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Certains Matins sur France-Culture … on part écouter RTL
On l’aura compris, il y a longtemps que j’écoute France-Culture. Pour une bonne et simple raison : pas de publicité commerciale et nombreux centres d’intérêt.
L’éloge du savoir, par exemple, qui permet aux plus isolés de suivre, comme s’ils y étaient, des cours du Collège de France ou de telle Université où un Maître de son domaine aura professé.
Les enjeux internationaux, dont Thierry Garcin, autre maître du genre, rend pour nous presque lumineux les méandres obscurs.
Et toujours, ces Matins, autrefois animés par Jean Lebrun qui avait tant d’égards pour nos campagnes et ceux qui vivent bien loin de tous ces petits feux parisiens.
Las, que ces Matins m’agacent, qui ont pris avec ses successeurs d’autres couleurs, trop vives et parfois si acides.
Ces chroniqueurs, dont on se demande parfois s’ils sont là par pure estime (les petits copains) ou parce qu’ils ont vraiment quelque chose à dire qui ne concerne pas qu’eux-mêmes. Du fiel, le plus souvent répandu sur d’autres. Certains, la plupart même, rêvent encore au “Grand Soir”, comme cette Clémentine Autain qui vient tous les jeudis déverser sa bile amère sur ce qu’ont pu faire, pendant la semaine, les gouvernants. Quoi qu’ils aient pu faire d’ailleurs, qui ne soit pas conforme au rêve stalinien.
Ce qu’il y a de bien, dans ces Matins, c’est la tranche d’âge : aucune n’est laissée en chemin. Il y a les vieux camarades comme Catherine Clément, les libres-penseurs très matures, tel A-G. Slama qui est décidément partout, ou Marc Kravetz, ce fin portraitiste dont la diction, un comble pour la radio, devient chaque jour plus inaudible. J’allais oublier la jeunesse de Mademoiselle de Kervasdoué qui fait rarement dans la dentelle dans sa revue de presse internationale.
Ces Matins donc, autour de notre beau Normalien, allez, vous savez bien, cet Ali Badou si prisé, ces matins, donc, ressemblent de plus en plus au premier salon où l’on cause, et où l’auditeur que je suis se demande ce qu’il est venu faire ici où rien ne réjouit vraiment que la critique et la révolte mais où manque cependant l’ingrédient suprême à qui tient salon : le sens du Ridicule qu’il faut conserver pour soi-même.
Ali Badou recevait ce matin l’auteur d’un livre que Nancy Huston elle-même porte semble-t-il aux nues : il relate ses années de prison après un casse manqué. Voilà donc comment aujourd’hui remporter un succès, une présence sur les plateaux et sur les ondes, à commencer (peut-être) par celles de France Culture, et ses salons très parisiens où l’on s’émeut de tant d’innocence : vols, exactions meurtres qu’importe, s’il font au moins un bon livre. Affligeant.
J’ai fini par tourner le bouton pour retrouver, sur RTL, un Jean-Michel Apathie toujours incisif mais surtout moins enclin à s’esbaudir devant les turpitudes et à passer, comme tant d’autres, de la rhubarbe au séné.
La fin rêvée du cauchemar publicitaire ?
J’avais signé il y a quelques mois une pétition contre la publicité à Radio-France. Il était je crois question d’insérer des “spots” sur France-Culture et, pour certains, dont je suis, de s’y opposer. Il semble que le débat se soit largement inversé, eu égard à l’enjeu financier, la rente, devrais-je dire, que la pub représente, tant pour ceux qui la vendent que pour ceux qui la font.
La publicité a pour premier rôle (par définition), celui de : rendre public, c’est-à-dire faire connaître à tout un chacun ce qu’il devrait savoir. C’est dire combien elle est utile. Et combien nécessaire. Pour autant….
Ceux qui ont adoré comme moi le film de Joseph Mankiewicz A letter to three Wives (Chaînes conjugales), auront présent à l’esprit cette scène remarquable où Kirk Douglas, dans l’impressionnante tirade du professeur de lettres qu’il incarne, traduit avec une conviction sans faille la pensée de l’auteur et sa vision, si pertinente, du rôle à venir de la publicité, alors naissante sur les ondes, de sa dérive probable et de ses conséquences. Il ne s’agissait pourtant alors que d’une dérisoire débilité, une imagerie (radiophonique) du Rêve américain fondé en premier lieu sur l’accessible jouissance d’une généreuse prospérité.
Las, les années cinquante sont désormais bien loin, et la publicité d’alors n’a depuis longtemps plus grand chose à voir avec ce qu’elle fut. Otage d’un marketing aussi agressif que notre société elle-même (on peut d’ailleurs se demander, à l’instar de Christophe Colomb, qui, de l’oeuf ou de la poule, a commencé en ce domaine) elle en a envahi toutes les sphères et tous les horizons. Jusqu’à l’insupportable.
Passe encore pour les quelques (rares) spots parfois cocasses à première vue, lassants dès la seconde puis définitivement odieux à la troisième. Passe encore pour les quelques images parfois acceptables, quand elles sont encore réelles. Passe encore pour les minutes, puis quarts d’heure d’attente que les écrans publicitaires rognent sur un horaire rarement respecté.
Mais non, et définitivement non à la hideur de toutes ces images de synthèses, économiquement très rentables pour les concepteurs, où l’horreur le dispute à la vulgarité, à l’ignorance et à la violence. Non au gavage des pauvres et des enfants, tous clients du pire, par défaut.
Allons, Messieurs les parlementaires, encore un effort. Libérez-nous de ce mal inutile qui ronge les plus démunis d’entre nous, ceux qui n’ont pas, pas encore, définitivement TOURNé LE BOUTON.
Les curées matinales de Radio-France
On peut citer, en vrac, Hélène Jouan, , sans oublier ces fous du roi qui viennent avant Patrice Drouelle, (monsieur je-sais-tout) délivrer leur petit pamphlet. Mais cet excès d’ironie putride confine à présent à l’absurde. Pire, au ridicule.
On chantait sous l’Occupation “Radio Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand“que dire aujourd’hui d’une radio nationale dont la plupart des animateurs (souvent bien payés par l’Etat lui-même) ne traduisent que l’opposition, le refus, la dénégation ? Qui se sentent investis d’une mission en assénant à longueur de temps conseils de prudence et de bien-pensance ? Qui s’arrogent encore le titre, pour certains, de journalistes quand il ne pratiquent, du reportage, que celui des salons !
C’est quoi, ce journalisme-là ? Ces invités que l’on charcute en pratiquant l’obstruction pour les empêcher, avec véhémence parfois, de s’exprimer au profit, toujours, du discours adverse ? Sauf s’ils sont bien évidemment de la même mouvance, auquel cas les arguments sont largement développés, affirmés, confirmés par toutes les parties. Puisque nous sommes entre nous.
A l’instar d’un Pierre Dac qui du moins avait de l’esprit, notre Radio nationale s’affiche chaque matin contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre M. Nicolas Sarkozy, Président de tous les Français, qui l’ont dûment mandaté, lui, pour mener à bien les destinées de leur pays.
L’esprit de la Fronde règne encore, comme il n’a jamais cessé de règner sur notre beau pays de contestation permanente, de refus et d’obstruction quasi stalinienne.
Ah, cette Liberté de blâmer….sans éloge !




