand elle n’aspire probablement qu’au repos. Par l’attention qu’elle porte à tous ceux qui sont restés et par son engagement à les sauver. Par cette Foi, qui l’irradie et que comprennent bien ceux qui la partagent.
LEMONDE.FR | 04.07.08

source : Reuters via yahoo actualités
Au Québec, Mme Royal a perdu une occasion de se taire. La haine hystérique qu’elle voue à son ex-adversaire, Président, lui a fait perdre tout contrôle. Et toute dignité. On est malheureux pour elle, toujours otage de son propre ressentiment. Son “homologue” * franco-colombienne fut certes sauvée, en dernier ressort, par son ancien challenger le Président Uribe . Mais aussi par tout ce qui a été mené en amont ici, ce qu’elle a elle-même abondamment rappelé, et par l’Espérance, qui ne les a jamais quittés, elle et tous les siens.
Quant à ses ennemis, Mme Betancourt déclarait elle-même le 3 juillet 2008
« J’ai vu le commandant, qui pendant tant d’années a été responsable de nous, et qui en même temps a été si cruel avec nous. Je l’ai vu au sol, les yeux bandés. Ne croyez pas que j’étais joyeuse, j’ai senti de la pitié pour lui, parce qu’il faut respecter la vie des autres, même s’ils sont vos ennemis. » (source : La Croix)
M. Hollande aura eu le mérite de rappeler qu”il y a des causes qui dépassent les clivages, les sensibilités”, une distinction dont son ex-compagne n’a, de toute évidence, pas pris la mesure.

* du seul point de vue de leurs candidatures aux élections présidentielles dans leurs pays respectifs
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Publié par Anne A. Mitteau sur 14 juin 2008
60 ans de paix entre des peuples qui, des siècles durant, se sont affrontés dans les larmes et le sang, cela vaudrait quand même d’être souligné : La neutralité de la République d’Irlande pendant la dernière guerre mondiale a évité à ses ressortissants d’y prendre part. Il est vrai qu’ils ont connu d’autres soucis. Le niveau de vie des Irlandais, en 1960 était assez lamentable malgré les aides accordées par le Plan Marshall, dont ils avaient pourtant bénéficié.
C’est pourtant en rejoignant l’Europe, en bénéficiant de ses aides que les Irlandais ont commencé à se relever pour devenir, au cours de la dernière décennie, l’un des 10 pays les plus riches du monde.
Certes, l’Europe n’est pas seule en cause, et des politiques intérieures bien menées n’y sont pas étrangères. Mais enfin, l’essor de tous les adhérents de ce vaste projet est connu et réel.
Dommage que les peuples n’en retirent que les mauvais aspects, largement diffusés par les medias et tout aussi largement utilisés par leurs dirigeants qui se retranchent volontiers derrière.
Ce qui intéresse les peuples d’Europe, c’est le foot. Il n’est que d’écouter les radios ce matin, de lire les titres des communiqués : “la presse italienne croit au miracle” (Le Figaro, 14 juin). On croit rêver à un europtimisme : que nenni : c’est du foot, qu’il s’agit !
Pauvre Europe, si malmenée, si peu comprise, si peu expliquée, sans doute.
Rien n’est plus fragile que la paix. Les peuples d’Europe seraient avisés d’y songer. Et les medias de réfléchir, avant de toujours dénoncer.
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Publié par Anne A. Mitteau sur 3 juin 2008
Je n’aurais jamais pensé lire les confessions de Memona Hintermann si elles n’avaient figuré au programme de mon abonnement à la Bibliothèque Orange, qui a l’inestimable avantage de m’assurer un complément de lectures nécessaire pour combler mes propres acquisitions.
J’ai tout simplement dévoré son livre, la nuit dernière. Dévoré, parce que dès les premières pages, j’ai été saisie par son histoire, il est vrai peu banale. Et ce, malgré un a priori contre.
On devrait toujours se méfier des a priori. Mais FR3 m’a toujours semblé si marquée, au plan de l’information, que je ne suis toujours pas vraiment sûre que l’idéologie communiste, dont Mme Hintermann décrit au demeurant très bien le processus d’infiltration (voir plus bas), en soit définitivement exfiltrée.
Ceci étant, sortir d’une déroute familiale, de la misère et pis encore de l’exclusion sociale n’est pas le moindre défi. Memona l’a relevé dignement, avec courage, ténacité, et le verbe très haut encore.
Etre grand reporteur n’est pas un métier facile ; il est même dangereux. Rien à voir avec l’animation de plateaux, auxquels se consacrent tant de journalistes plus ou moins patentés. Mme Hintermann n’a d’ailleurs rien obtenu facilement, ce qui rend d’autant plus appréciable sa liberté de ton et l’engagement qu’elle a pris très tôt d’informer les autres de la vérité de choses souvent occultées. Surtout en France où l’on s’entend si bien à s’auto-flageller, à s’excuser, se repentir d’avoir été.
J’ignore ce qu’est devenu ce M. Hervé Guibert, homonyme sans doute de l’écrivain défunt, qui fut un temps Directeur de l’Information de FR3 et qu’elle ne porte pas dans son coeur. Et pour cause : “En 1981, quand la gauche unie arrive au pouvoir, derrière François Mitterand, le parti communiste infiltre plusieurs de ses journalistes, notamment de l”Humanité, à des postes de commande. (…) A la rédaction nationale de FR3, les communistes font tout ce qu’ils peuvent pour démoraliser ceux qui ne sont pas sur la même longueur d’onde qu’eux. Hervé Guibert, ex-syndicaliste reconverti dans le rôle de directeur de l’information, devient, sans vergogne, un véritable patron de combat, et menace les indisciplinés” (page 177)
C’est pourtant au sein de cette chaîne que Mme Hintermann a passé sa carrière. Ce qui prouve que les choses peuvent, quand même, changer. C’est là toute la force de notre République, qu’elle défend si bien. Elle sait ce qu’elle lui doit : une école et ses hussards, qui sont la chance des plus malchanceux. a condition qu’ils s’en donnent la peine. Et de la peine, elle en a eu et s’en est donné : elle sait de quoi elle parle, quand elle parle d’immigration, de misère, d’exclusion, d’intégration …. et de religion. Chez elle, on est musulman ET catholique. Indien ET Breton (de la Réunion). Et d’abord Français.
J’ignore ce qu’en pense M. J.C. Guillebaud (prix Albert Londres) que j’admire particulièrement : j’espère seulement qu’il apprécie une consoeur aussi impliquée que lui dans sa foi et son espérance, sa recherche de la vérité et sa quête de justice. Cela n’est sans doute pas le cas de bien d’autres, qui n’honorent guère la profession.
Mémona Hintermann, déjà médaillée de la Légion d’Honneur en 2001, vient d’être décrétée, le 16 mai dernier, officier de l’ordre national du Mérite, une distinction qu’elle méritait bien.
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Publié par Anne A. Mitteau sur 13 mai 2008
Heureux les temps plus anciens où les nouvelles du monde ne nous parvenaient qu’avec lenteur, souvent après analyse, presque toujours avec mesure. Mais la mesure, aujourd’hui, est celle d’un monde immédiat et universel où chaque évènement peut-être vécu simultanément par tous ceux qui accèdent à l’information, soit aujourd’hui déjà près d’un milliard d’internautes, et près du quart de la population mondiale dans les trois ans à venir. La moitié de la population française est aujourd’hui connectée.*
La première décade de notre mois de mai offre à elle seule un panel de désastres assez terrifiant : cyclone meurtrier en Birmanie, tornades ravageuses aux Etats-Unis, puis un séisme majeur en Chine, dont les ondes continueront un certain temps à se propager avec autant de ruines et de détresses induites.
La liste ne sera jamais exhaustive de tous les malheurs qui nous assaillent, nous-mêmes et tous nos semblables, contre lesquels nous sommes le plus souvent complètement impuissants et dont la connaissance immédiate et redondante risque davantage, à terme, de nous incliner au repli plus qu’à la compassion à laquelle l’Espérance nous invite et que la Charité nous impose.
Il est probable que de tous temps et en tous lieux, la Terre a produit tout autant de ces éclats que nous avons très longtemps ignorés. Aujourd’hui, il suffit de se connecter à un site spécialisé (voir lien ci-contre) pour suivre pas à pas ces évolutions, qui sont considérables et terrifiantes, et dont les plus catastrophiques sont un tropisme juteux pour les medias, toujours avides de fournir à leurs spectateurs ce sang et ces larmes qu’apparemment ils attendent et qui les fascinent, tant il est vrai que la violence (et sa représentation) sont consubstantielles à notre nature** pour assumer notre combat vital et assouvir nos vanités.
Bien loin hélas de l’humilité que devrait nous imposer la conscience de notre fragilité. Celle de toutes ces vies perdues ou brisées, celles des autres, mais tout aussi fatalement les nôtres dont aucune n’échappe, quelque jour, à un malheur.
* étude Nielsen-MediaRatings pour JournalduNet (2007)
**voir Werner Balzer, La sensorialité et la violence in Revue française de psychanalyse, 70,2006,1
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Publié par Anne A. Mitteau sur 3 mai 2008
Du point de vue purement médical, mourir de faim suppose une lente et douloureuse agonie qui peut durer de 8 à 12 semaines. Du point de vue éthique et religieux, c’est tout simplement inacceptable dans le monde qui est aujourd’hui le nôtre.
Je ne suis pas économiste et ne m’avancerai pas sur les causes d’une famine qui se profile à notre horizon dans les contrées moins heureuses que la nôtre. Même si aucune époque n’a de ce point de vue été épargnée, mourir de faim dans un monde qui offre par ailleurs tant de prospérité ressortit du simple scandale, de la honte, d’une insulte à l’humanité et à son Créateur. Ceci étant, les famines ont souvent pour causes d’autres fléaux que ceux que la nature a toujours imposées, toutes époques confondues.
Le XXème siècle a été le terrain d’une idéologie dont sont encore victimes (Corée du Nord, Cuba ou à présent le Népal) quelques malheureuses nations. Les famines plus ou moins orchestrées* en Ukraine dans les années 30 ou en Chine trente ans plus tard en témoignent. On évalue pour celles-ci l’hécatombe à plus de 35 millions de morts.
De ce point de vue, la carte de la faim, établie par la Food and Agriculture organization (FAO) pointe les zones à risques, au centre desquelles l’Afrique, lieu de conflits incessants et de catastrophes écologiques, détient aujourd’hui le triste record.
On peut donc s’interroger sur le rôle que la plupart des Etats ont bien voulu accorder au travail de leurs démographes, qui ont sans aucun doute largement prévu, et depuis assez longtemps, ce que serait à peu de choses près la situation du Monde aujourd’hui, de sa population et donc de ses besoins vitaux. On imagine mal en effet une quelconque prospective qui ne tiendrait pas compte, en la matière, des études rigoureuses et détaillées réalisées ici et là par par tant de chercheurs sérieux. On peut d’ailleurs se faire une idée (voir le site de prospective de population de l’ONU) de ce qu’il pourrait être demain. Dommage qu’on y ait pas pensé plus tôt, car nous avons aujourd’hui en la matière, à ce qu’on dit, vingt ans d’erreurs derrière nous.
S’il devient difficile pour les pays nantis d’assumer leur devoir d’assistance, il est effarant de savoir que dans certains Etats, pour le plus grand malheur de leurs peuples, les dirigeants ne prévoient ni ne gèrent que pour eux-mêmes le pouvoir et ses attributs dont ils profitent abondamment, sans égard pour leur propre pays ni ses populations. Que des fortunes, parfois fondées sur l’aide humanitaire internationale, souvent sur le détournement de fonds publics, s’amassent hors de leurs frontières et se dépensent … chez nous.
Ceci étant, c’est aujourd’hui que des hommes, des femmes, des enfants, ici ou là, meurent de faim. C’est là le signe d’un mépris inqualifiable. De la science, de la connaissance, de la volonté, de la liberté et du travail des hommes.
* conséquences directes gestions totalitaires
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Publié par Anne A. Mitteau sur 26 avril 2008
Le Président Sarközy (de Nagy-Bocsa) a parlé. Les sondeurs on enquêté. C’est une des constantes de notre mode de vie. Le portrait que nous renvoie le dernier sondage (Opinion-way pour le Figaro) est plutôt rassurant : au fond, les Français parlent tous de la même chose, quelles que soient leurs opinions. Ou plutôt, les choix qu’on leur propose en les sondant ne reflètent jamais rien d’autre que les préoccupation des sondeurs, objet de leur contrat. C’est dire qu’on leur laisse assez peu de liberté, aux sondés !
Enfin, une bonne nouvelle : les Français, j’en suis, semblent avoir majoritairement compris la nécessité de la Réforme. C’est plutôt bon signe…. pour l’avenir de leurs enfants. Car il faudra bien sûr attendre. Il faut toujours savoir attendre. D’abord semer. Regarder pousser et, enfin, récolter. Ah, cette impatience ( des medias) à vouloir toujours cueillir ce qui n’a pas encore fleuri !
Il en est un peu de Sarko comme de Badinguet, haï par Victor Hugo puis de nos républiques. Mais nous n’avons plus de Victor Hugo. Et si nos écrivains s’exilent, ce n’est plus que par goût d’ailleurs.
Tout cela est “un peu court”, et heureusement on en revient : Napoléon III a donné à la France, avec autorité, une de ses plus prospère périodes, et créé ce qui fut alors sa modernité et qui fait aujourd’hui une grande partie du charme qu’elle conserve (Garnier, Eiffel, Haussmann, Vichy, Compiègne, etc…). Il produisit avant la naissance d’Emile Durkheim, une Extinction du paupérisme qui préfigure les oeuvres à venir en matière de sociologie, tout en écrivant un certain nombre d’ouvrages sérieux.
Il voyait loin, Napoléon III, le tant décrié, et bien au-delà de Sedan. Victor Hugo quitta son exil anglais de Guernesey après 19 ans. Napoleon III faillit bien le croiser, et il y demeure encore : après 135 ans à Farnborough, il faudrait peut être songer à l’en ramener.
Nul ne sait encore ce que sera la France dans quatre ans, mais son Président sait, lui, ce qu’il fera. Les Français auront quatre ans de plus, un paquet de retraités sur les bras, de nouveaux soucis, de nouveaux besoins, de nouvelles attentes. De nouveaux espoirs. Probablement toujours les mêmes. Il leur faut toujours un moment, pour mesurer le temps perdu.
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Publié par Anne A. Mitteau sur 19 avril 2008
M. Cabrol est sympathique. Il nous annonce chaque matin, sur Europe 1, le temps qu’il fera chez nous et l’on en fait grand cas partout, du temps qu’il fait. Mais il ne s’intéresse pas seulement au temps qu’il fait, mais à celui qui fut. Après avoir été viré de TF1, où l’on apprécie pas trop ces seniors qu’il conviendrait pourtant de laisser travailler, il vient de publier un livre au Cherche Midi qui va déranger plus d’un écologue : Et si la Terre s’en sortait toute seule ?
Depuis le temps que le catastrophisme ambiant nous annonce le pire, du méthane que dégagent les flatulences des animaux (on ne parle quasiment jamais des vents, exhalaisons et autres pestilences humaines) en passant par les pesticides et autres OGM (qui en obèrent pourtant l’usage), la Terre n’en aurait plus pour très longtemps. Il est vrai que nous n’avons jamais été si nombreux à l’exploiter.
Il est donc plutôt réjouissant de se replonger dans l’histoire de notre petite planète qui a connu, depuis qu’on peut s’y consacrer (à son histoire), bien des tourments, des transports, des transferts et autres mutations. Contre lesquels l’Homme ne pouvait pas grand chose, sinon s’adapter. Aux glaciations, comme à ce réchauffement, que tout le monde nous annonce. Mais le pire n’est jamais certain.
Chaque époque subit ou affronte les caprices d’un climat que nul encore n’est parvenu à maîtriser. C’est à peine si l’on parvient, à grand renfort de modèles et d’algorithmes de plus en plus sophistiqués, à prévoir précisément ce qui se passera au-delà de cinq jours. La Terre demeure un mystère, puisqu’on ne peut encore dominer ses comportements. On l’écoute, on l’observe, on évalue les risques qu’elle fait planer sur nous, plus lourds à certaines périodes et en certains endroits. Mais au fond, qu’y pouvons-nous ?
Respecter notre environnement devrait être bien naturel en somme, et les Terriens sont de plus en plus nombreux à s’en préoccuper. Mais dans le même temps, ils exigent de plus en plus de ce que leur petite planète, si belle, si bleue, peut leur donner.
Elle existait avant nous, elle nous survivra peut-être. Dieu seul sait, d’ailleurs, jusqu’où nous irons.
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Publié par Anne A. Mitteau sur 16 avril 2008
On nous l’annonce depuis le début de l’année : nous allons célébrer les 40 ans de cet évènement qui fait rêver les galopins d’aujourd’hui et radoter leurs grands parents. J’en suis, (des grands parents) et la moutarde me monte au nez. Les medias vont se ruer sur leurs archives et nous ressasser ces souvenirs de nos vingt ans. Jusqu’à la nausée, c’est à craindre. Espérons seulement que ce ne sera pas aussi l’occasion d’un recommencement. Car ce ne fut chez nous, au fond, qu’un beau gâchis.
C’est ce qu’a fort bien montré il y a quelques jours un reportage bien ficelé de TF1, n’en déplaise à ses détracteurs. En rappelant par exemple, et à juste titre, que l’agitation avait pris naissance quatre ans plus tôt aux Etats-Unis (Berkeley), aux prises avec des problèmes autrement plus sérieux que les nôtres : la guerre du Viet-Nam et les droits sociaux des Noirs, qui n’en jouissaient pas. Toutes raisons valables pour qu’une jeunesse normale pût protester. Pour autant, cela ne remis jamais en cause le système économique américain, qui ne cessa jamais de fonctionner.
A l’Est, le Printemps de Prague avait lui aussi une autre ambition : se libérer du joug et de l’isolement communistes. Commencé par Dubceck en janvier, soutenu par la jeunesse en mai, il s’achèvera dramatiquement en automne, avec l’invasion soviétique et, pour certains, la mort. Et 19 ans d’attente pour “en sortir”.
En Afrique et depuis un an, il y avait cette guerre suivie d’une terrible famine au Biafra, qui marqua le début de l’action humanitaire à grande échelle et l’essor des French Doctors.
A Paris, une poignée d’excités de Nanterre, de ces Héritiers définis par Pierre Bourdieu, fascinés par ce même socialisme qui ruinait l’Est européen, mais revendiquant pour eux-mêmes une liberté d’action totale (qui n’eut jamais cours dans ces contrées), réussirent en quelques semaines à transformer Paris, puis la France, en un gigantesque foutoir.
Je n’ai pour ma part le souvenir que de cela. Paris qui pue sous les monceaux d’ordures, ces voitures qui brûlent près de chez moi et les pavés qu’on lance aux fenêtres ; ces inscriptions grasses qui saccagent les murs, ce n’est alors qu’un commencement : les tags suivront. Que d’aucuns finiront par qualifier d’artistiques. Un Jean Paul Sartre vieillissant, et ridicule en son fief de la Closerie. Des accords de Grenelle qui ne parviennent pas à stopper une grève générale, mais vont contribuer, avec la crise à venir, au déclin progressif de notre économie.
Une frénésie sexuelle s’empare de la jeunesse d’alors (pas toute), jeunesse qui vient s’ériger en valeur première de l’Occident, au détriment de toute forme de sagesse et de bon sens. Les mères s’acharnent à ressembler à leur filles, le vêtement devient uniforme, comme le tutoiement, prémisse de l’irrespect, de l’intolérance puis du compassionnel de circonstances qui sévissent chez nous aujourd’hui.
Moins de dix ans plus tard, la plupart des agités du mouvement occuperont les postes clés de notre société de consommation, loisir et communication. Certains les détiennent encore et renâclent à les lâcher. Beaucoup ont du quitter la scène beaucoup plus tôt que prévu, victimes du jeunisme ambiant qui n’a depuis cessé de sévir. Travailler après cinquante ans est devenu en France un quasi privilège, quand d’autres essaient de survivre, parfois sans travailler.
C’était vingt ans seulement après la fin de la guerre. La France s’ennuyait déjà de sa nouvelle prospérité.
Une de visions que je retiens de cette époque qui fut pour moi, pour d’autres raisons, d’une grande tristesse, est celle qu’en a traduit, non sans humour et vingt ans après, Louis Malle dans Milou en Mai dans lequel Miou-Miou excelle dans un rôle exactement contraire à celui que Bertrand Blier lui donna dans les Valseuses, grinçante illustration de la contre-culture soixante-huitarde.
Le peuple de France a cette singularité : il est capable d’ébullition a très basse température. Et en mai 68, pourtant, je crois que j’ai eu très chaud.
Publié dans Actualité, Investigation, Presse | Taggé: mai 68, Milou en mai, Miou-Miou, Grenelle, Bourdieu, Héritiers, pavés, Prague, Viet-Nam, Civil Rights Movement | 2 Commentaires »
Publié par Anne A. Mitteau sur 16 avril 2008
J’ignore pour quelle raison un de mes articles a été reproduit sur un site (Chateau de hautefort) intégralement dédié à M. de Villepin. Cela pourrait laisser croire à ses lecteurs que j’y ai joint ma prose. Il n’en est rien. Cela n’est que le produit d’un copier-coller dont je ne suis pas responsable. Ce que j’écris, je l’écris comme un message dans une bouteille, lancée dans la vague internet. Il y a toujours quelque rivage où la bouteille (et son message) viennent se jeter. Je n’ai pas choisi celui-là et n’ai rien à voir avec M. de Villepin, ses idées, ses propos et ses affidés. Voilà, c’est dit.
Publié dans Actualité, Information, Presse, Sécurité | Taggé: copier-coller, hautefort.com, villepin | Aucun commentaire »
Publié par Anne A. Mitteau sur 12 avril 2008
J’ai assisté comme tant d’autres aux interventions médiatisées des enfants de Mme Betancourt et de M. Delloye, son ex-époux depuis 1990. (Il m’a d’ailleurs paru étrange sinon suspect qu’on évoque, convoque ou consulte si peu son mari, Juan-Carlos Lecompte).
Dès l’été 2003, M. de Villepin avait tenté, à la demande de la famille, une opération d’exfiltrage qui s’avéra désastreuse pour la diplomatie mais non pour la presse brésilienne avide d’éventer un secret, puis celle du monde entier qui renchérit. Le cours de l’otage s’est sans doute, dès lors, cruellement élevé. Et la Colombie compte aujourdh’ui encore près de 3000 otages. 3000 otages de la terreur.
Les valeurs d’humanité, l’émotion primaire qui animent la plupart des gens ordinaires n’ont déjà plus de sens pour les simples preneurs d’otages, que dire quand ils sont de surcroît soldats de terreur ! Dans ces conditions, à quoi peuvent servir de tels déballages, fussent-ils aussi compassionels, sinon à faire monter l’enchère ?
Négocier quoi que ce soit dans les chemins de traverse requiert me semble-t-il le plus grand secret. Et dès lors qu’il s’agit de vies humaines, il appartient aux gens de presse de le respecter. Mais c’est déjà un autre sujet, où les opinions ne sont pas étrangères.
Il est à craindre que Mme Betancourt ne revienne, si elle revient, totalement brisée.
Elle avait vécu dans le luxe à Bogota avant de découvrir, par la politique et son engagement, la misère colombienne. Corruption, guerilla, indigence du peuple, représailles. Cette misère, c’est à l’occasion de son enlèvement que son époux Juan-Carlos Lecompte l’a découverte à son tour, comme il le confiait en 2005 à La Croix ,avant de rejoindre la France, où il s’est lui aussi, engagé.
Les farcs quant à elles revendiquent aujourd’hui leur implantation dans presque tous les territoires sud-américains. Leur action est soutenue par certains courants de pensée et la baisse du dollar ne risque guère d’infléchir le cours ni le circuit des narcotiques qui fournissent leurs armes aux guerillas, aux terroristes et leur déchéance à tous les drogués, autres otages d’un monde sans foi, sans partage et sans espérance, un monde qui n’enchante plus.
Nous sommes devenus otages de la surenchère médiatique qui nous transporte en quelques instants d’un bout à l’autre le la planète et d’une de ses urgences à l’autre, souvent sans contrôle ni discernement.
Jean-Pierre Elkabach évoquait dans La Croix du 11-12 avril la création d’un comité d’éthique dans la station radio qu’il dirige, Europe 1, pour éviter cette surenchère et l’exploitation quasi systèmatique des rumeurs de tous ordres, le plus souvent délétères, diffusées sur internet et reprises par certains medias et organes de presse. Ce fut le cas du triste SMS adressé à notre Président, qui valut l’indignation salutaire de Jean Daniel vis-à-vis de son propre journal. Ce fut le cas pour Mme Betancourt elle-même. Quel bon sujet ! En matière de presse, l’investigation effective devrait être la règle.
Dans une très récente interview télévisée, la mère de Mme Betancourt indiquait que la santé de sa fille n’était pas ce qu’on en avait annoncé. Qu’elle était faible, certes, mais pas à l’article de la mort, et certainement pas suicidaire.
Nous pouvons prier pour que soient libérés TOUS les otages, car la Liberté et l’intégrité de la personne sont les premières valeurs humaines. Mais nous devrions prier aussi pour que les actions menées par les autorités responsables le soient dans le silence et la discrétion sans lesquels aucun succès n’est possible.
Dans ce domaine comme dans bien d’autres, il importe de veiller à ne pas devenir otages du mensonge. C’est toujours sur le mensonge que sont fondées les manipulations, et sur les manipulations les dictatures.
Publié dans Actualité, Investigation, Presse, Réseaux, Sécurité | Taggé: betancourt, Colombie, drogue, farcs, Information, lecompte, media, misère, otage, otages, terreur | Aucun commentaire »