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réflexions et commentaires sur l’actualité littéraire, politique et religieuse

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Pauvreté ordinaire : état d’urgence et état de marché

Publié par Anne A. Mitteau sur 8 mai 2008

Le monde est ainsi fait que de toute éternité (terrestre), l’humanité a toujours été confrontée aux différences qui la forgent et aux constantes inhérentes à toute vie humaine.

La pauvreté ordinaire, (que je différencie ici de celle que provoquent immanquablement les grands cataclysmes naturels ou politiques), est non seulement une de ces différences, mais plus malheureusement encore une de ces constantes. Tout comme le genre, l’âge, l’état de santé ou la capacité des êtres humains.

La pauvreté est néanmoins un état d’urgence qu’il est impérieux à chacun d’essayer de résoudre, au nom d’une foi, d’un idéal ou de la morale la plus élémentaire, et nombreux sont les individus, organismes et associations qui ici ou là s’y impliquent. Mais elle est aussi un sujet qui interpelle pratiquement en permanence, soit parce qu’on y est confronté soi-même, soit par l’information qu’elle suscite et qu’on en reçoit. Et c’est un sujet qui paradoxalement fait vivre bien du monde. Car avec, sans aucun doute, les meilleures intentions du monde, elle est devenue un véritable marché.

Les raisons de la pauvreté sont multiples et aujourd’hui fort bien identifiées. On sait qu’elles n’ont pas les mêmes origines selon les latitudes, les états et les cultures. Elles n’ont même, parfois (mais de plus en plus rarement), pas le même résultat. Il est difficile en effet de voir le monde à travers d’autres yeux que les nôtres et de le percevoir par une autre conscience. Enfin, on ne le voit incontestablement pas de la même manière à 20, 40 ou 60 ans.

La population mondiale aurait déjà atteint cette année plus de 6,7 milliards d’habitants et, selon l’ONU, la moitié est déjà urbaine. C’est donc bien dans les villes que la misère est le plus criante, la plus voyante aussi. Même si elle est loin d’être négligeable dans nos campagnes, mais j’y reviendrai.Rome, février 2008

Il est bien difficile en effet de marcher dans les rues de nos villes sans avoir à faire face à ces malheureux souvent sans autre apparence que celle du tas qu’ils forment sur un coin de trottoir, enroulés dans de veilles couvertures et encombrés de sacs pleins de ce qui constitue la totalité de leurs biens.

Certains ont définitivement coupé tous les ponts qui pouvaient encore les relier au monde imparfait qui est le nôtre et refusent catégoriquement l’aide, quelle qu’elle soit, qu’on veut leur apporter. La relecture effectuée par le sociologue Laurent Mucchielli sur l’ouvrage déjà ancien (mais toujours actuel) d’Alexandre Vexliard est de ce point de vue extrêmement pertinente. Mais les clochards ne sont pas néanmoins les plus nombreux parmi ceux que touchent la plus extrême pauvreté.

Car on n’est plus pauvre, chez nous aujourd’hui, comme on le fut jadis, c’est-à-dire il y a moins de vingt ans. Pas de téléphones portables, alors et autres liens satellitaires, outils multi-media de communication,* “magiques” certes, mais dont l’usage est devenu si prégnant qu’il grève outrageusement les petits budgets. Le marketing fait son oeuvre et ses ravages chez les plus démunis de formation et de culture.

Ceci étant, le bon sens qui nous était avant si bien partagé a semble-t-il déserté nos rues et surtout nos écoles où se forme très tôt le goût des “nouveautés” qu’il convient à tout prix de posséder. Des enfants déclarés rois et encensés par le Marché sont devenus les décideurs du mode de vie de parents qui n’en peuvent mais.

Il est facile de devenir pauvre si l’on s’entend à vouloir, toujours, dépenser plus sans penser d’abord à dépenser mieux. Et tout aujourd’hui y invite : sollicitations permanentes à engager de nouveaux frais, offres de crédits, de “promotions”, d’économies à réaliser, etc…

Il est vrai que certains très petits budgets n’offrent guère d’autre alternative que de subvenir bien chichement aux premiers besoins. Loger, nourrir, entretenir une famille revient dans bien des cas à résoudre la quadrature du cercle, et certaines personnes ou familles sont de ce point de vue admirables.

On constate bien souvent qu’elles sont animées ou guidées par une éducation, une foi, croyance ou espérance, un souci de l’autre, une charité qui les élèvent hors de la contingence à laquelle le quotidien sans arrêt les confrontent. Toutes les enquêtes montrent que les plus modestes sont toujours les plus généreux.

D’autres, plus ou moins exclus d’un système qui leur échappe, subissent comme un véritable esclavage la pression des sirènes mercantiles qui les invitent en permanence à consommer.

Mais il arrive aussi qu’en accueillant des demandeurs d’aide alimentaire à la fois jeunes et illettrés qui cumulent plus de 1000 euros d’aides diverses, présentent une facture de téléphone portable de 500 euros ou davantage et s’avèrent incapables de gérer le moindre budget, on se demande si c’est bien cela, la pauvreté.

* comme on peut le voir sur cette étude de l’Insee, c’est dans ce domaine que les plus populations les plus modestes ont le niveau de consommation le plus élevé.

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Mourir de faim

Publié par Anne A. Mitteau sur 3 mai 2008

Du point de vue purement médical, mourir de faim suppose une lente et douloureuse agonie qui peut durer de 8 à 12 semaines. Du point de vue éthique et religieux, c’est tout simplement inacceptable dans le monde qui est aujourd’hui le nôtre.

Je ne suis pas économiste et ne m’avancerai pas sur les causes d’une famine qui se profile à notre horizon dans les contrées moins heureuses que la nôtre. Même si aucune époque n’a de ce point de vue été épargnée, mourir de faim dans un monde qui offre par ailleurs tant de prospérité ressortit du simple scandale, de la honte, d’une insulte à l’humanité et à son Créateur. Ceci étant, les famines ont souvent pour causes d’autres fléaux que ceux que la nature a toujours imposées, toutes époques confondues.

Le XXème siècle a été le terrain d’une idéologie dont sont encore victimes (Corée du Nord, Cuba ou à présent le Népal) quelques malheureuses nations. Les famines plus ou moins orchestrées* en Ukraine dans les années 30 ou en Chine trente ans plus tard en témoignent. On évalue pour celles-ci l’hécatombe à plus de 35 millions de morts.

De ce point de vue, la carte de la faim, établie par la Food and Agriculture organization (FAO) pointe les zones à risques, au centre desquelles l’Afrique, lieu de conflits incessants et de catastrophes écologiques, détient aujourd’hui le triste record.

On peut donc s’interroger sur le rôle que la plupart des Etats ont bien voulu accorder au travail de leurs démographes, qui ont sans aucun doute largement prévu, et depuis assez longtemps, ce que serait à peu de choses près la situation du Monde aujourd’hui, de sa population et donc de ses besoins vitaux. On imagine mal en effet une quelconque prospective qui ne tiendrait pas compte, en la matière, des études rigoureuses et détaillées réalisées ici et là par par tant de chercheurs sérieux. On peut d’ailleurs se faire une idée (voir le site de prospective de population de l’ONU) de ce qu’il pourrait être demain. Dommage qu’on y ait pas pensé plus tôt, car nous avons aujourd’hui en la matière, à ce qu’on dit, vingt ans d’erreurs derrière nous.

S’il devient difficile pour les pays nantis d’assumer leur devoir d’assistance, il est effarant de savoir que dans certains Etats, pour le plus grand malheur de leurs peuples, les dirigeants ne prévoient ni ne gèrent que pour eux-mêmes le pouvoir et ses attributs dont ils profitent abondamment, sans égard pour leur propre pays ni ses populations. Que des fortunes, parfois fondées sur l’aide humanitaire internationale, souvent sur le détournement de fonds publics, s’amassent hors de leurs frontières et se dépensent … chez nous.

Ceci étant, c’est aujourd’hui que des hommes, des femmes, des enfants, ici ou là, meurent de faim. C’est là le signe d’un mépris inqualifiable. De la science, de la connaissance, de la volonté, de la liberté et du travail des hommes.

* conséquences directes gestions totalitaires

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Sondages: la France comme elle est, moitié pour, moitié contre

Publié par Anne A. Mitteau sur 26 avril 2008

Le Président Sarközy (de Nagy-Bocsa) a parlé. Les sondeurs on enquêté. C’est une des constantes de notre mode de vie. Le portrait que nous renvoie le dernier sondage (Opinion-way pour le Figaro) est plutôt rassurant : au fond, les Français parlent tous de la même chose, quelles que soient leurs opinions. Ou plutôt, les choix qu’on leur propose en les sondant ne reflètent jamais rien d’autre que les préoccupation des sondeurs, objet de leur contrat. C’est dire qu’on leur laisse assez peu de liberté, aux sondés !

Enfin, une bonne nouvelle : les Français, j’en suis, semblent avoir majoritairement compris la nécessité de la Réforme. C’est plutôt bon signe…. pour l’avenir de leurs enfants. Car il faudra bien sûr attendre. Il faut toujours savoir attendre. D’abord semer. Regarder pousser et, enfin, récolter. Ah, cette impatience ( des medias) à vouloir toujours cueillir ce qui n’a pas encore fleuri !

Il en est un peu de Sarko comme de Badinguet, haï par Victor Hugo puis de nos républiques. Mais nous n’avons plus de Victor Hugo. Et si nos écrivains s’exilent, ce n’est plus que par goût d’ailleurs.

Tout cela est “un peu court”, et heureusement on en revient : Napoléon III a donné à la France, avec autorité, une de ses plus prospère périodes, et créé ce qui fut alors sa modernité et qui fait aujourd’hui une grande partie du charme qu’elle conserve (Garnier, Eiffel, Haussmann, Vichy, Compiègne, etc…). Il produisit avant la naissance d’Emile Durkheim, une Extinction du paupérisme qui préfigure les oeuvres à venir en matière de sociologie, tout en écrivant un certain nombre d’ouvrages sérieux.

Il voyait loin, Napoléon III, le tant décrié, et bien au-delà de Sedan. Victor Hugo quitta son exil anglais de Guernesey après 19 ans. Napoleon III faillit bien le croiser, et il y demeure encore : après 135 ans à Farnborough, il faudrait peut être songer à l’en ramener.

Nul ne sait encore ce que sera la France dans quatre ans, mais son Président sait, lui, ce qu’il fera. Les Français auront quatre ans de plus, un paquet de retraités sur les bras, de nouveaux soucis, de nouveaux besoins, de nouvelles attentes. De nouveaux espoirs. Probablement toujours les mêmes. Il leur faut toujours un moment, pour mesurer le temps perdu.

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Laurent Cabrol : écologie du bon sens, bonne nouvelle pour la Terre

Publié par Anne A. Mitteau sur 19 avril 2008

M. Cabrol est sympathique. Il nous annonce chaque matin, sur Europe 1, le temps qu’il fera chez nous et l’on en fait grand cas partout, du temps qu’il fait. Mais il ne s’intéresse pas seulement au temps qu’il fait, mais à celui qui fut. Après avoir été viré de TF1, où l’on apprécie pas trop ces seniors qu’il conviendrait pourtant de laisser travailler, il vient de publier un livre au Cherche Midi qui va déranger plus d’un écologue : Et si la Terre s’en sortait toute seule ?

Depuis le temps que le catastrophisme ambiant nous annonce le pire, du méthane que dégagent les flatulences des animaux (on ne parle quasiment jamais des vents, exhalaisons et autres pestilences humaines) en passant par les pesticides et autres OGM (qui en obèrent pourtant l’usage), la Terre n’en aurait plus pour très longtemps. Il est vrai que nous n’avons jamais été si nombreux à l’exploiter.

Il est donc plutôt réjouissant de se replonger dans l’histoire de notre petite planète qui a connu, depuis qu’on peut s’y consacrer (à son histoire), bien des tourments, des transports, des transferts et autres mutations. Contre lesquels l’Homme ne pouvait pas grand chose, sinon s’adapter. Aux glaciations, comme à ce réchauffement, que tout le monde nous annonce. Mais le pire n’est jamais certain.

Chaque époque subit ou affronte les caprices d’un climat que nul encore n’est parvenu à maîtriser. C’est à peine si l’on parvient, à grand renfort de modèles et d’algorithmes de plus en plus sophistiqués, à prévoir précisément ce qui se passera au-delà de cinq jours. La Terre demeure un mystère, puisqu’on ne peut encore dominer ses comportements. On l’écoute, on l’observe, on évalue les risques qu’elle fait planer sur nous, plus lourds à certaines périodes et en certains endroits. Mais au fond, qu’y pouvons-nous ?

Respecter notre environnement devrait être bien naturel en somme, et les Terriens sont de plus en plus nombreux à s’en préoccuper. Mais dans le même temps, ils exigent de plus en plus de ce que leur petite planète, si belle, si bleue, peut leur donner.

Elle existait avant nous, elle nous survivra peut-être. Dieu seul sait, d’ailleurs, jusqu’où nous irons.

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Google Book Search : le fabuleux destin des livres

Publié par Anne A. Mitteau sur 11 avril 2008

Le monde est devenu en 10 ans une gigantesque base de données où se cotoient le pire (dont on parle le plus) et aussi le meilleur, souvent plus discret. L’entreprise Google, dont, je le précise, je ne touche aucun dividende, a entrepris un projet fabuleux que j’ai découvert récemment et qui vaut qu’on en parle.

La numérisation est, certes, en train de se banaliser, puisque la plupart des organisations, publiques ou privées, y ont désormais recours pour enregistrer, diffuser ou conserver des documents. Mais ce sont LEURS documents.

L’originalité du projet de Google Book réside dans le fait que ses équipes interviennent dans différents lieux pour globaliser l’offre disponible d’ouvrages le plus souvent introuvables ou d’accès difficile.

C’est ainsi que, à partir de mot-clés bien ciblés, on peut en quelques instants, sans quitter sa table de travail et sa maison, accéder à de très vieux ouvrages disséminés dans de nombreuses bibliothèques ou à tout le moins à leur référence précise, car tous ne sont pas totalement lisibles.

Mais quel prodige !

Je me souviens de cette vieille bibliothèque universitaire où, il y a un peu plus de dix ans seulement, on ne pouvait encore accéder à aucun ouvrage sans passer par un fichier rustique, manuel, la queue au guichet avec ses références (pas plus de 3 à la fois) et l’attente qui semblait interminable pour un ouvrage qui venait directement du “magasin” et qui n’était souvent pas le plus pertinent. Des heures perdues, et l’insatisfaction permanente de ne pouvoir consulter sur place que des dictionnaires, annuaires ou autres compilations sans intérêt immédiat. Il faut dire que cette bibliothèque, quasiment unique en France, avait le statut bien particulier d’être à la fois “Municipale” ET “Universitaire”. Le lecteur y était accueilli comme suspect (de salir, d’être ignare, bruyant mais surtout dérangeant). Je crois que tout cela a changé, je l’espère pour cette ville et pour ses habitants. Il y a en France de merveilleuses bibliothèques où l’on se sent attendu, accueilli, où les livres abondent, et plus seulement les livres, où l’on peut les consulter directement sur les rayons et où les systèmes de recherche, de localisation et de réservation sont performants.

Ceci étant, le prodige de Google Book est de permettre à l’amateur de trouver sans autre effort que celui d’une recherche bien définie, l’ouvrage le plus approprié, dans le délai le plus court. Mais bien plus encore, de découvrir des trésors souvent insoupçonnés.

Je fus ainsi assez époustoufflée de découvrir sur mon écran, en quelques secondes, les pages de vieux Bulletins archéologiques de ma région, bien trop anciens pour être exposés ; que j’aurais pu , certes, consulter sur place, dans le silence et le recueillement des salles spécialisées de nos Archives, mais en y passant une demi-journée. Ces pages-là ne venaient pas de chez moi, mais du bout du monde, d’une université lointaine dans laquelle on pouvait trouver, comme à Uppsala, les publications du monde entier.

Voilà donc un projet qui, parmi d’autres, est réjouissant. Rendre accessible à chacun le fonds commun des connaissances. Les bonnes, il est vrai, comme les mauvaises. Mais c’est un autre sujet.

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