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Présidence de l’Europe : en attendant Vaira Vike-Freiberga
J’ignore à l’heure où j’écris qui sera désigné ce soir pour présider aux destinées de notre chère Europe. Mais il est un choix qui semblerait, à l’Européenne que je suis, des plus judicieux : celui de Vaira Vike-Freiberga. Elle est prête, dit-elle, à assumer cette tâche et pour ma part, je la crois.
Elle me semble en effet présenter, au regard du Savoir, de la Vision et de la Sagesse nécessaires à tout véritable “Homme” d’Etat, toutes les qualités nécessaires.
Il me suffit sans doute, car c’est à lui qu’en premier lieu je pense, d’évoquer le Maître Confucius et son 4ème analècte : “« À quinze ans, ma volonté était tendue vers l’étude ; à trente ans, je m’y perfectionnais ; à quarante ans, je n’éprouvais plus d’incertitudes ; à cinquante ans, je connaissais le décret céleste ; à soixante ans, je comprenais, sans avoir besoin d’y réfléchir, tout ce que mon oreille entendait ; à soixante-dix ans, en suivant les désirs de mon cœur, je ne transgressais aucune règle. »
Que mes lecteurs ne voient dans ce choix aucune forme de féminisme, j’ignore ou ne veux pas savoir ce que cela signifie. Vaira Vike, à l’instar de toutes les autres d’autres femmes représente tout simplement, et cela est en soi suffisant, l’Autre moitié du Ciel, suivant la culture chinoise que nul aujourd’hui ne devrait prétendre ignorer.
Identité française ou identité nationale ?
Au moment même où était lancée cette vaste campagne sur l’Identité française, je terminais le livre, assez terrifiant, de Olav Hergel L’Otage, portrait incisif des excès d’une société repue amenée, par la manipulation conjointe de certains partis et des medias, à un repli national et un rejet complet de l’étranger. L’auteur précise qu’il s’agit évidemment d’une fiction, tout en précisant que “toute ressemblance avec des personnes, des institutions ou des medias existants n’est, comme l’écrivain allemand Heinrich Böll l’a exprimé, ni intentionnelle, ni fortuite, mais tout simplement inévitable“. C’est dire si le débat lancé sur notre identité interroge. Ce pourquoi je romps le silence que je m’étais imposé.
Sans doute le Danemark n’est-il pas, et à maints égards, comparable à la France. Mais la question qu’y pose l’immigration se pose dans toutes les nations d’Europe et chacune tente, comme elle peut, d’y répondre.
A l’exception de quelques rares familles implantées depuis des siècles dans ce qui est notre territoire, la plupart d’entre nous sommes aujourd’hui issus de migrations diverses et d’un mélange d’usages et de coutumes dont l’agglomération constitue notre, ou plutôt nos cultures. Mais quelles que soient nos différences d’origines, nous partageons (ou sommes censés partager) la même appartenance : celle de citoyens français.
L’identité d’une personne n’est donc pas nécessairement la même que celle du citoyen qu’elle est et je m’étonne toujours que cela ne soit pas toujours évident chez nous, terre d’immigration.
Sans doute la langue est-elle un des premiers facteurs d’adhésion et de cohésion. Pour autant, être francophone ne signifie être Français. Etre Français, c’est d’abord, me semble-t-il prendre (ou faire prendre) conscience de ce qui fixe les usages et les règles de notre vie publique, résumés sur la plupart des frontispices de nos écoles : “Liberté Egalité, Fraternité” et que développe notre Constitution.
Avoir la chance de vivre dans un pays où toutes les opinions, croyances et religions sont libres d’expression mérite que l’on en respecte les règles, droits et devoirs. Cela s’apprend.
Pouvoir “Etre heureux comme Dieu en France” est un rêve pour trop d’étrangers pour que ceux qui ont la chance d’être déjà Français ne s’interrogent pas davantage sur ce que cela signifie pour eux-mêmes, mais aussi pour l’Autre.
Nous verrons donc ce qu’il résultera de cette enquête…..
Elections européennes : voter, mais pour qui ?
Alors que la campagne pour les Européennes vient de s’ouvrir, je viens de perdre une heure à chercher (en vain) une liste de candidats à la fonction, enviée, de parlementaire européen dans ma région (Massif central, Centre). Démarche impossible.
Européenne par origine, par nature et même par vocation, je m’étonne de cette lacune qui suffirait, à elle seule, à décourager les meilleures volontés. Ainsi le site du Parlement européen, auquel renvoient la plupart des autres sur le sujet, ne fait état à ce jour, 14 mai, d’aucun candidat pour nos régions. A moins que je n’y aie rien compris.
L’Europe est pourtant bonne à prendre, l’Irlande en a su un temps quelque chose, qui bénéficia si largement de tant et tant de subventions. Comme tant de ceux qui, sans activité spécialement agreste ou même agricole, on reçu – c’est à présent chose publique- des aides qu’il serait opportun d’expliquer.
Nous n’aurons, à la fin du compte, que 72 députés français, soit 6 de moins que précédemment. J’ai cru comprendre que ma région en perdrait un. Mais qui sera sur les affiches quelques jours avant le scrutin, pour l’instant, je n’en sais rien.
Voter, mais pour qui, sinon pour rien ?
Cette Europe généreuse et garante de paix que des peuples récusent aveuglément
60 ans de paix entre des peuples qui, des siècles durant, se sont affrontés dans les larmes et le sang, cela vaudrait quand même d’être souligné : La neutralité de la République d’Irlande pendant la dernière guerre mondiale a évité à ses ressortissants d’y prendre part. Il est vrai qu’ils ont connu d’autres soucis. Le niveau de vie des Irlandais, en 1960 était assez lamentable malgré les aides accordées par le Plan Marshall, dont ils avaient pourtant bénéficié.
C’est pourtant en rejoignant l’Europe, en bénéficiant de ses aides que les Irlandais ont commencé à se relever pour devenir, au cours de la dernière décennie, l’un des 10 pays les plus riches du monde.
Certes, l’Europe n’est pas seule en cause, et des politiques intérieures bien menées n’y sont pas étrangères. Mais enfin, l’essor de tous les adhérents de ce vaste projet est connu et réel.
Dommage que les peuples n’en retirent que les mauvais aspects, largement diffusés par les medias et tout aussi largement utilisés par leurs dirigeants qui se retranchent volontiers derrière.
Ce qui intéresse les peuples d’Europe, c’est le foot. Il n’est que d’écouter les radios ce matin, de lire les titres des communiqués : “la presse italienne croit au miracle” (Le Figaro, 14 juin). On croit rêver à un europtimisme : que nenni : c’est du foot, qu’il s’agit !
Pauvre Europe, si malmenée, si peu comprise, si peu expliquée, sans doute.
Rien n’est plus fragile que la paix. Les peuples d’Europe seraient avisés d’y songer. Et les medias de réfléchir, avant de toujours dénoncer.




