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Foi, Espérance et Charité : quels prêtres pour les annoncer ?

Triomphe de la Foi sur l'Idolâtrie, J.B. Théodon, Gesu, Rome
Je vis dans une paroisse provinciale qui ressemble peu ou prou à celle que décrit Pietro de Paoli dans son second livre “38 ans, célibataire et curé de campagne“, à ceci près que mon curé modérateur, qui a déjà franchi le cap de la soixantaine, a achevé sa formation dans l’essor de Vatican II et en applique les préceptes.
A l’instar de tant d’autres prêtres devenus de plus en plus rares, il assure au quotidien les charges de sa fonction dans un territoire étendu. Sans doute n’est-il pas seul à la tâche, puisque chez moi comme partout ailleurs, des laïcs actifs l’accompagnent dans toutes les équipes pastorales , et l’on ne soulignera jamais assez la richesse du lien social qu’ils entretiennent bien au-delà de leur mission chrétienne.
Sans doute, chez moi comme ailleurs la pratique n’est-elle guère étendue, et c’est pitié de voir, hors des grandes célébrations, nos églises pourtant décorées à peine occupées par une maigre poignée de fidèles. Du moins viennent-ils de tous horizons, milieux et opinions car leur Foi, seule, les réunit. Ceux-là ne sont pas sectaires.
J’ai déjà évoqué dans un de mes anciens billets un évènement déjà banalisé ailleurs qui, survenu dans mon village, relevait de l’étrange sinon de la nouveauté. Des traditionnalistes tentaient chez nous de s’imposer.
En cette Année sacerdotale vouée aux prêtres, et alors même que nos Evêques s’emploient à pallier le manque de vocations, j’observe qu’un certain activisme s’opère et lentement s’insinue dans les esprits. Certains paroissiens, pourtant très concilaires, n’ont au fond jamais cessé de regretter leurs messes d’antan. Il serait pourtant redoutable que sous l’effet de minorités très largement agissantes, notre Eglise incline à recruter son Clergé au sein de clans ouvertement politisés. C’est déjà pratiquement le cas dans certain diocèse, au grand dam de Mgr Vingt-Trois, qui tend à nous rassurer.
Les Catholiques sont suivis de longue date par Henri Tincq qui leur prédit une longue route mais le triomphe, dans 40 ans, de la religion chrétienne. Il y a 5 ans déjà, Mgr Pietro de Paoli remettait les pendules du Vatican à l’heure de 2035 pour arriver, après bien des détours fictifs et de réelles propositions à une conclusion assez proche. La vitalité de la Bonne Nouvelle. Mais après quel chemin !
Violence et destruction, immuables et diaboliques adversaires des Hommes de Bonne Volonté
Ce dimanche des Rameaux, les églises étaient pleines de paroissiens – et qu’importe qu’ils fussent seulement de passage- venus écouter cet éprouvant récit de la Passion de Jésus-Christ par lequel commence la Semaine Sainte. Une triste semaine où s’affichent et se réitèrent depuis deux mille ans les constantes de notre Humanité, dans toutes les nuances qui peuvent la mener du zèle au reniement et à la pire violence qui soit : le supplice et la mort.
Ce même dimanche, des casseurs patentés sèment dans et autour de Strasbourg la terreur et la destruction, avec la dernière lâcheté, cachés sous des capuchons et autres tenues de combat qu’ils s’empressent d’abandonner dans les buissons pour reprendre en fuyant l’allure d‘étudiants qu’ils n’ont probablement jamais été. Il est vrai que l’anomie ne peut engendrer ni douceur ni autre consensus que celui de détruire, par tous les moyens, tout ce qui justifie pourtant la vie des autres. On finit pourtant par se demander si l’anomie n’est pas en train , pour près de la moitié des Français encouragés peut-être par l’attitude de certains leaders d’opinion, de devenir la norme : ils comprennent la violence (en temps de crise) et approuvent la séquestration de patrons et de dirigeants nous dit un récent sondage.
Au Rwanda, lundi, on “commémore”, avec les radios françaises en première ligne, (avant la grève d’aujourd’hui pour nos antennes nationales) le sinistre génocide causé voici 15 ans dans ce pays par un groupe humain sur un autre, diaboliquement exterminé. Les plaies de tels massacres ne sont, ne seront jamais refermées. La liste en est aussi longue que l’histoire de l’humanité.
Le même jour, 6 avril, la Terre se met à trembler si près de chez nous, en Italie, ce qu’elle fait couramment partout, mais qui devient une véritable tragédie humaine quand les fractures se produisent dans les lieux habités. Ce ne sont pas les hommes qui créent ce genre de malheurs qui les dépassent. Les Anciens vouaient aux Dieux ce dont la Nature seule est la cause. Aujourd’hui encore certains se demandent pourtant si….le Diable s’en est réjoui.
Triste semaine pour ceux qui croient en Dieu et attendent ce troisième jour ou Christ est ressuscité, après être descendu aux Enfers pour nous livrer la Bonne Nouvelle de l’Espérance.
Ne pas se lasser d’espérer qu’enfin, un jour, règne Sa Paix.
Vatican II : l’impossible unanimité des Catholiques
Après tout le tapage dont nous ont gratifié les medias sur cette main tendue par Benoît XVI aux évêques intégristes (et son choix malheureux pour l’un d’eux), le verdict tombe enfin de l’alternative proposée : ils confirment leur rejet de Vatican II.
Rien n’est pour autant réglé dans ces dissensions déjà installées ou en voie de l’être, car on met toujours en lumière la Fraternité Saint-Pie X, qui ne représente qu’une partie des courants anti-conciliaires fûssent-ils seulement traditionnalistes et non intégristes.
Il est vrai que la plupart des autres “contestataires” du Concile, essentiellement traditionnalistes, ressortissent du droit pontifical. Parmi eux, l’Institut du Christ Roi qui a étendu, depuis 40 ans, son influence (son rejet de toute modernité ecclésiale) dans une grande partie du monde occidental, tout en s’implantant assez généreusement dans l’Hexagone et particulièrement en Aquitaine et en Limousin.
Accroché depuis 2007 aux libéralités que lui a conféré le Motu Proprio, cet Institut est soumis, depuis le 7 octobre 2008, au droit pontifical, ce qui risque de troubler bien davantage encore un bon nombre de paroissiens coutumiers des messes ordinaires et fidèles à leur modernité mais bien souvent privés, dans leurs paroisses, des célébrations qu’un manque crucial de prêtres de permet plus d’y proposer.
On peut donc supposer que les vocations qui paraît-il affluent en nombre dans les séminaires bien nantis de ces fondations essaimeront un jour dans nos régions. Quel choix restera-t-il alors aux fidèles ?
Le baptême n’est pas un simple ticket d’entrée
Quelle ne fut pas ma surprise, hier soir au Journal de France 2, de tomber (en cours d’émission) sur un reportage où il était question du baptême des petits-enfants, ou plutôt de sa déshérence sur le sol français.

Porte du Paradis, Baptistère de St-Jean à Florence
Il est évident, et le reportage le montrait bien évidemment à l’extrême, que deux options s’opposent : donner le baptême sans discernement, pourvu qu’on le demande ou bien considérer qu’il s’agit là d’un engagement qui suppose au moins quelque préparation.
C’était la position soutenue par un prêtre dont je n’ai pas noté le nom et qui m’est apparu comme parfaitement conforme à ce que doit être son rôle et à ce que j’ai toujours vu pratiquer.
Ce n’était apparemment pas le point de vue d’un représentant de Golias, revue ou mouvement qui s’annonce comme conciliaire et opposé à toute forme d’intégrisme, mais dont l’option du baptême à tout va, m’a tout de même semblé décalée.
Je venais, l’après-midi même, de tomber sur un commentaire du Père Olivier de La Brosse sur le contenu de cette revue qui adresse régulièrement à l’endroit de l’Eglise, mais surtout du Vatican, des diatribes pour le moins virulentes et dont il se demandait, la question semblant alors (1998) encore pendante, si elle pouvait à juste titre se prétendre catholique. Je me demande ce qu’il faut en penser aujourd’hui.
Nul n’est obligé désormais, par quelque pression sociale que se soit, de souscrire à une religion chrétienne. Afficher son athéisme demeure encore infiniment plus “tendance“, même si nos medias nous annoncent (non sans quelque inquiétude) un retour patent du religieux, là où le sacré serait le bienvenu.
Le baptême d’un nouveau-né n’est pas, comme cela semble être encore le cas pour certains parents un simple ticket, mais le premier des sacrements qui fait, avec eux, entrer leur enfant au sein de l’Eglise, dans la communauté des chrétiens. Cela n’est pas rien.
Catholiques: vers l’unité, la dissidence ou l’abandon ?
J’avais décider d’arrêter, mais là….. L’incroyable remous que provoque la décision de Benoit XVI de lever quatre excommunications, le jour même du cinquantenaire de Vatican II, appelle à trop de questions.
L’unité des chrétiens était et demeure l’objectif du fameux Concile. Sa modernité et ses bienfaits semblent bien mal perçus encore dans l’opinion, gavée par des medias toujours enclins à forger des catholiques une image archaïque et affligeante de ce qu’ils ce qu’ils pouvaient être il y a cinquante ans. Celle de nos intégristes d’aujourd’hui, en somme. Bornés, rétrogrades et surtout politiques.
Reste que ce groupe dissident est pourtant bien distinct de la majorité des catholiques de France, moins audibles sans doute. Ceux-là ne sont plus appelés en leurs églises que par leur Foi, l’Espérance et la Joie du partage. Sans artifices superflus. Dans des églises qui, par manque de moyens et de vocations tombent parfois en déshérence.
Tel n’est pas le cas en effet des exclus d’aujourd’hui, invités à nous rejoindre demain, qui sont puissants et si fiers, semble-t-il, d’engendrer ce tapage. L’enjeu est néanmoins de taille : il leur faudra accepter ce que depuis toujours ils refusent : suivre le Magistère, et par conséquent se soumettre aux évolutions du Concile. Que je sache, il n’a jamais été question, à Rome, d’en abroger l’esprit. Ou du moins pas encore.
Hors l’Eglise, il étaient schismatiques. Dans l’Eglise, ils risquent bel et bien de d’amener des ruptures. Leur arrogance et leurs certitudes, manifestes depuis le Motu Proprio, leur permettent de penser, voire de dire, qu’après avoir gagné le retour en grâce du rite tridentin ( pourtant jamais exclus du rituel concilaire), ils parviendront à obtenir l’abrogation du Concile lui-même.

Notre Dame d'Orcival
Leurs évêques n’ont jamais levé là-dessus leurs réserves. Je leur dédie cette image de Notre Dame d’Orcival, invoquée pour libérer de toute sortes de carcans. Celui de leur intolérance est fameux.
L’ évêque émérite d’Amiens, Mgr Jacques Noyer, exprimait librement dans sa dernière homélie le sentiment aujourd’hui partagé par un grand nombre d’entre nous.
La jeunesse catholique de France témoigne fort heureusement d’une grande clarté à l’égard de sa religion : ouverture, tolérance, charité, joie et partage en sont la règle. Ses grands rassemblements en sont la preuve. Reste à espérer qu’elle parvienne à éclairer tous ceux dont la vocation se focalise et s’étrécit encore sur la voie passéiste des courants dissidents.
Je n’ai pour ma part aucune envie de retrouver dans mon Eglise, que j’ai récemment retrouvée, tout ce qui m’en avait éloignée il y a tout juste… cinquante ans. C’est, à mon âge, une arête en travers de la gorge qui dégoûte souvent du poisson.
Motu proprio : oecumenisme et retour de goupillon
Il y a plus de quarante ans que Vatican II a débarrassé notre Eglise de tous ces oripeaux qui m’en avaient, comme tant d’autres, écartée. Comme tant d’autres encore, j’y suis retournée pour y partager, dans mon village, ces moments intenses de fraternité et de grâce qui font la joie des chrétiens. Dans le dénuement et la modestie de célébrations proches, sans doute, des origines. Dans la beauté des chants qui rassemblent, des lectures qui impliquent et la sincérité de toute une assistance attentive, guidée par sa seule Foi.
Mon village était semblait-il bien loin de tous ces nostalgiques pré-conciliaires qui n’y étaient pas (encore) représentés. C’est maintenant chose faite.
J’avais bien assisté, il y a quelques années, au spectacle d’une Messe à trois chevaux, qui dura plus de deux heures et me sembla fort ennuyeuse. C’était avant mon retour de foi, et restait pour moi non signifiant, sinon dérisoire. Aujourd’hui, c’est différent.
La tradition est de retour : la main tendue par notre Pape Benoît XVI aux nostalgiques des messes anciennes, définie dans son Motu Proprio, les rend aujourd’hui plus apparents et semble-t-il plus audacieux.
C’est ainsi que j’ai assisté ce dimanche à quelque chose de fellinien, à l’église de mon village : après la messe ordinaire, célébrée comme chaque semaine par le prêtre local, une délégation de soutanes a investi les lieux pour y transporter tout un “matériel de campagne”. La messe (préparée de longue date) qu’ils devaient célébrer l’après-midi nécessitant pour eux une panoplie d’accessoires. Notre église paroissiale n’est pourtant dépourvue ni de candélabres ni même encore de linge ou de goupillons. Nos accessoires n’ont sans doute pas été jugés assez beaux.
A seize heures, les cloches retentirent. A toute volée. Deux bonne heures plus tard, elles annonçaient la fin d’une messe dont la sortie fut remarquée : la grand’messe de mon enfance avec sa foule chapeautée de femmes élégantes, de familles endimanchées, d’enfants de choeur en dentelles, de soutanes colorées (bleu ciel) ou noires, en grand nombre. Pose photos sur le parvis. Une messe venue d’ailleurs.
De l’autre côté de la place, les badauds dont moi-même regardaient ce spectacle, dont on pouvait se dire en passant : tiens, on tourne un film !
Motu proprio, c’est d’abord une tentative de rassemblement des chrétiens catholiques. Il semble pourtant, à l’aune de ce que j’en ai vu, qu’un tel écart sépare ceux d’avant et d’après le concile que l’ont risque de voir rapidement, en maints endroits, se former des clivages qui ne feront de tort, au fond, qu’à l’Eglise elle-même. D’aucuns, qui l’avait retrouvée, finiront par lui tourner le dos.



