Posts Tagged ‘France’
Identité française ou identité nationale ?
Au moment même où était lancée cette vaste campagne sur l’Identité française, je terminais le livre, assez terrifiant, de Olav Hergel L’Otage, portrait incisif des excès d’une société repue amenée, par la manipulation conjointe de certains partis et des medias, à un repli national et un rejet complet de l’étranger. L’auteur précise qu’il s’agit évidemment d’une fiction, tout en précisant que “toute ressemblance avec des personnes, des institutions ou des medias existants n’est, comme l’écrivain allemand Heinrich Böll l’a exprimé, ni intentionnelle, ni fortuite, mais tout simplement inévitable“. C’est dire si le débat lancé sur notre identité interroge. Ce pourquoi je romps le silence que je m’étais imposé.
Sans doute le Danemark n’est-il pas, et à maints égards, comparable à la France. Mais la question qu’y pose l’immigration se pose dans toutes les nations d’Europe et chacune tente, comme elle peut, d’y répondre.
A l’exception de quelques rares familles implantées depuis des siècles dans ce qui est notre territoire, la plupart d’entre nous sommes aujourd’hui issus de migrations diverses et d’un mélange d’usages et de coutumes dont l’agglomération constitue notre, ou plutôt nos cultures. Mais quelles que soient nos différences d’origines, nous partageons (ou sommes censés partager) la même appartenance : celle de citoyens français.
L’identité d’une personne n’est donc pas nécessairement la même que celle du citoyen qu’elle est et je m’étonne toujours que cela ne soit pas toujours évident chez nous, terre d’immigration.
Sans doute la langue est-elle un des premiers facteurs d’adhésion et de cohésion. Pour autant, être francophone ne signifie être Français. Etre Français, c’est d’abord, me semble-t-il prendre (ou faire prendre) conscience de ce qui fixe les usages et les règles de notre vie publique, résumés sur la plupart des frontispices de nos écoles : “Liberté Egalité, Fraternité” et que développe notre Constitution.
Avoir la chance de vivre dans un pays où toutes les opinions, croyances et religions sont libres d’expression mérite que l’on en respecte les règles, droits et devoirs. Cela s’apprend.
Pouvoir “Etre heureux comme Dieu en France” est un rêve pour trop d’étrangers pour que ceux qui ont la chance d’être déjà Français ne s’interrogent pas davantage sur ce que cela signifie pour eux-mêmes, mais aussi pour l’Autre.
Nous verrons donc ce qu’il résultera de cette enquête…..
Violence et destruction, immuables et diaboliques adversaires des Hommes de Bonne Volonté
Ce dimanche des Rameaux, les églises étaient pleines de paroissiens – et qu’importe qu’ils fussent seulement de passage- venus écouter cet éprouvant récit de la Passion de Jésus-Christ par lequel commence la Semaine Sainte. Une triste semaine où s’affichent et se réitèrent depuis deux mille ans les constantes de notre Humanité, dans toutes les nuances qui peuvent la mener du zèle au reniement et à la pire violence qui soit : le supplice et la mort.
Ce même dimanche, des casseurs patentés sèment dans et autour de Strasbourg la terreur et la destruction, avec la dernière lâcheté, cachés sous des capuchons et autres tenues de combat qu’ils s’empressent d’abandonner dans les buissons pour reprendre en fuyant l’allure d‘étudiants qu’ils n’ont probablement jamais été. Il est vrai que l’anomie ne peut engendrer ni douceur ni autre consensus que celui de détruire, par tous les moyens, tout ce qui justifie pourtant la vie des autres. On finit pourtant par se demander si l’anomie n’est pas en train , pour près de la moitié des Français encouragés peut-être par l’attitude de certains leaders d’opinion, de devenir la norme : ils comprennent la violence (en temps de crise) et approuvent la séquestration de patrons et de dirigeants nous dit un récent sondage.
Au Rwanda, lundi, on “commémore”, avec les radios françaises en première ligne, (avant la grève d’aujourd’hui pour nos antennes nationales) le sinistre génocide causé voici 15 ans dans ce pays par un groupe humain sur un autre, diaboliquement exterminé. Les plaies de tels massacres ne sont, ne seront jamais refermées. La liste en est aussi longue que l’histoire de l’humanité.
Le même jour, 6 avril, la Terre se met à trembler si près de chez nous, en Italie, ce qu’elle fait couramment partout, mais qui devient une véritable tragédie humaine quand les fractures se produisent dans les lieux habités. Ce ne sont pas les hommes qui créent ce genre de malheurs qui les dépassent. Les Anciens vouaient aux Dieux ce dont la Nature seule est la cause. Aujourd’hui encore certains se demandent pourtant si….le Diable s’en est réjoui.
Triste semaine pour ceux qui croient en Dieu et attendent ce troisième jour ou Christ est ressuscité, après être descendu aux Enfers pour nous livrer la Bonne Nouvelle de l’Espérance.
Ne pas se lasser d’espérer qu’enfin, un jour, règne Sa Paix.
Généalogies : l’histoire de nos identités ne fait pas notre nationalité

Saint Martin de Tours
La profusion apparente de recherches patronymiques sur les sites généalogiques ne manque pas de m’intriguer. Chacun sans doute espère savoir au moins d’où il vient, et de qui, ce qui n’est pour certains pas facile, qui ne sont pas nés ou sont issus de voies trop naturelles ou pire encore non recensées. Dans la plupart des familles ordinaires, non patriciennes, on connaît souvent l’origine de ses parents, de ses grands-parents même, parfois un peu plus haut encore.
Remonter le temps devient pour certains une véritable obsession. Il passent des jours, des années, à reconstituer le fil d’une histoire passée, de destins accomplis qui ne changeront plus rien, espérant découvrir peut-être qu’un de leurs lointains ancêtres fut plus connu ou plus glorieux… qu’ils le seront jamais eux-mêmes. En vérité, je n’en sais rien.
Avoir un nom, un lieu d’origine c’est, déjà, être identifiable, sinon être identifié. Mais l’Administration de ce beau pays n’a, en vérité, que faire de nos origines : elles ne suffisent pas à nous conférer ce qui fait de nous des Français, notre nationalité, et moins encore ce qui en témoigne : notre carte d’identité.
J’ai par naissance un patronyme porté depuis quatre siècles et demi dans la ville où sont nés mon père et cinq générations au moins de ceux qui l’on précédé. J’ai eu le malheur, un jour, de perdre ma carte d’identité et d’en demander le renouvellement, dans le département de cette même ville. J’avais un passeport, un permis de conduire, un livret de famille, une carte d’assuré social, d’électeur même, autant de pièces pouvant à elles seules justifier d’une identité. Las, cela n’était pas suffisant. Au bout d’un invraisemblable, ubuesque mais véritable parcours du combattant, je finis, au Tribunal, par obtenir un “certificat de nationalité” que je reçus comme une insulte à la mémoire de mes ancêtres qui n’avaient jamais quitté ce pays, ce certificat m’étant délivré au vu de cinq ans de déclarations fiscales attestant que je ne l’avais jamais quitté moi-même.
Depuis lors, je dois le dire, je me sens quelque peu étrangère en ce pays qui est le mien.
Nos patronymes ne sont signifiants qu’au regard d’une histoire passée dont le présent efface peu à peu les traces. On en recense aujourd’hui en France moins d’un million et demi. C’est beaucoup, par rapport à la Chine qui n’en compte que quelques milliers et n’en utilise moins de vingt.
A défaut de statistiques plus concrètes, notre INSEE dispose au moins de ces noms que nous portons encore, ceux qui ont disparu de nos villes et de nos campagnes, de ceux qui y sont apparu et y apparaissent encore depuis plus d’un demi-siècle d’exils, d’errances et de migrations. Dans le seul département de Seine-Saint-Denis, devenu pour certains le neuf trois, plus d’un millier de noms se sont éteints entre 1891 et 1915, sans doute pour fait de guerre. Mais entre 1966 et 91, plus de 20.000 y sont apparus, venus de nos restes d’empire et de tant de contrées en guerre.
Tous ces hommes et ces femmes dont le nom s’impriment aujourd’hui sur les registres de notre nation sont devenus, s’ils ne l’étaient pas, simplement Français. Ni plus ni moins que tous les Martin, qui couvrent de leur patronyme l’ensemble de notre territoire, évoquant ainsi immanquablement ce Romain de Tours , ce bon Saint-Martin dont la bienveillance devrait, chaque jour au moins, nous éclairer.
Ce n’est pas la vidéo-surveillance, qui est liberticide, mais la conduite des hommes eux-mêmes

No comment
Si l’on doit en arriver là, ce qui peut sembler dommage, ce ne sera qu’une des conséquences logiques et raisonnables d’un triste constat : dans notre monde sans limite, tout peut arriver, même le pire (qui pourtant n’est jamais certain).
Le vieux poncife, redoutable, suivant lequel “la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres” n’ayant plus cours et depuis fort longtemps, on ne peut s’étonner qu’une telle mesure, qui fait par ailleurs ses preuves, soit à l’ordre du jour. A défaut de de cette autorité qui l’aurait, peut-être, prévenu, voire empêché, aurons-nous du moins de ce délit récurrent qui empoisonne la vie de tant de citadins : l’insulte, la bousculade, voire l’agression, la preuve qui permettra de le sanctionner, de le décourager peut-être et in fine de l’éviter.
Je m’étonne que, dans ce monde orwelien qui est peu ou prou devenu le nôtre, l’on puisse encore s’indigner devant un procédé qui n’est qu’un parmi tous ceux qui depuis longtemps nous tracent : téléphones portables, distributeurs automatiques, caisses enregistreuses, ordinateurs, réseaux sociaux, décodeurs TV même, sans compter les nombreux fichiers dans lesquels nous nous sommes inscrits nous-mêmes et où tout de nous, déjà, est connu. C’est encore un combat d’arrière garde, une salve de désespoir tirée par des vaincus.
Le vrai combat serait ailleurs, dans une limitation de l’égo qui laisse rappeler à chacun que : non, il n’est pas seul. Il y a aussi les autres. Il faut veiller au moins à en tenir compte. Mais face à l’ampleur du désastre, il faudra veiller longtemps.
Le catholicisme n’a pas à satisfaire à l’hédonisme, et il n’est pas obligatoire !

Crucifixion de Saint-Pierre, F. Lippi, Florence, 1482
Je serais tentée, comme ce cher Bruno Frappat, de laisser “glisser”, devant la chute de tant d’outrance. Passe encore des medias qui ont pour seul penchant la sensation, le saignant, le conforme. C’est toujours par le bas qu’ils trouvent leur audience. Quant aux laïcs, qu’ils fassent après tout ce qu’ils veulent.
Mais quand des catholiques, tels M. Juppé, qui n’a pourtant pas été, dans sa ville, exempt de soucis ecclésiaux, s’indigne à l’instar de tant d’autres cibles médiatiques de la prétendue position du Pape, je m’insurge.
Benoît XVI est villipendé comme l’est aujourd’hui toute forme de transcendance. Sa hauteur de vue, sa connaissance et son humanité avaient, semblait-il pourtant, fait l’unanimité lors de son dernier passage chez nous. Il est vrai que la ferveur impressionne ceux qu’elle n’atteint pas, qui la méprisent, par manque, sans doute. Ils n’ont de cesse d’en infirmer le sens, pour employer cet euphémisme.
C’est oublier que rien n’oblige. Rien n’est plus difficile que d’être catholique, de vivre au quotidien l’amour de l’autre, la tolérance et le pardon. Et la liberté qui va avec. Car le Chrétien, le catholique EST LIBRE, on ne le répètera jamais assez.
Le Pape est dans son rôle en rappelant sur quoi se fonde notre Eglise, sachant à qui, d’abord, il s’adresse. Ceux-là comprendront et sauront faire la part des choses. La part qu’ils font toujours.
L’hédonisme qui ravage nos sociétés se situe le plus souvent de chaque côté de la ceinture. Bien loin en tous les cas du siège de la Foi, de l’Espérance et de l’Amour qui nous transcendent le coeur l’esprit et le corps, qui les accueille.
Il est heureux encore, qu’on nous rappelle à ces hauteurs dont tout le matérialisme ambiant nous invite sans cesse à descendre. De ce point de vue, Benoît XVI nous y invite. Libre à chacun d’y penser et de lui rendre grâce, ou pas. Mais alors, que cesse ce vacarme !
Grande rétrospective et fin d’illusion : Chirico à Paris, Palais de Tokyo
Je ne me souvenais que de quelques oeuvres de Chirico, les plus caractéristiques sans doute de son époque surréaliste qu’il avait pourtant précédée, mais ignorais au fond à peu près tout de son oeuvre ou l’avais du moins oublié, depuis mes vingt ans à la chute de ce même Mouvement.

Palais de Tokyo (MAM de la ville de Paris)
Un quart de siècle que l’on avait pas réuni autant d’oeuvres si dispersées et de ce point de vue, l’exposition “La fabrique des rêves” du Palais de Tokyo est prodigieuse.
Ce qui l’est moins, en tous cas pour moi, est le sentiment de frustration que j’ai éprouvé devant le spectacle de l’ oeuvre, toute une vie en somme, et celui de son auteur, largement mis en scène ici par les muséographes autant que par lui-même déjà, de son vivant.
Quand l’inspiration se tarit, ou pour quelque autre raison d’ailleurs, (le plus souvent matérielle), certains auteurs de livres, de musiques ou de peintures recommencent le schéma de leur succès passé.
Chirico poussa à l’extrême ce procédé en se copiant lui-même, après avoir copié les autres comme pour démontrer toutes ses capacités, reproduisant à l’envi et quasiment en série les toiles qui l’avaient fait connaître cinquante ans plus tôt.
Je trouve pour ma part assez affligeant de voir ainsi livrés en pâture la vie d’une oeuvre mais surtout l’intimité de son auteur, car il ne s’agit plus aujourd’hui de présenter des oeuvres qui peuvent ou non nous plaire ou nous séduire, nous questionner et parfois même nous transcender, mais bien de nous imposer l’interprétation qu’en font tous leurs “experts” et autres exégètes, si rarement créateurs eux-mêmes, qui condescendent en quelque sorte à nous éclairer.
Heureuse d’avoir enfin pu contempler ces arcades récurrentes et leurs ombres hallucinantes qui m’avaient jadis fait rêver, je suis sortie déçue et quelque peu amère d’un rêve éteint par leur confrontation. C’est cela aussi, le risque de l’exposition.
Réforme territoriale 2014 : pourquoi pas une nouvelle Province ?
J’ai toujours (ou presque) vécu en province et n’ai jamais aimé le terme de “région”. Le découpage de nos Régions correspondait déjà assez peu à la culture de leurs territoires (le Bourbonnais est sans doute plus proche du Bourguignon que de l’ Auvergnat et l’Ardéchois probablement assez éloigné du Savoyard auquel il est rattaché. Question d’histoire, mais surtout de géographie.

Le Massif Central
Ce qu’on nous propose aujourd’hui représente pour certaines d’entre elles un quasi déni. Rattacher l’Auvergne à la déjà immense et puissante Rhône-Alpes, par exemple ; ou même encore, la rattacher au Limousin, car on est encore sûr de rien. Peut-être dépecer le Poitou pour repeupler le Limousin et agrandir encore l’Aquitaine ? On n’en sait rien.
Il semble que M. Balladur (ou son comité) n’ait pas pensé un seul instant qu’il y avait, dans son projet, une opportunité, peut-être, de redistribuer des cartes jusque là assez mal données. Pourquoi pas, en rognant sur leurs alentours, créer enfin, comme une nouvelle province, un large Massif Central qui est après tout le coeur de ce pays ?
Par les temps qui courent (et sont encore à venir), qui sait s’il ne sera pas plus agréable de vivre dans tous ces lieux aujourd’hui tranquilles et vastes où bien des gens pourraient trouver une douceur de vivre qu’ils ne trouveront jamais au sein des métropoles surpeuplées qu’on nous annonce de toute part comme l’avenir de nos sociétés ? Que savons-nous de cet avenir, d’ailleurs ?
Quoi qu’il en soit, il faudra “faire avec”.
Quant à la France, elle est le plus souvent coupée en deux. Quel que soit le gouvernement en place, le projet, les résolutions, les dispositions qu’on leur propose, il y a toujours ches les Français, à parts quasiment égales, ceux qui sont pour, et ceux qui sont contre. Sauf si demain, et pour de vrai, on rasait gratis. Là, tous les Français, enfin, seraient d’accord.
Patrimoine d’usine et triste fin de partie : pneus Englebert, Uniroyal, Continental
Ce n’est pas sans émotion que j’ai appris, comme tout le monde, la fin programmée de l’usine Continental de Clairoix . Car sans elle, je n’aurais probablement jamais vu le jour.
Il a fallu que Georges Englebert, le fils d’Oscar , fasse l’acquisition, en 1936, d’une usine de soieries près de Compiègne, qu’il confie l’installation d’une nouvelle usine de pneus à celui qui avait déjà implanté celle d’Aix-la-Chapelle, que ce dernier ait deux filles et que l’une d’elles rencontre, parmi les nombreux ingénieurs que son père devait recruter, celui qui allait devenir le mien.
On ne trouve aujourd’hui plus aucune trace de Walthère Demarche, qui dirigea vingt deux ans encore cette usine Englebert qu’il avait montée, qui employait alors 1700 salariés et donnait à la ville une nouvelle prospérité. Seuls les Compiègnois très âgés s’en souviennent peut-être, tout comme certains de mes amis, plus jeunes, qu’il fascinait par sa sagesse, son savoir et sa gentillesse.
J’appris beaucoup plus tard qu’il devait une grande partie de son élégance, car mon grand père était élégant, à la gratitude d’un tailleur juif qu’il avait caché et sauvé et qui lui offrit, après guerre, la totalité de ses beaux costumes.
Après lui les pneus ont changé, comme le reste ; l’usine est devenue Uniroyal puis Continental. J’ignore ce qu’a été la vie de cette usine et de ses employés pendant toutes ces années, mais j’imagine le désarroi de la ville où je suis née face à la perte de ce qui la faisait vivre depuis soixante dix ans.
J’éprouve une grande compassion pour tous ceux dont l’avenir est aujourd’hui si fortement assombri par la suppression annoncée . Savoir que cette usine figure déjà au patrimoine culturel me semble presque aussi infâmant que le mépris affiché par notre époque pour le fruit de l’effort, de la patience et du labeur des hommes qui décidément ne valent plus grand chose face à la quête d’autres de profits.
On a beau dire que la roue tourne, j’ai du mal à imaginer que ce soit sans pneu.
Vatican II : l’impossible unanimité des Catholiques
Après tout le tapage dont nous ont gratifié les medias sur cette main tendue par Benoît XVI aux évêques intégristes (et son choix malheureux pour l’un d’eux), le verdict tombe enfin de l’alternative proposée : ils confirment leur rejet de Vatican II.
Rien n’est pour autant réglé dans ces dissensions déjà installées ou en voie de l’être, car on met toujours en lumière la Fraternité Saint-Pie X, qui ne représente qu’une partie des courants anti-conciliaires fûssent-ils seulement traditionnalistes et non intégristes.
Il est vrai que la plupart des autres “contestataires” du Concile, essentiellement traditionnalistes, ressortissent du droit pontifical. Parmi eux, l’Institut du Christ Roi qui a étendu, depuis 40 ans, son influence (son rejet de toute modernité ecclésiale) dans une grande partie du monde occidental, tout en s’implantant assez généreusement dans l’Hexagone et particulièrement en Aquitaine et en Limousin.
Accroché depuis 2007 aux libéralités que lui a conféré le Motu Proprio, cet Institut est soumis, depuis le 7 octobre 2008, au droit pontifical, ce qui risque de troubler bien davantage encore un bon nombre de paroissiens coutumiers des messes ordinaires et fidèles à leur modernité mais bien souvent privés, dans leurs paroisses, des célébrations qu’un manque crucial de prêtres de permet plus d’y proposer.
On peut donc supposer que les vocations qui paraît-il affluent en nombre dans les séminaires bien nantis de ces fondations essaimeront un jour dans nos régions. Quel choix restera-t-il alors aux fidèles ?
Familles décomposées, recomposées: familles quand même
A l’aube d’une nouvelle loi sur le “statut” des beaux-parents et autres responsables d’enfants non biologiques, les opinions s’agitent et s’opposent, ce qui est naturel et sain. Mais il me paraît tout aussi naturel et sain de considérer que ce sont d’abord les enfants, qui font les familles, elles-mêmes en charge de les élever. Encore faut-il qu’on les considère comme telles, et qu’elles le puissent. Ce n’est pas encore vraiment le cas.
Constater ou savoir qu’un enfant souffre, qu’il doit être soigné et n’avoir aucun droit de le faire, parce qu’il n’est pas le sien ou que son parent (et la Loi) s’y opposent est une situation juridiquement très ambigüe pour un beau-parent. Quid de la non-assistance, si le mal évolue très ou trop gravement ? Cela n’est qu’un exemple, il y en a tant.
Les parents adoptifs sont le plus souvent pétris d’amour pour des enfants qu’ils n’ont pas engendrés. De nombreux beaux-parents aussi, qui reccueillent, avec un nouveau conjoint, les fruits de son ancienne union dissolue par veuvage, par divorce voire par transsexualisation.
Quant à l’homoparentalité, qui fait question à plus d’un titre, elle n’exclut évidemment pas l’amour et l’attention portés par l’un à l’enfant de l’autre ou même à un enfant tiers qu’il contribue à épanouir et éduquer. On voit encore trop d’enfants placés en familles d’accueil au décès de leurs parents qui auraient été sans doute plus heureux chez des oncles et tantes, qui n’ont aucun droit.
Il est réjouissant, dans le monde sens dessus-dessous qui est le nôtre, de voir que sans cesse des familles se composent, même autrement. Au milieu d’elles sont les enfants, plus épanouis et ouverts sans doute qu’avec un parent temporairement isolé, car tout vient, va et bouge.
Le législateur devrait considérer les rôles de ceux qui entourent les enfants, beaux-parents de fait ou d’usage et leur allouer au moins un droit de regard sur leur éducation et surtout, avec les parents, celui d’une concertation.



